IV. 18 – Le double veto russe et chinois du 22 mai 2014, au Conseil de sécurité de l’ONU

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Veto russo-chinois du 22 mai 2014,
au Conseil de sécurité de l’ONU
(Note FP : Cette image a été produite, non par moi, suite à un rapprochement de deux photos.)

IV. 18 – Le double veto russe et chinois
du 22 mai 2014, au 
Conseil de sécurité de l’ONU

À la guerre en Syrie, il y avait un précédent… la guerre contre le peuple libyen et le Guide révolutionnaire. En mars 2011, la Russie et la Chine n’avaient pas utilisé leur veto : ces deux pays ne s’attendaient pas à ce que la résolution 1973 de l’ONU contre la Libye fût criminellement outrepassée et donnât lieu à une invasion du pays par des soldats européens et des mercenaires qataris et saoudiens, à l’armement des rebelles, à une intervention militaire de l’OTAN qui s’est attaquée à l’armée du peuple libyen et au peuple libyen lui-même sous le prétexte de le protéger, et au lynchage du Guide révolutionnaire avant que celui-ci ne fût sauvagement assassiné.

Depuis 2011, la Russie et la Chine ne pouvaient oublier ce qui s’était passé en Libye et les conséquences, jour après jour, année après année, de cette guerre civile et coloniale.

Ayant placé leur confiance dans le respect, par les trois États occidentaux (France, Grande-Bretagne, États-Unis), de la Résolution 1973, elles avaient été trompées. Cette résolution stipulait notamment ceci : « Le Conseil de sécurité, » « Réaffirmant son ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’intégrité territoriale et à l’unité nationale de la Jamahiriya arable libyenne, » [Nations Unies, Conseil de sécurité, Résolution 1973 (2011), Adoptée par le Conseil de sécurité à sa 6498e séance, le 17 mars 2011, page 2.]

Or, les chefs d’États français, britannique, états-unien, forts de ce vote, ont arraché « la souveraineté » des mains du peuple libyen, ont anéanti « l’indépendance » du pays, ont attaqué « l’intégrité territoriale », et ont détruit « l’unité nationale de la Jamahiriya arabe libyenne ». Étrange, tout de même, que l’ONU ne demande aucun compte à ces trois chefs d’États “à la retraite” (Nicolas Sarkozy, David Cameron, Barack Obama) des décisions qu’ils ont prises pour renverser l’État des masses libyen et des actes que ces décisions ont entraînés comme la mort de nombreux(euses) libyen(ne)s et l’assassinat du Guide révolutionnaire

Voici comment Vitali Tchourkine, ambassadeur russe auprès de l’ONU, devait s’exprimer à propos de la Libye : « Cette intervention, si vous vous rappelez, a été conduite avec de bonnes intentions, pour au moins – c’est ce qui a été déclaré par nos collègues occidentaux – pour protéger des civils. Au lieu de cela, ils ont créé ce chaos. Et maintenant, nous suivons le dossier de très près : il y a un représentant spécial du Secrétaire général en charge de négocier avec les différentes parties. Mais nous ne croyons pas à une plus grande intervention en Libye, cela pourrait même produire un chaos plus grand encore.  » [Interview accordé à RT, Vitali Tchourkine : l’Occident a instauré le chaos en Libye, vidéo du 22 septembre 2015.]

Après cela, la Russie et la Chine, considérant que leur confiance avait été criminellement trahie, ne pouvaient qu’être circonspectes à la lecture du projet bis de résolution portant cette fois sur la Syrie :

« Le Conseil de sécurité », « Réaffirmant son ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’intégrité territoriale et à l’unité de la République arabe syrienne et aux buts et principes de la Charte des Nations Unies, » [Nations Unies, Conseil de sécurité, 22 mai 2014, (S/2014/348), page 1.]

