La fable de Tchernobyl, premier triomphe de la glasnost prônée par Gorbatchev

Ce dernier terme, qui peut être traduit par « libération de la parole », forme un couple avec celui de perestroïka, « restructuration » ou, mieux encore, « retour à l’économie de marché »…

Ainsi que l’écrit l’un de ses anciens collaborateurs – Andreï Gratchev – un événement a marqué tout spécialement la vie politique de Mikhaïl Gorbatchev en la divisant en un avant et un après : l’affaire de Tchernobyl.

Ce qui est désormais certain, c’est qu’à elle seule, cette catastrophe a achevé d’anéantir la réputation de l’Union soviétique… On pourrait même pousser le paradoxe jusqu’à dire qu’elle a été le pendant négatif – tout en étant d’un poids égal, mais dans l’autre plateau de la balance – de la victoire de Stalingrad (janvier 1943).

Mais que s’est-il donc réellement passé en 1986 à Tchernobyl, un an après que Mikhaïl Gorbatchev fut devenu secrétaire général du Comité central du PCUS ?

En avril 2011, le SCK-CEN (Centre d’étude de l’énergie nucléaire) situé à Mol en Belgique publiait, sous le titre : Tchernobyl, vingt-cinq ans après, un document qui va nous aider à mieux comprendre comment la « libération de la parole » peut servir à fabriquer… l’événement…

Dans ce texte, tout commence de la façon suivante :
« Le 26 avril 1986, le réacteur de l’unité 4 de Tchernobyl explose. C’est le début du plus grand accident de l’histoire des applications pacifiques de l’énergie nucléaire. Aujourd’hui, 25 ans plus tard, les causes aussi bien que les conséquences de l’accident ont fait l’objet d’études très approfondies, et beaucoup de leçons ont pu en être tirées. »

En bonne logique, commençons par le début…
« Les principales causes de l’accident furent… »

Et vlan ! voici la première :
« – La conception RBMK du réacteur, instable et non fiable. Les réacteurs de type RBMK utilisés à Tchernobyl sont conçus pour produire de l’électricité mais aussi du plutonium à usage militaire. De ce fait, l’événement ne peut être dissocié du contexte politico-militaire de l’ancienne Union Soviétique. »

Le matériel lui-même était de mauvaise qualité… en raison de préoccupations politico-militaires que l’Union soviétique n’aurait jamais dû avoir… Il semble que là-dessus le SCK-CEN ait un peu dépassé la « cause » pour reprendre une thématique très occidentale…

Deuxième cause principale :
« – Le manque de formation théorique et de connaissances des opérateurs. Pendant la guerre froide, la sécurité n’était de toute évidence pas une priorité. L’absence de culture de la sécurité joua un rôle critique à Tchernobyl. »

Ayant le regard seulement attiré par les perspectives de guerre, et donc prête sans doute à toutes les brutalités, l’Union soviétique a sereinement rejeté toute préoccupation de sécurité pour les populations… du monde entier (potentiellement).

Troisième et dernière cause principale :
« – Le climat de stricte confidentialité qui régnait dans l’ex-Union Soviétique. Dans le contexte de l’époque, les opérateurs n’étaient pas supposés avoir de réflexion critique, ni prendre d’initiative dans une situation officiellement impensable. »

Nous sentons bien la problématique typiquement associée au… KGB.

En résumé, ces trois causes principales reproduisent avec une grande fidélité le portrait de l’Union soviétique tel qu’il a été fabriqué par l’Occident, et constamment réaffirmé tout au long de la guerre froide. Tchernobyl est l’illustration définitive de ce qui nous était annoncé depuis si longtemps.

Principales, les trois causes peuvent être rassemblées en une seule : l’État ouvrier et paysan, fruit nécessaire des activités douteuses de Marx, Engels, Lénine et Staline.

Aurions-nous besoin d’en savoir plus sur Tchernobyl ?

À quoi bon ?

Certes, en référence aux travaux des quatre messieurs cités, il conviendrait peut-être, au-delà des responsabilités renvoyées au « concept » même d’Union soviétique, de regarder d’un peu plus près le déroulement des faits… matériels.

Encore que nous n’ayons aucune qualification technique… Vraiment, nous ne connaissons rien à l’énergie nucléaire, avouons-le.

Mais le SCK-CEN, lui, ne peut-il pas se mettre à notre portée ?

Eh bien, si, justement :
« Cette brochure décrit les principaux éléments techniques et les erreurs humaines qui furent à la base de l’accident. Elle décrit également les conséquences de l’accident pour la population et pour l’environnement, de même que ses conséquences institutionnelles. Par contre, elle n’aborde pas les aspects politico-militaires sous-jacents. »

Dommage, pour les derniers éléments…

Mais cette dernière réticence, avouée, nous permet de subodorer qu’il doit bien y avoir quelque chose à gratter de ce côté-là, côté auquel nous ne pouvons qu’être sensibles puisque c’est justement sur ce terrain que se situaient les… trois principales causes…

Or, il y a du « sous-jacent »… à l’affaire de Tchernobyl…

Ceci étant établi, avec ce qu’il a à nous dire des « principaux éléments techniques » et des « erreurs humaines », le SCK-CEN ne va pas tarder à nous faire tomber de très haut – et à lui tout seul -… du perchoir qu’avait su nous installer la… glasnost.

Michel J. Cuny

NB : Pour entrer davantage dans la réflexion conduite ici, et l’étendre à des questions bien plus vastes, je recommande que l’on s’inscrive dans le groupe « Les Amis de Michel J. Cuny (Section Vladimir Poutine) » sur Facebook.

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