France – Serait-ce maintenant au tour de la Révolution d’être en marche ?

Le monde entier aura été le témoin de ce qui vient de se passer à Paris (comme à Bordeaux et dans telle ou telle grande ville), tandis que les Françaises et les Français ont eu la surprise de découvrir que les troubles étaient allés jusqu’à frapper certaines petites localités – tel le village du Pouzin (2800 habitants, en Ardèche) où 19 gendarmes ont été blessés.

Il paraît assez clair que le peuple français se trouve profondément déboussolé… D’où cela peut-il venir ? D’éléments qui concernent aussi bien l’espace que le temps, c’est-à-dire tout autant la situation mondiale dans l’ensemble de la géographie d’aujourd’hui que le moment historique précis dans lequel nous nous trouvons en tant que vivant en France, mais aussi dans un Empire tellement inachevé qu’il en devient branlant : l’Europe sous domination allemande.

Il y aura bientôt une trentaine d’années (une génération à l’échelle humaine) qu’avec l’appui des services secrets allemands agissant en Yougoslavie, et la complicité plus ou moins aveuglée d’un Mikhaïl Gorbatchev tombé sous le charme du chancelier allemand Helmut Kohl, les USA – c’est-à-dire les maîtres mondiaux de l’impérialisme depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et la chute de l’Allemagne hitlérienne – avaient obtenu l’implosion du premier Etat ouvrier et paysan que le monde ait connu.

Mais dix ans plus tard, ce même monde commençait à découvrir que les Occidentaux avaient finalement échoué à se soumettre une Russie qu’ils avaient pourtant réduite à ce que Vladimir Poutine n’a pas hésité à rappeler dans son extraordinaire discours du 1er mars 2018 :
« Après l’effondrement de l’URSS, la Russie, connue sous le nom d’URSS ou de Russie soviétique à l’étranger, a perdu 23,8% de son territoire national, 48,5% de sa population, 41% de son PIB, 39,4% de son potentiel industriel (près de la moitié de notre potentiel, je voudrais le souligner), ainsi que 44,6% de sa capacité militaire en raison de la division des forces armées soviétiques entre les anciennes républiques soviétiques. L’équipement militaire de l’armée russe devenait obsolète et les forces armées étaient dans un état pitoyable. Une guerre civile faisait rage dans le Caucase, et les inspecteurs américains supervisaient le fonctionnement de nos principales usines d’enrichissement d’uranium. » (traduction et transcription : http://lesakerfrancophone.fr/discours-de-poutine)

Pour sa part, l’Europe, qui constitue un écheveau d’Etats imbriqués dans un système très hiérarchisé qui les place sous les fourches caudines du grand vainqueur du dépeçage des ex-pays de l’Est, l’Allemagne dite fédérale, ne sait toujours que répondre aux appels incessants de la France qui lui demande de venir, avec elle, re-coloniser l’Afrique les armes à la main.

Ce petit impérialisme français, devenu criminel sur la scène mondiale à travers l’assassinat de Muammar Gaddhafi, croyait devoir toucher très vite le gros lot. Il suffit, pour s’en convaincre de relire cet article publié dans le journal La Tribune, à la date du 15 septembre 2011, par Sylvain Rolland :
« Comme un retour sur investissement. Grâce à leur action décisive dans l’intervention de l’OTAN contre les troupes du colonel Kadhafi, la France et le Royaume-Uni ont été les premiers pays à avoir l’honneur d’être reçus, jeudi, dans la Libye – presque – libérée. La visite triomphante de Nicolas Sarkozy et du premier ministre David Cameron s’est déroulée comme prévu : bain de foule sur la place Tahrir de Benghazi – idéal pour les journaux télévisés de 20h -, soutien appuyé au Conseil de transition (CNT) pour l’instauration de la démocratie, appels à « terminer le travail » (l’expression est de Nicolas Sarkozy) pour capturer le colonel Kadhafi en fuite. »

C’est qu’il paraissait y en avoir, du pétrole… et sans doute pour pas cher… À ce prix-là, les taxes n’auraient sans doute été qu’une plaisanterie… Mais, de ce pétrole, nous n’en voyons pas la couleur…

Quant à la Syrie, ce n’est pas seulement l’après-guerre qui aura permis à la France de faire preuve de sa folie, c’est la guerre elle-même qui aura été perdue….

Or, c’est cela qu’il faut avouer : depuis 1918, la France n’a plus jamais rien gagné, à elle seule, sur le terrain même de la défense de son propre pays… quant aux territoires qu’elle croit pouvoir juguler… il vaut mieux pour elle ne pas croiser sur sa route un Vladimir Poutine, par exemple…

Mais elle a bien d’autres raisons de dériver vers cette catastrophe assez générale que le peuple français ne peut pas manquer de pressentir à travers cette angoisse qui le prendra désormais de plus en plus à la gorge…

À suivre…

Michel J. Cuny


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