De Gaulle et l’impérialisme US

C’est dès les lendemains (1946) de la Libération que la France a basculé sous l’impérialisme états-unien… et, tout à la fois, dans le futur projet européen.

En effet, après avoir participé – avec le haut état-major français – à la défaite « organisée » de 1940 face à Adof Hitler (voir ce lien), en 1946, Charles de Gaulle s’est empressé d’ouvrir, au profit des États-Unis, un accès direct à la console de commande de notre pays – le Gouvernement.

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Dans les deux cas, s’agissait-il vraiment d’une trahison ? Non, puisque la France appartenait alors – tout comme aujourd’hui – au camp capitaliste, colonialiste, impérialiste.

Or, depuis les années 1900 – et sous l’impulsion première de Charles Benoist -, l’objectif de la grande bourgeoisie française était de bloquer la montée permanente de l’impact du suffrage universel dans l’ensemble du schéma institutionnel.

Ayant manqué l’affaire en 1934, à cause de personnages tels que Pierre Cot, Jean Moulin et de quelques centaines de milliers d’antifascistes, elle s’y est reprise une nouvelle fois en 1940, rencontrant – à travers la Résistance – l’opposition communiste et encore celle de Jean Moulin et de Pierre Cot, le tout débouchant sur la mise en place du Conseil de la Résistance, organe souverain.

Après avoir obtenu l’élimination de Jean Moulin, De Gaulle a renvoyé le CNR souverain dans les ténèbres extérieures, et a très vite ouvert une porte dérobée aux intérêts états-uniens… Laquelle ?

Évidemment, De Gaulle n’est pas que De Gaulle… Il n’a été que l’instrument un peu abracadabrant tombé dans les mains de la grande bourgeoisie par la grâce et la finesse d’esprit de Gaston Palewski, rejoint plus tard par quelques autres personnages tout aussi madrés que lui, dont Michel Debré

J’y insiste pour montrer la continuité historique : c’est bien le fils de celui-ci, Jean-Louis, qui a été président du Conseil constitutionnel de 2007 à 2016, un poste essentiel, tenu, en son temps et bien après la mort du Général, par… Gaston Palewski.

Dans l’ouvrage Quand le capital se joue du travail, j’ai suffisamment insisté sur la biographie exceptionnelle de ce Gaston exceptionnel, et sur l’ensemble de la reprise en main de la France par les États-Unis à travers le plan Marshall qui n’a pu venir nous frapper de plein fouet que grâce à l’affaire du cheval de Troie, pour ne pas y revenir… Comprenne qui pourra.

Mais, enfin, Gaston Palewski aura d’abord travaillé au côté du maréchal Lyautey au Maroc. Ce qui, en soi, n’est pas peu de choses, mais, de plus, comme il l’écrit lui-même :
« C’est alors qu’on m’offrit d’entrer à la Société d’études et d’information économique. » (Quand le capital se joue du travail, page 174)

Derrière cela, il y avait une myriade de patrons, de journalistes, d’hommes politiques, etc.

Laissons-là quelques détails tout à fait édifiants, et reprenons le fil des explications de Gaston Palewski  :
« Le Comité d’études avait été le fruit d’une conception très intelligente et originale d’André François-Poncet. » (page 174)

André François-Poncet, c’est le papa de Jean François-Poncet, futur ministre des Affaires étrangères de Valéry Giscard d’Estaing, etc. Toutes choses parfaitement connues de nous autres, Françaises et Français, qui nous en remettons, les yeux fermés, à celui-ci puis à celui-là… Passons…

C’est Gaston, qui nous intéresse, et il commence ainsi la biographie d’André François-Poncet :
« Apparenté aux milieux économiques dans un moment où, à la tête du patronat, il y avait encore de fortes et intéressantes personnalités comme Robert Pinot et surtout comme François de Wendel avec qui je devais, plus tard, me lier d’amitié et auquel je pense toujours avec affection et regret, il n’eut pas de peine à voir combien le facteur économique était important par rapport au destin d’une nation, et c’est ainsi qu’il conçut de mettre au service des grands intérêts économiques une organisation où de jeunes normaliens, issus comme lui de la rue d’Ulm et des jeunes gens d’avenir, collaboreraient ensemble pour analyser quotidiennement la situation économique et politique et publier un cahier important qui, amené par les voies les plus rapides aux rédactions de journaux, aux directions d’entreprises, aux états-majors politiques auraient pour effet d’infléchir l’opinion dans le sens de la défense de l’entreprise privée en fonction de l’intérêt national. » (pages 174-175)

Et voilà tout ce que le bon Gaston va pouvoir commencer à brancher sur le De Gaulle que, dès décembre 1934, il a décidé de considérer comme un homme possible… pour jouer à fond le jeu des… « grands intérêts économiques« . Avec au beau milieu, ce qui intéressera celles et ceux qui connaissent un peu l’Histoire de France : les Wendel… et tout ce qui s’y rattache sans en porter le nom, comme, de nos jours, Ernest-Antoine Seillière, l’ex-patron du M.E.D.E.F.

Or, si une chose est sûre : Gaston ne s’est décidément pas trompé, même pas d’un chouïa !

D’où l’intérêt de suivre les ébats du… cheval de Troie façon De Gaulle 1946.

Michel J. Cuny

(Ce qui précède est tiré du livre électronique que je viens de publier : Pour en finir avec la Cinquième République)

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