Benjamin Disraeli et l’excellence juive, selon Hannah Arendt

Dans l’ouvrage Les Origines du totalitarisme (1951), qu’elle a écrit pour miner la réputation de Staline à partir de documents qu’elle-même dit inexistants, la sioniste Hannah Arendt a tressé d’invraisemblables couronnes à celui qui aura été Premier ministre de la reine d’Angleterre, Victoria, en 1868, puis de 1874 à 1880 : le Juif Benjamin Disraeli, dont elle nous a dit, par ailleurs, que « l’Angleterre était l’Israël de son imagination. »

Arendt

Voyons de quoi était fait celui qui se présentait, pour Hannah Arendt, comme une sorte de chouchou de la Divinité :
« Disraeli ne contesta jamais que, chez lui, « l’élément fondamental était qu’il était juif ». Il avait pour tout ce qui était juif une admiration égalant son ignorance. » (Michel J. Cuny, Quand le capital se joue du travail, Éditions Paroles Vives 2012, page 277)

Ignorance (innocence !) qui, comme nous le savons depuis quelques temps, faisait d’ailleurs tout son charme, tandis que, par la grâce d’une intuition toute spéciale, il comprenait beaucoup, beaucoup d’autres choses puisque, à propos de « la distance le séparant des simples mortels« , Hannah Arendt n’a aucune hésitation :
« Tout cela révèle une singulière pénétration de la société et de ses règles. Il est significatif que Disraeli ait dit : « Ce qui est un crime pour le grand nombre n’est qu’un vice pour quelques-uns. » » (Idem, pages 277-278)

Ainsi, là où madame Arendt a réussi à faire voir au « plus grand nombre » les millions de crimes commis par Staline tout au long de son règne, il n’y aura eu que la mise en œuvre d’un vice qui lui est très personnel et dont nous allons voir à quelle vision du monde il s’articule quand entre en scène un personnage de la trempe d’un Disraeli dont elle affirme très tranquillement qu’à lui, mais à lui seulement sans doute, tout est permis…

Et pourquoi tout peut-il lui être permis sans qu’il nous soit besoin d’y réfléchir davantage ? Réponse d’Hannah Arendt et démonstration, tout en un :
« Tout d’abord, il se considérait réellement comme « l’élu parmi la race élue« . Quelle meilleure preuve que sa propre carrière ? Un Juif sans nom et sans fortune, avec l’aide seulement de quelques banquiers juifs, parvint au poste le plus éminent d’Angleterre ; l’un des hommes les moins aimés du Parlement devint Premier Ministre et véritablement populaire auprès de ceux qui l’avaient pendant longtemps « considéré comme un charlatan et traité comme un paria. » » (Idem, page 278)

Autre preuve :
« À la fin, et ce fut sa plus grande victoire, personne ne disait plus rien en privé qui ne l’aurait pas flatté, ou qui lui aurait déplu si cela avait été dit en public. Cette authentique popularité, Disraeli la gagna précisément grâce à sa politique consistant à ne voir que les avantages d’être né juif, et à n’en prêcher que les privilèges. » (page 278)

Revoici les chers « privilèges« , mais, cette fois-ci, directement comme marque de l’ »élection » du meilleur parmi les « élus« .

Ce meilleur, en tant qu’il en aura été l’un des architectes : quel monde exemplaire va-t-il nous dessiner ?

Voici l’homme qu’Hannah Arendt nous demande d’admirer en lieu et place – si nous pouvions encore en avoir le goût après l’excellent travail de langue de vipère qu’elle aura fait à titre personnel et par le moyen de ses disciples – de Staline :
« Usant de son imagination, plutôt populaire et banale, il ne craignit pas de décrire les Anglais comme « issus d’une race hybride de parvenus, tandis que lui-même provenait du sang le plus pur d’Europe » ; il dit que « la vie d’un pair britannique [était] régie principalement par des lois arabes et des coutumes syriennes » ; qu’ »une Juive est la reine du ciel », ou que « la fleur de la race juive est maintenant assise à la droite du Seigneur Dieu Sabaoth ». Et quand il écrivit enfin qu’ « il n’y a plus en fait d’aristocratie en Angleterre, car la supériorité de l’homme animal est une qualité essentielle de l’aristocratie », il avait touché le point sensible des théories modernes de l’aristocratie sur la race, qui furent plus tard le point de départ des conceptions raciales des bourgeois et des parvenus. » (page 279)

Mais oui, bien sûr, et de quelques autres, le tout nous rappelant un personnage qui, s’il portait une moustache comme Staline, n’était pas tout spécialement un ancien bolchevik…

Avant de nous trouver mal, avançons encore un peu dans la fange à la suite de « l’élu parmi la race élue » qui a su enchanter Hannah :
« Il n’hésitait pas à affirmer que le principe sémitique « représente toute la spiritualité de notre nature », que « les vicissitudes de l’histoire trouvent leur principale solution dans la race, qui est tout » ; que la race est  « la clé de l’histoire », sans considération de « langue et de religion », car « seule une chose fait une race, c’est le sang » ; qu’il n’y a qu’une seule aristocratie, l’ « aristocratie de nature », à savoir « une race pure et parfaitement organisée ». » (page 279)

Tout compte fait, lorsque Disraeli prend la pyramide raciste dans le sens d’une domination juive, il authentifie le critère racial de la hiérarchie, et ouvre ainsi la voie au renversement de l’ordre des races qui peut très bien se trouver dominé par une quelconque autre race « supérieure ». Hitler et ses inspirateurs n’auront pas agi autrement.

Pour le reste, c’est-à-dire pour ce qui permet de voir le monde que la sioniste Hannah Arendt voudrait voir dessiné par les émules de Benjamin Disraeli, je renvoie à Michel J. Cuny, Quand le capital se joue du travail, Éditions Paroles Vives 2012.

Michel J. Cuny

Clic suivant : Bernard-Henri Lévy, chef d’une meute qui nous vient de loin

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