IV. 12 – La CNFORS (Coalition nationale des forces de l’opposition et de la révolution syrienne)…

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Le peuple syrien libre

 

IV. 12 – La CNFORS
(Coalition nationale
d
es forces de l’opposition et de la révolution syrienne)…

La Turquie, la France, le Qatar, les ÉAU (Émirats Arabes Unis)… Et maintenant, l’Égypte.

Le 11 novembre 2012, toujours à Doha, est créée la CNFORS (Coalition nationale des forces de l’opposition et de la révolution syrienne) dont le siège sera au Caire (Égypte) : Coalition… nationale ? Faite… d’exilé(e)s ! Pour quelle opposition et quelle révolution syrienne ?

ll s’agissait alors de coordonner, en pleine guerre civile, les différents groupuscules d’opposition au président Bachar El Assad, dont le CNS (Conseil national syrien), dans le but de mener des opérations sur le sol syrien et ailleurs contre le président élu et le gouvernement légal. La prise de pouvoir, dans un État, par une minorité nécessairement armée – un commando militaire – contre la majorité de la population et qui, donc, utilise des moyens non constitutionnels, cela s’appelle « un coup d’État ». Autrement dit, la CNFORS (constituée d’un bon nombre d’exilé(e)s) s’apprêtait, avec l’aide d’États étrangers dont les anciens États colonisateurs, à renouer avec la politique des coups d’État d’avant la présidence d’Hafez El Assad, en Syrie : coups d’État qui, faut-il le rappeler, déstabilisaient constamment le pays sur le plan institutionnel, organisationnel mais qui l’empêchaient aussi, bien évidemment, de se développer sur le plan économique.

En janvier 2013, cette Coalition constituait un comité limité à 6 membres : il s’agissait de se concerter, avec toutes les forces d’opposition au régime syrien, à la fois sur la constitution et la composition d’un gouvernement provisoire… parallèle donc à celui existant en toute légalité. Depuis la date de sa création (11 novembre 2012), la CNFORS avait désigné son premier président, Ahmed Moaz al-Khatib, pour un mandat de six mois. Pour apaiser les oppositions violentes entre l’extérieur et l’intérieur de la Syrie, il avait proposé l’ouverture de discussions avec le pouvoir en place mais le noyau dur de l’opposition, au sein du CNS (Conseil national syrien), incarné par Georges Sabra, avait rejeté catégoriquement cette idée.

Le 1er mars 2013, la CNFORS devait se doter d’un… Premier ministre… à Istanbul (Turquie). Mais ce ne fut que quelques jours plus tard, le 18 mars, qu’eut lieu l’élection – sujette à caution puisque le nombre de voix différait d’une source d’information à une autre – d’un… Premier ministre par intérim : il s’agissait de Ghassan Hitto. Ce dernier, d’origine kurde, né en Syrie, est un opposant de longue date aux Assad puisqu’il était un opposant au parti Baas et à la présidence de Hafez El Assad (1971-2000). Après avoir effectué des études aux États-Unis où il s’était expatrié dès le début des années 1980, il est devenu un homme d’affaires accompli doté de la double nationalité étatsunio-syrienne et se trouve proche des Frères musulmans. Il fait, lui aussi, dans… l’humanitaire.

Dans son espace Facebook, il avait écrit, le 30 septembre 2012… « Dédicace aux Alaouites [Les Assad sont des Alaouites] et à tous ceux qui manquent d’honneur et de conscience, qu’ils s’essuient le front avec le soulier d’un soldat de l’Armée libre. » [Cité dans “La Voix de la Syrie”, article Hitto, le candidat de la CIA, et sa dédicace aux Alaouites, 29 mars 2013. NdA : La précision entre crochets est de moi.] Il s’était, par cet avis, attiré les foudres de la poétesse syrienne Leila Kam-Almaze qui avait répliqué sur sa page Facebook : « M. Ghassan, c’est honteux d’identifier les gens d’après leur origine ou leur religion, vous êtes Kurde et devez avoir expérimenté ce sentiment. » [Idem.]

