D’où vient qu’un Gorbatchev et son épouse aient pu atteindre les sommets de l’État soviétique ?

Pour maintenir, en présence du nazisme, cette structure très spécifique établie à partir de la Révolution d’Octobre 1917 par la dictature du prolétariat ouvrier et paysan, il avait fallu en passer par 27 millions de morts…, tandis que selon ce qu’en aura dit le ministre soviétique de la Défense, Dimitri Iazov, en novembre 1990, c’est-à-dire au moment de la signature, à Paris, du traité sur les forces conventionnelles en Europe (rappel) :
« Ce traité signifie que nous avons perdu la troisième guerre mondiale sans qu’un seul coup de feu ait été tiré. »

À ce moment-là, il y avait 37 ans et 8 mois que Joseph Staline avait disparu… et que le système soviétique avait commencé à vaciller sur ses bases : c’est toute l’époque de Nikita Khrouchtchev. Pour comprendre les spécificités de celle-ci par rapport aux décennies immédiatement précédentes, il faut, une nouvelle fois, revenir vers Lénine, et vers ce qu’il avait constaté assez rapidement après la prise de pouvoir de la Révolution bolchevique. En effet, dès le 28 juin 1919, sous le titre La grande initiative, il écrivait ceci :
« […] il était absolument inévitable que des aventuriers et d’autres éléments des plus nuisibles s’insinuent dans le parti dirigeant. Aucune révolution ne l’a évité et ne l’évitera. Le tout est que le parti dirigeant qui s’appuie sur une classe avancée, saine et vigoureuse, sache épurer ses rangs. » (Vladimir Ilitch Lénine, Œuvres, tome 29, Éditions Sociales 1962, page 436.)

Or, il s’agissait de placer tout ceci dans une dynamique ascendante :
« L’épuration du parti, jointe aux exigences toujours accrues d’un travail véritablement communiste, formulées par le parti, améliorera l’appareil du pouvoir d’État et hâtera considérablement le passage définitif des paysans aux côtés du prolétariat révolutionnaire. » (Idem, page 437. C’est Lénine qui souligne.)

Evidemment, par rapport à ce qui se passe dans les prétendues démocraties occidentales, c’est le monde à l’envers, et Lénine le sait parfaitement qui, dans l’article L’État ouvrier et la semaine du Parti qu’il publie dans la Pravda le 12 octobre 1919, affirme :
« Le seul parti gouvernemental au monde qui se préoccupe non pas d’augmenter le nombre de ses adhérents, mais d’élever leurs qualités, d’apurer le parti des « infiltrations », c’est notre parti, le parti de la classe ouvrière révolutionnaire. » (Vladimir Ilitch Lénine, Œuvres, tome 30, Éditions sociales 1964, page 58.)

Mais les « purgés », qu’en fait-on ?
Offrons-nous une bonne grosse tranche d’ironie…

En France, tout le monde sait que, depuis Staline, on les égorge… Ce n’est pas encore le langage de Lénine, mais on sent qu’il s’en approche dangereusement…
«  Nous avons procédé plus d’une fois à des enregistrements pour chasser du parti les « éléments frauduleusement accointés », pour ne laisser au parti que les gens conscients et sincèrement dévoués au communisme. » (Idem, page 58.)

En effet, il suffira au bon Joseph de remplacer « enregistrements » par « égorgements »…

Ceux-ci seront l’affaire de leurs remplaçants qu’on verra, le sang de leurs victimes encore sur les mains, rouler ensuite, toutes et tous, dans des voitures luxueuses, sabler le champagne, etc.

Ce n’est pas tout à fait ce qu’écrit Lénine, mais qu’en aura-t-il su lui-même… en un temps où, déjà, dans son dos, Staline avait installé sa boucherie :
« Nous n’appelons au parti, en grand nombre, que les simples ouvriers et les paysans pauvres, les paysans travailleurs, et non les paysans spéculateurs. Nous ne promettons ni ne donnons à ces simples adhérents aucun avantage en les admettant au parti. Au contraire, un travail plus dur que d’ordinaire et plus dangereux incombe aujourd’hui aux membres du parti. » (Idem, page 59)

Et cependant, Lénine paraît lui-même dans la situation de passer aux aveux dans le texte qu’il publie en décembre 1919, Les élections à l’Assemblée constituante et la dictature du prolétariat :
« Le bolchévisme n’aurait pas triomphé de la bourgeoisie en 1917-1919 s’il n’avait pas d’abord appris, de 1903 à 1917, à vaincre et à chasser sans pitié des rangs du parti de l’avant-garde prolétarienne les menchéviks, c’est-à-dire les opportunistes, les réformistes, les social-chauvins. » (Idem, page 282.)

Qui auront donc été égorgés sans plus de façon !…

Heureusement que Hitler n’aura pas hésité à venir en trucider 27 millions de plus, n’est-ce pas, de ces Soviétiques qui assassinaient tout le monde !

Michel J. Cuny


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