Une rock-star pour les jeunes générations d’Occident : le parti communiste chinois

« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? » (document n° 141)
[Pour revenir au document n° 1, cliquer ici]

Lénine nous l’a dit : la révolution bolchevique devait pouvoir apprendre à compter par dizaines de millions les intervenants de la politique qu’elle aurait à mener sur son territoire. Cette connaissance, elle ne pouvait pas la tirer d’elle-même. Elle allait devoir l’acquérir en demandant, tout d’abord, aux moins rétifs des spécialistes bourgeois de se plier à la discipline de la dictature conduite par les ouvriers et les paysans pauvres, et de mettre en oeuvre, pour le nouveau régime, les connaissances qui leur étaient nécessaires, naguère, pour faire fructifier l’exploitation de l’être humain par l’être humain.

De quel prix les paierait-on ?… Outre qu’il allait falloir les surveiller de près… En tout cas, même « un archi-coquin », à condition qu’il soit un vrai spécialiste, serait le bienvenu…

Maintenant, avançons d’un siècle, et nous voici en présence d’Alibaba, multinationale chinoise de droit privé… Rien à faire, a priori, avec l’Etat ouvrier et paysan qui règne en Chine depuis 1949 à travers un parti communiste qui rassemble 90 millions de militantes et de militants.

Ajoutons une année à notre petit bond d’un siècle (1918-2019), et nous voici arrivé(e)s sur le site du journal La Tribune qui publie le 18 février 2019 un article de l’agence Reuters intitulé :
« Chine : l’application d’Alibaba à la gloire de Xi Jinping bat des records de téléchargements »

Voilà bien le langage racoleur de la presse occidentale… De fait, il ne s’agit de Xi Jinping que parce qu’il s’agit du parti communiste chinois… Et c’est la suite elle-même qui finira par nous le dire. Mais commençons tout d’abord par ceci :
« « Xuexi Qiangguo », dont la traduction littérale est « Etude pour rendre la Chine forte » est une application à la gloire du pouvoir. Alibaba a créé pour le compte du gouvernement chinois une application de propagande qui rencontre un énorme succès, ont annoncé, ce lundi 18 février, deux sources proches du géant chinois de l’internet. »

L’agence de presse britannique n’en revient pas :
« Un véritable plébiscite. Depuis son lancement en janvier, l’application « Xuexi Qiangguo », dont la traduction littérale est « Etude pour rendre la Chine forte », a été téléchargée plus de 43,7 millions de fois en Chine, sur les appareils conçus par Apple et ceux compatibles avec le système Android de Google, selon les estimations du cabinet de conseil en statistiques Qimai. »

Naissance d’une nouvelle rock-star ? S’agirait-il de cliquer à tour de bras des « j’aime » sous la photographie d’un Xi Jinping guitare en bandoulière ?…

De fait, Reuters nous la baille belle, mais il lui faut tout de même laisser passer un peu de la vérité de ce qui est en cause…
« Cette application à la gloire du président Xi Jinping, qui met en scène la doctrine du Parti communiste chinois (PCC), est devenue la semaine dernière le programme le plus téléchargé sur l’App store d’Apple en Chine, dépassant l’application de réseau et de partage vidéo Tik Tok et la messagerie WeChat. »

Croit-on qu’il puisse s’agir de la « gloire du président Xi Jinping » ? De fait, il s’agit de « la doctrine du Parti communiste chinois (PCC) », et c’est tout autre chose… Cliquer des « j’aime » ne suffira pas.

Mais comment donc la « doctrine du Parti communiste chinois (PCC) » pourrait-elle passionner qui que ce soit à un point tel ? L’agence Reuters a trouvé une excellente réponse : de même que Staline a fait assassiner ses petits camarades par dizaines de millions, et fait torturer tous les autres par on ne sait quels régiments venus de l’Enfer, Xi Jinping ne se fait sans doute adorer que grâce à l’utilisation des pires moyens de contrainte :
« Si le succès du programme est indéniable, une partie, au moins, de la popularité croissante de l’application peut être attribuée aux directives émises par les autorités locales et les universités qui obligent les membres du Parti communiste à la télécharger. »

Pour démontrer cela, inutile d’aller bien loin :
« Alibaba, dont le fondateur et président Jack Ma est justement membre du Parti communiste, n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet. »

Sans doute les prisons chinoises doivent-elles regorger de tous les contrevenants… sans compter les 90 millions de membres du parti communiste chinois qui menacent de leur faire la peau dès le prochain coin de rue…

Télécharger par obligation… et d’une !.. Et puis aller dépouiller les autres… En tout cas, si au temps de Lénine il s’agissait d’obtenir, même à travers « un archi-coquin », des informations portant sur des dizaines de millions d’êtres humains, pourquoi, aujourd’hui, le parti communiste chinois ne pourrait-il pas avoir en tête d’en vouloir sur des centaines de millions d’individus, le tout étant utilisé pour faire enfin triompher le socialisme à l’échelle planétaire ? C’est toute l’affaire de la mise en cause du groupe chinois Huawei Technologies.

L’agence Reuters l’a bien compris, même si elle ne se soucie que très peu de ce que peut être le canevas actuellement suivi par le parti communiste chinois…
« Plusieurs pays occidentaux, Etats-Unis en tête, redoutent que Pékin n’utilise les infrastructures du premier équipementier télécoms au monde à des fins d’espionnage. Le groupe a réfuté à de nombreuses reprises ces accusations, mais il pourrait être exclu des réseaux mobiles de cinquième génération (5G) sur plusieurs marchés. »

Faut-il le rappeler : l’entreprise Huawei a été créée en 1987 à Shenzen par Ren Zhengfei, un ancien colonel de l’Armée populaire de libération, membre du parti communiste chinois…

Mais alors, ce capitalisme chinois ?… Capitalisme d’Etat ? ou pas ?… Lénine ou Rockefeller ?…

Nous allons poser la question à celui dont Reuters voudrait faire une rock-star, pour plus tard le transformer en « dictateur » assoiffé de sang selon le modèle impérissable d’un Staline « sanguinaire » pour les enfants de moins de cinq ans et pour les abruti(e)s de tout âge…

Dans le Rapport au XIXe Congrès national du Parti communiste chinois que Xi Jinping a présenté le 18 octobre 2017, une comptabilité plus que sommaire permet de constater que, au fil d’un texte qui compte, dans sa totalité, un peu moins de 28.000 mots (une quarantaine de pages A4 au format Times New Roman 12), il aura prononcé :
1 fois : « les partis communistes » ;
1 fois : « dirigeants communistes » ; 
1 fois : « jeunesse communiste » ; 
1 fois : « style d’étude marxiste » ;
1 fois : « théorie marxiste » ; 
2 fois : « communistes chinois » ; 
2 fois : « non communistes » ; 
3 fois : « les communistes » ; 
4 fois : « parti marxiste » ;  
4 fois : « le communisme » ; 
5 fois : « marxisme-léninisme » ;
6 fois : « Parti communiste chinois » ;
7 fois : « marxisme » 
et…
52 fois : « socialisme à la chinoise »
et…

242 fois : « Parti ».

Ce dernier, évidemment, est bien le « parti communiste chinois »… Et c’est au parti communiste chinois que prêtent serment de lui être fidèles, aussi bien le camarade Xi Jinping que l’ensemble de ces communistes chinois qui se comptent au moins par dizaines de millions… si ce ne sont des millions par centaines (nous souffle un certain… Lénine).

Michel J. Cuny

Document n° 142…
Chine communiste : quand l’Occident prend l’ombre pour la proie


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