Très rapidement donc, Ghassan Hitto était contesté, y compris au sein même des opposant(e)s qui voulaient un candidat vivant en Syrie et non un candidat de l’étranger. Le CNCD (Comité national de coordination pour le changement démocratique), créé en juin 2011 à Damas, dirigé par Hassan Abdel Azim et Haytham al-Mannaa, s’insurgeait, par la voix de son secrétaire Raja Nasser, contre cette élection. Selon lui, il s’agissait d’« une ingérence flagrante dans les affaires de l’opposition » et, même, d’ « une reproduction d’un régime dictatorial répressif soutenu par l’étranger et non émanant de la volonté du peuple. » [Idem.] Est-il possible d’être naïf(s) à ce point dans un monde où les politiques nationales sont court-circuitées par la politique occidentale ? À propos de Ghassan Hitto, le chroniqueur états-unien du site de la chaîne de télévision AlManar (Le Phare) dont le siège est au Liban et dont l’actionnaire majoritaire n’est autre que le Hezbollah (considéré comme une organisation terroriste par les États-Unis qui, eux, n’ont aucune organisation terroriste (CIA, OTAN, etc.), Franklin Lamb, devait constater : « Washington, Doha et Tel Aviv ont mis en place leur homme. » [Idem.]

À partir de ce moment, tout devait aller très vite : la CNFORS aurait un siège “syrien” à la LA (Ligue Arabe), au grand dam du CNCD (Comité national de coordination) qui devait qualifier cette attribution d’acte de « piraterie » et déplorer la confiscation de la volonté du peuple syrien par les États arabes (c’est-à-dire par les monarchies du Golfe qui s’entendent comme larrons en foire avec les États-Unis et l’État sioniste… par crainte de finir dans la gueule de ces loups ?). Aussitôt, Ghassan Hitto, l’homme de la CIA (Central Intelligence Agency), aurait pour tâche d’administrer les territoires qui seraient arrachés à l’armée syrienne régulière par l’armée syrienne dite libre… Or, celle-ci n’en était qu’à déstabiliser la Syrie mais ne l’avait pas vaincue…

Six jours après son élection très contestée, Ghassan Hitto avait voulu démissionner, le 24 mars 2013, mais les autorités du Qatar, qui avaient engagées leur crédibilité en apportant leur soutien à cette Coalition, avaient refusé. Cependant, suite à la démission, effective celle-ci, de la présidence de la CNFORS, d’Ahmed Moaz al-Khatib pour manque de soutien de la communauté internationale (occidentale), Georges Sabra devenait, le 22 avril 2013, président par intérim de la Coalition. Deux mois et demi plus tard, le 6 juillet, Ahmad Assi Al Jarba était élu président ; il sera réélu à cette fonction, le 5 janvier 2014, fonction qu’il assurera jusqu’au 9 juillet. Chef bédouin, il appartient à la confédération tribale des Chammar, implantée dans plusieurs pays : à l’est de la Syrie, en Irak, en Jordanie et… en Arabie saoudite. Opposé à Hafez El Assad avant de s’opposer au fils, il est l’homme de l’Arabie saoudite où il vit, depuis 2012, en très bons termes avec la famille royale et ses services secrets avec lesquels il peut négocier des achats d’armes. La Turquie, la France, le Qatar, les ÉAU (Émirats Arabes Unis), l’Égypte, l’Arabie saoudite… Deux jours après l’élection d’Ahmad Assi Al Jarba à la présidence, Ghassan Hitto finissait par démissionner, le 8 juillet 2013, de son poste. L’Arabie saoudite, qui ne l’appréciait guère, apportait des fonds et des armes à l’ASL (Armée syrienne libre)… dont le chef d’état-major était Selim Idriss. Tous deux, Hitto et Idriss, avaient des relations de plus en plus difficiles.

Il n’est pas exagéré de dire que quasiment tous ces gens du CNS et de la CNFORS – non pas d’un CNS et d’une CNFORS libre et indépendant(e) mais d’un CNS et d’une CNFORS dépendant(e) de la France, des États-Unis et des monarchies du Golfe (Qatar et Arabie saoudite), pays derrière lesquels se dissimule l’État sioniste  – ont leur idée sur le successeur de Bachar El Assad, une fois celui-ci renversé de la présidence : ils se disent favorables à un procès pour juger Bachar El Assad… pour quel crime ? Pour avoir défendu son pays contre une armée irrégulière qui se fait tuer pour des exilé(e)s ex-syriens – universitaires, fils-filles de diplomates, médecins, avocats, etc. – planqué(e)s, qui, comme les exilés libyens, ne sont pas dans la réalité mais dans l’imaginaire du pouvoir ?

Suite : IV. 13 – Une frontière turco-syrienne sous contrôle… de l’OTAN

Françoise Petitdemange
17 janvier 2017

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