« Rappelant les déclarations faites par le Secrétaire général et la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme selon lesquelles des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre ont probablement été commis en République arabe syrienne, » [Idem, page 2.] Dans un texte de l’ONU, le mot « probablement » est-il pertinent, lorsqu’il s’agit d’accusations de… « crimes » ? C’est donc sur un…  « probablement » qu’il était question de traîner le président élu de la République Arabe Syrienne devant la CPI (Cour Pénale Internationale) !

En ce qui concerne le rôle de la FIDH et des organisations des droits de l’homme (celle de Libye basée à Genève et celle de Syrie basée à Londres, lesquelles organisations représentaient-représentent qui ?) dans la déstabilisation de ces deux pays, il y avait de quoi (au passé), il y a toujours de quoi (au présent) et il y aura toujours de quoi (au futur) user de la prudence des Sioux. La Russie et la Chine ont rejeté la mise en application de ce projet qui, alinea après alinea, était, comme le texte de la Résolution 1973, un véritable piège : sans leur veto, la Syrie aurait connu le sort de la Libye et Bachar El Assad le sort de Muammar El Gaddhafi. Depuis 2011, la Russie s’était opposée plusieurs fois à des résolutions de l’ONU. Idem pour la Chine qui a toujours refusé toute ingérence dans les Affaires intérieures d’un État, sauf lorsqu’il s’est agi de la Libye en 2011… Il faut préciser que la pression politico-économique et militaro-médiatique de la clique occidentale pour tromper le monde avait été extraordinairement forte et menaçante.

Ce double veto russo-chinois allait gâcher les petits plaisirs du “beau monde”, pilier des Conférences internationales des amis de la Syrie, des réunions de travail, et autres invitations dans le camp occidental et pro-occidental, et jeter le froid sur les Barack Obama (États-Unis), David Cameron (Grande-Bretagne), et même le grincheux François Hollande (France) qui se retrouverait face à ses gesticulations de pitre et à ses déclarations de Tartarin. Ces deux pays – la Chine et la Russie – protégeant, par ce veto notamment, les forces de l’armée de la République Arabe Syrienne et le président élu Bachar El Assad qui défendaient le pays et sa population, les États-Unis n’étaient plus aussi sûrs de pouvoir renverser le président et de substituer au gouvernement légal un gouvernement de marionnettes.

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Des Syriennes apportent leur soutien à Bachar El Assad,
et fêtent l’anniversaire de la création du parti Baas,
le 7 avril 2014

D’autant que… depuis quelques mois, l’armée de la République Arabe Syrienne mettait l’armée syrienne, dite libre, en échec. Le président Bachar El Assad avait annoncé, fin avril 2014, qu’il se présenterait à l’élection pour un troisième mandat. Le rejet, par la Chine et la Russie, du projet de résolution du 22 mai 2014 présenté aux pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU, ne pouvait que le conforter dans cette décision. Le 3 juin 2014, Bachar El Assad, tant décrié par les opposant(e)s exilé(e)s – qui n’avaient rien d’autre à faire qu’à se carrer dans les fauteuils des salons cossus des hôtels et des bâtiments officiels de Paris, de Doha et d’ailleurs où ils-elles étaient reçu(e)s, et qu’à attribuer des places, qui n’étaient pas encore libres mais qu’ils-elles voyaient déjà libérées, aux uns et aux autres de leurs favoris –, et considéré comme l’homme à abattre par une demi-douzaine de chefs d’États occidentaux et de monarques du Golfe – tous plus anti-démocrates les un(e)s que les autres et accroché(e)s au pouvoir comme des moules à leurs rochers – était réélu à la présidence et prêtait serment le 16 juillet. Les politicard(e)s, journaleux(euses), et diplômé(e)s ès mensonges du camp occidental pouvaient répandre leur haine de classe, le peuple syrien, lui qui vivait les événements sur place, ne se trompait pas…

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Les symboles du parti Baas

Suite : IV. 19 – Grande panique de l’autre côté de l’Atlantique

Françoise Petitdemange
30 janvier 2017

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