Errare humanum est, perseverare diabolicum…

En présence d’une petite fille de 6 ou 7 ans qui persisterait dans le mensonge ou dans les contre-vérités ainsi que le fait Hannah Arendt à plus de soixante ans – et de façon tout à fait consciente -, il y aurait tout de même de quoi nourrir une certaine inquiétude.

Qu’adulte ayant vécu la seconde guerre mondiale entre les âges de 33 et 39 ans, un être humain puisse chercher, pour les besoins d’une cause politique internationale dont nous allons découvrir peu à peu les enjeux réels, à masquer l’invraisemblable cruauté des puissances dites occidentales – dans leur ensemble – envers le peuple soviétique entre le milieu des années trente et la fin d’une guerre mondiale dans laquelle il est celui qui a payé le prix le plus fort en richesses humaines et matérielles, pour le transformer, sans aucune preuve tangible, en une meute dont le chef aurait présidé à quelques dizaines de millions de crimes sur ce qu’il a subsisté d’années de paix entre 1929 et 1953 (disons 24 – 6, donc 18), c’est ignoble.

Et pourtant, il n’y a plus aujourd’hui aucune illusion à nourrir sur ce sujet : selon l’idéologie dominante de l’actuelle Europe allemande, Staline et le peuple soviétique ne peuvent plus qu’avoir été envoyés aux Enfers. Ainsi, de façon très générale, nous n’en voulons plus rien savoir. Et de Marx, Engels, Lénine, idem.

Faudra-t-il que la guerre renaisse en plein coeur de cette même Europe pour que nous trouvions la force de recracher le poison dont nous avons été abreuvé(e)s depuis plusieurs décennies?

N’est-ce donc pas du poison, ce que Hannah Arendt nous dit et nous redit ici encore (page 203) ? :
« En ce qui concerne les preuves, la date précoce à laquelle ce livre a été conçu et écrit [entre 1945 et 1951, pour la première édition] n’a pas constitué un obstacle aussi grand qu’on aurait pu raisonnablement le penser, et la chose est vraie du matériel concernant les deux variétés de totalitarisme, nazie et bolchevique. »

Voilà, c’est fait. Nous n’avons effectivement plus que deux variétés : Hitler et Staline, même combat. En face, un concept « totalitaire » qui les englobe sans dire de quoi lui-même est fait, et pour quelle raison il peut se permettre de les amalgamer. Les preuves (leur absence), on nous le redit – à croire qu’on nous prend décidément pour des abruti(e)s – ne représentent pas en elles-mêmes (comme on pourrait « raisonnablement le penser ») plus de difficulté en 1945-1951 qu’en 1966-1971… Et ce n’est évidemment pas très inquiétant, puisque nous savons qu’il n’y en a pas… d’autres que celles qui frappent en plein coeur la « variété nazie » à laquelle, comme nous commençons maintenant à le comprendre, Hannah Arendt ne veut absolument aucun mal.

L’un des plus beaux numéros des Guignols du totalitarisme vient d’être présenté devant nous : par induction, les crimes du totalitarisme nazi sont passés tout doucement sous la responsabilité du totalitarisme soviétique qui, selon un manque têtu de documents, n’en avait pas lui-même à son actif. Ce qui est la preuve définitive qui permettra bientôt aux élèves d’Hannah Arendt de lui en attribuer bien plus que l’autre n’avait jamais prétendu en perpétrer : une centaine de millions, dernier poids!…

Michel J. Cuny

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