Que masque donc cette formule de « l’État de droit » utilisée par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen ?…

Porté par une activité syndicale dont l’exemple pris chez Volkswagen – partenaire majeur de la Fédération Française de Football depuis 2014 !!! – nous a donné une illustration plutôt troublante, le système corporatif tel qu’il aura été initié par le fascisme italien de Benito Mussolini, devrait se traduire, selon le nazi Alfred Müller-Armack, par ceci que…
« les intérêts contradictoires des ouvriers et des entrepreneurs, qui existent toujours et qui sont également admis par le fascisme, doivent trouver leur équilibre dans le sens de l’unité nationale des statuts et des classes ». (Idem, page 50)

C’est bien la situation actuelle de la France… qui, à travers une Europe dotée, grâce à l’Allemagne, d’un large fond d’ « économie sociale de marché », est désormais partie prenante d’une structure corporative appuyée sur un critère proposé, dès 1933, par Alfred Müller-Armack :
« Son objectif ultime est la création d’une hiérarchie unifiée de l’ensemble du système économique des associations. » (Idem, page 50)

L’analogie paraît toutefois s’arrêter là. Et nous allons comprendre immédiatement pourquoi, en lisant la suite du propos de notre guide en matière de politique économique « fasciste »…
« Son but est d’unir l’économie à l’unité de volonté-modelage qui lui permettra de former l’unité de la nation avec l’organisation unifiée de l’appareil d’État et du parti. » (Idem, page 50)

C’est le dernier mot qui ne passe pas… pour cause de disparition très générale de la notion – et de la réalité dans l’univers européen d’aujourd’hui – du parti… unique…

Même les distinctions nationales paraissent avoir perdu une réelle pertinence lorsque nous découvrons que la Fédération Française de Football joue pour le compte de Volkswagen, tandis que l’équipe de France de rugby des moins de 20 ans joue pour celui de BMW… Sur ce point, on pourra consulter ceci.

Y aurait-il là l’expression d’un mystère qu’Alfred Müller-Armack aurait pu nous expliquer dès 1933 ?… N’y aurait-il pas une piste dans ce qu’il nous dit ici ?…
« Le système corporatif ne s’appuie pas sur l’ancien principe de regroupement des métiers, mais regroupe les personnes travaillant dans les différentes branches de l’industrie, non pas en fonction de leurs métiers, mais en fonction des groupes industriels. » (Idem, page 51) 

Les spécialistes du ballon rond de la F.F.F. ne représentent-ils pas autant le PDG de Volkswagen que le dernier des techniciens de surface de son unité la plus dégradée au Brésil ou ailleurs ?… De même, à sa façon, pour ce ballon ovale français qui court de part en part sous l’étiquette BMW ?…

L’État fasciste aurait-il si bien réussi qu’il serait désormais tout particulièrement intégré dans les sociétés multinationales elles-mêmes qui auraient pris en main à peu près tous les aspects de nos vies, et notamment en ce qui concerne nos loisirs, nos goûts et nos données personnelles… à quoi il leur serait possible de répondre en toute… démagogie… à travers un corps politique dévoué à leur cause plus qu’à quoi que ce soit d’autre, compte tenu du risque de non-réélection pour qui glisserait en dehors du système ?

Non sans une certaine stupéfaction, nous constatons qu’à travers son évocation du fascisme, Alfred Müller-Armack a manifestement anticipé, dès 1933, sur ce qui est désormais réalisé, en Europe tout au moins…
« La structure corporative a une tâche politique. Cette tâche consiste, négativement, en premier lieu, à éliminer la multiplicité des associations économiques, des syndicats et des partis, dont la concurrence a été jusqu’à présent une source constante d’inquiétude pour l’État. Il s’agit d’éliminer la condition de l’État parlementaire dans laquelle des groupes d’intérêts économiques cherchent à exercer une influence sur le gouvernement ou le parlement et mettent ainsi en danger le libre pouvoir de décision de l’État. » (Idem, page 51) 

Triomphe d’un exécutif dont les commandements glissent directement vers la population travailleuse à travers les sociétés multinationales, tandis que le législatif a disparu de la circulation de la vie réelle pour n’être plus qu’une chambre d’enregistrement plus ou moins bruyante, mais certainement dénuée de tout pouvoir… C’est bien ce qu’Alfred Müller-Armack se promettait d’obtenir à travers la prise de pouvoir d’Adolf Hitler et du parti nazi…
« L’organisation corporative doit réaliser ce à quoi le parlementarisme, dans son sens originel, aspirait mais n’a jamais pu parvenir : la formation uniforme de la volonté et l’orientation de l’ensemble du peuple travailleur vers l’État. » (Idem, page 51) 

Mais puisqu’il est tellement prophète, laissons notre professeur d’économie nous en dire un peu plus encore du système dont il prônait la mise en place dans l’Allemagne de sa jeunesse :
« La valeur de l’initiative entrepreneuriale est clairement reconnue, mais tout aussi clairement, en cas d’échec, l’intervention de l’État pour stimuler, subventionner et, si nécessaire, réaliser la production de manière indépendante est envisagée. » (Idem, page 54)

Retournons-nous maintenant vers l’Europe d’aujourd’hui, et plus particulièrement vers le discours très officiel qu’elle aura tenu le 16 septembre 2020 par la bouche de la toute nouvelle présidente de la Commission de Bruxelles, Ursula von der Leyen… Texte remarquable qui permettrait à une chatte nazie de ne pas y retrouver ses petits… alors que pourtant c’est bien le même État qui est appelé à triompher. Ah, certes, il n’est ni l’État allemand, ni l’État français… Le voici devenu l’État de droit… et c’est bien lui qui va faire plier les classes travailleuses de l’Europe entière…
« L’État de droit contribue à protéger les citoyens du règne de la loi du plus fort. Il est le garant de nos droits et libertés les plus élémentaires, au jour le jour. Il nous permet d’exprimer nos opinions et d’être informés par une presse libre. » 

Gare au « nous » !… Et encore…
« La Commission attache la plus haute importance à l’État de droit. C’est pourquoi nous veillerons à protéger les fonds disponibles au titre de notre budget et de l’instrument NextGenerationEU contre toutes les formes de fraude, la corruption et les conflits d’intérêts. Il s’agit d’un point non négociable. Toutefois, les derniers mois nous ont également rappelé à quel point l’État de droit pouvait être fragile. Nous avons le devoir de faire preuve d’une vigilance permanente afin de protéger l’État de droit et de lui permettre de prospérer. »

Et enfin…
« Les atteintes à l’État de droit ne peuvent être tolérées. Nous continuerons à défendre l’État de droit et à défendre l’intégrité de nos institutions européennes, qu’il s’agisse de la primauté du droit européen, de la liberté de la presse, de l’indépendance du pouvoir judiciaire ou de la vente de «passeports dorés». Les valeurs européennes ne sont pas à vendre. »

Ce sera donc aux travailleuses et aux travailleurs européens d’aller en faire payer le prix au-delà des frontières de l’Europe… En utilisant quels moyens ?…

Michel J. Cuny

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