La France guerrière de Sarkozy à Hollande, chevaliers à la triste figure

Après que le Livre blanc de la défense et de la sécurité, mis au point en 2007 et publié en 2008 sous l’autorité de Nicolas Sarkozy, eut ouvert le vaste horizon des guerres coloniales possibles et souhaitables, il y a eu, en 2011, l’initiative militaire française qui a débouché sur la destruction de la Libye de Muammar Gaddhafi. Il faut y insister : cette initiative était complètement en porte-à-faux relativement au respect, à la fois, de la concertation avec les partenaires européens et de la stricte exécution des décisions de l’ONU, telles que les prônait le Livre blanc lui-même.

Mais à cela, ni la population française – démissionnée de toute responsabilité dans cette affaire -, ni la communauté internationale, n’ont trouvé à redire…

hollande-sarkozy

François Hollande arrive en 2012, et dès 2013, il obtient la publication d’une nouvelle mouture du Livre blanc – Défense et Sécurité nationale… Faudrait-il s’étonner que, dès la courte Préface qu’il rédige de sa propre main, le mot initiative vienne à deux reprises ? Non, certainement : les présidents de la république ont toujours été l’avant-garde, les pionniers, les héros véritables de la France bourgeoise, le peuple lui-même se contentant de courir et de japper à leur suite.

C’est du moins ainsi qu’eux veulent le voir : il faut bien avouer qu’il les y aide un peu beaucoup.

De sa plus belle plume, François Hollande a donc écrit ceci, à l’usage plus particulier de l’honnête France qui, un jour, devra faire la guerre… ou la financer :
« Elle agit en concertation étroite avec ses partenaires européens comme avec ses alliés, mais garde une capacité d’initiative propre. » (page 7. Je souligne ici et après)

Il poursuit :
« Nous devons veiller à protéger les Français, y compris face aux risques de la cybermenace, garder la crédibilité de notre dissuasion nucléaire et préciser notre capacité à prendre l’initiative des actions conformes à nos intérêts et à ceux de la communauté internationale. » (pages 7-8)

Quant aux moyens de l’initiative, les voici tels que le président de la république s’en trouve désormais armé pour notre bonheur bien compris :
« Une volonté claire est affichée au bénéfice de capacités autonomes et réactives de projection reposant sur des forces bien entrainées, bien équipées et bien renseignées. Elles devront être en mesure d’avoir un impact décisif dans les régions où les menaces sont les plus grandes sur nos intérêts et ceux de nos partenaires et alliés. » (page 8)

Nous n’avons plus qu’à nous bien tenir…

Mais, au fait, pourquoi, si vite, un nouveau Livre blanc (2013), cinq ans seulement après le précédent (2008). Le premier, qui avait si facilement servi à faire tout et n’importe quoi, était-il donc déjà si usé ?

Voici ce qu’en auront dit les experts rassemblés par une si juste cause :
« L’indépendance de la Nation est menacée si le déséquilibre des comptes publics place celle-ci dans la dépendance de ses créanciers. Les décisions concernant les ressources publiques consacrées à la défense et à la sécurité doivent prendre en compte non seulement les menaces auxquelles nos forces sont appelées à répondre, mais également les risques qui pèsent sur notre indépendance économique. Un juste équilibre doit être trouvé entre ces deux priorités, afin que l’effort consacré à la défense et à la sécurité soit cohérent avec le nécessaire assainissement des finances publiques et assure l’adéquation dans le temps de notre outil de défense et de sécurité nationale avec nos responsabilités internationales et l’évolution de notre environnement stratégique. » (page 9)

Il faudra donc faire la guerre pour – à la suite de cette terrible crise économique de 2008 dont le précédent Livre blanc ne savait encore rien – rétablir les finances de la France… Autrement dit : il n’est plus désormais possible de nourrir la moindre illusion quant à l’éventuelle résorption – même limitée, voire très limitée – du chômage.

De ce point de vue, l’affaire de Libye – qui n’a rien rapporté par elle-même, improvisée qu’elle a été par un président doté d’une tête complètement folle, et tout à la fois très sensible à la seule voix du sioniste de service (un BHL venu de nulle part) – aura été un grand coup d’épée dans le lac méditerranéen…

Et pendant ce temps, l’Allemagne accommode les PECO (Pays d’Europe Centrale et Orientale) à ses goûts, et avec des moyens qui ne sont pas peu de chose…

Mais, patience, murmure le Livre blanc version 2013 :
« Pour sa part, la France estime qu’elle contribuera d’autant mieux à une réponse collective qu’elle aura su garder une capacité d’initiative et d’entraînement. » (page 11. Je souligne encore)

Tiens, voilà du nouveau : « initiative », mais aussi « entraînement » !… Qu’est-ce à dire ?

« Entraînement » aux joies de la castagne ?

Il nous tarde, maintenant, de connaître la suite…

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Michel J. Cuny


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