IV. 8 – Faire passer, de gré ou de force, les pays arabo-musulmans d’une économie dirigée à une économie libérale

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IV. 8 – Faire passer, de gré ou de force,
les pays arabo-musulmans
d’une économie dirigée à une économie libérale

Ce n’est que par les contraintes, les sanctions, les embargos, les guerres qui touchent de plein fouet les populations que le capitalisme peut assurer sa pérennité et sa domination sur le monde. La propriété privée des moyens de production et d’échange donne à une minorité qui la détient un ascendant sur la majorité qui ne la détient pas et qui ne peut assurer sa vie, voire sa survie, que par le travailforcé, qu’en se soumettant intellectuellement et physiquement aux besoins du capital, qu’en aliénant toute une partie de sa vie au profit exigé par le capital, profit qui ne peut être généré que par le travail.

Après le décès, le 10 juin 2000, du président de la République Arabe Syrienne issu du parti Baas, Hafez El Assad, son fils, Bachar El Assad, issu du même parti, a dû assurer la succession le 20 juin, puis a été élu à la présidence, le 17 juillet 2000. Son mariage, cinq mois plus tard, le 31 décembre, avec Asma El Akhras, une femme d’affaires britannico-syrienne, a fait espérer à certains États capitalistes et aux droits de l’hommiste que la partie était gagnée – que le fils romprait avec la politique baasiste du père, Hafez El Assad – et, déjà, était évoqué un « Printemps de Damas »… qui allait libéraliser le système économique en l’ouvrant aux capitaux étrangers, et démocratiser le système politique, c’est-à-dire installer une dictature bourgeoise pour oligarchiser le pays.

À cette époque, le gouvernement allemand avait encouragé le nouveau président à faire passer son pays d’une économie dirigiste d’inspiration baasiste à une économie sociale de marché que les États impérialistes toléraient comme étape de transition vers une économie capitaliste libérale. Jusqu’en 2005, la Banque commerciale de Syrie exerçait un monopole sur le système bancaire : elle était le seul endroit où devait s’effectuer le change des monnaies : devises étrangères contre livres syriennes. Les échanges de devises « au marché noir », étaient interdits et punis sévèrement par la loi si les contrevenants étaient pris en flagrant délit : ces échanges frauduleux, outre qu’ils faisaient concurrence à la Banque, s’opéraient nettement en défaveur de la monnaie syrienne. En 2006, le gouvernement de Washington interdisait aux banques états-uniennes d’avoir des liens commerciaux avec la Banque commerciale de Syrie, sous le prétexte qu’elle finançait les groupes terroristes, alors que cela faisait des décennies que la CIA (Central Intelligence Agency) rééduquait à sa manière, en les formant au terrorisme, tous les mécontents qui désertaient leurs pays arabo-africains.

Le gouvernement syrien a pris certaines mesures dans le sens d’une économie sociale de marché. Le secteur bancaire a été ouvert au privé : le change des monnaies est devenu plus aisé. Les distributeurs automatiques de billets sont apparus… Les transports en commun : bus et minibus locaux, microbus, taxis ou servis (taxis collectifs), etc., qui permettaient de se déplacer très facilement, souvent à des prix modiques, se font doubler de plus en plus par des voitures individuelles qui sillonnent le pays. Les téléphones portables se sont multipliés.

Avec la production d’objets pour le marché, un écart s’est rapidement élargi entre la capitale, les grandes villes et les petites villes, les villages. Le passage à une économie sociale de marché, effectif et visible principalement dans la capitale et les grandes villes de Syrie, a mis à mal plusieurs secteurs d’activité comme l’artisanat local et le petit commerce et provoqué un appauvrissement de certaines couches de la population. La Syrie a dû revenir sur l’ouverture de son économie dirigiste à une économie sociale de marché : en cas de récession économique, si celle-ci a des effets limités dans l’économie à tendance baasiste, elle provoque de graves déséquilibres politiques et sociaux dans une économie sociale de marché. Mais le problème des États capitalistes n’est pas tant d’éviter les dégâts qu’induit immanquablement le passage d’une économie dirigée à une économie de marché dans les populations que d’obliger les pays non capitalistes à ouvrir leur économie aux capitaux et aux produits étrangers, occidentaux de préférence…

La déstabilisation, en 2011, de la Syrie, comme de la Libye d’ailleurs, par des bandes armées intérieures et extérieures, était destinée, par la force la plus brutale, à contraindre ces États souverains à se soumettre aux desiderata des pays capitalistes aux abois depuis plusieurs années et, surtout, depuis la crise de 2008. En cette année 2012, le gouvernement allemand prépare un plan pour l’après-Bachar El AssadClemens von Goetze, est, depuis cette année, ambassadeur, directeur général du Département (Division politique III) au ministère des Affaires étrangères allemand, responsable des relations avec quelque 137 pays de l’Afrique, du Proche et Moyen-Orient, de l’Asie, de l’Amérique latine et du Pacifique ; il le restera jusqu’en 2015. À partir de cette date, 2015, il sera ambassadeur de la RFA (République Fédérale d’Allemagne) en Israël. Comme par hasard…

Suite : IV. 9 – Un Plan Marshall « made in Deutschland » pour une Syrie bientôt vaincue…

Françoise Petitdemange
9 janvier 2017

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