La Lettre de Michel J. Cuny – numéro 1 – 17 juin 2013

Pour aider à sortir de l’ornière qu’on s’efforce de nous imposer…

Pierre Guillain de Bénouville, l’homme qui a fait tomber Jean Moulin…

Pierre-Guillain de Benouville

Contrairement à ce que croit pouvoir penser le commun des mortels, il n’y a jamais eu la moindre devinette en ce qui concerne le principal responsable de l’arrestation de Jean Moulin à Caluire le 21 juin 1943. Le soixante-dixième anniversaire de ce terrible événement politique permettra tout juste de vérifier où en est la chape de plomb qui pèse sur nos consciences citoyennes…

Bénouville était-il le chef de la Cagoule ?

C’est lui qui le revendiquera devant la journaliste Laure Adler peu de temps avant sa mort, tout en rappelant son rôle dès les émeutes du 6 février 1934 :
« Moi, j’étais pour que le coup d’Etat réussisse, je n’étais pas le seul, mais de cet échec de l’Action Française est venue une autre révolte plus profonde, et qui a été la Cagoule. »

Il est de notoriété publique que c’est Pierre Bénouville qui a donné l’ordre à René Hardy d’aller à la réunion de Caluire alors qu’il n’y était pas invité, à un René Hardy dont il savait pertinemment – pour l’avoir vu, de ses yeux vu – qu’il venait d’être arrêté, puis libéré par Klaus Barbie, dans des conditions plus que douteuses et sans avoir été torturé le moins du monde.

Pour développer davantage la scène politique de cette époque, je reprendrai, en ajoutant les noms avec son accord, la note que Françoise Petitdemange plaçait au bas de l’article qu’elle a publié sur Agoravox le 10 juin 2013 sous le titre « Jean Moulin… 17 juin 1940« .

Elle mérite d’être lue avec la plus grande attention :
« L’homme à l’origine de « l’arrestation de Caluire », et donc de Jean Moulin, se trouvait, non pas dans la maison Dugoujon, mais dans la ville de Lyon. Pierre Bénouville était très bien accueilli à Vichy. La voiture qui le conduisait, ici et là, portait le macaron délivré par le gouvernement de Philippe Pétain et destiné à faciliter, auprès des Allemands, les passages vers la Suisse, notamment.

Pierre Bénouville est entré dans la Résistance, en novembre 1942, quand le vent mauvais commençait à souffler sur les Allemands. Cela ne l’a pas empêché d’écrire dans le journal antisémite « L’Alerte » ; son dernier article ayant été publié en mars 1943…

Par la suite, il n’a cessé de manœuvrer contre certains hommes et certaines femmes de la Résistance, dont Bertie Albrecht, qui n’avaient d’autre tort que d’être, à ses yeux, trop à gauche.
Aussitôt que Pierre Bénouville a eu donné l’ordre qui allait provoquer l’arrestation des membres de l’Armée Secrète, à Caluire, et, élément essentiel, l’arrestation du chef de la Résistance (Jean Moulin), il est parti se marier, de façon très improvisée, à… Toulouse !

Ses manigances se trouvent relatées dans un livre qu’il a écrit, publié en 1946, la guerre à peine terminée : « Le Sacrifice du matin ». Lors de la réédition de ce livre dans les années 1980, certains passages de son texte avaient été… supprimés.

Mission accomplie, de Toulouse, Pierre Bénouville se rendra à Alger, pour y rencontrer le général de Gaulle… »

Le tableau ne serait pas complet, si l’on oubliait de rapporter cette phrase essentielle prononcée également par Pierre Bénouville devant Laure Adler :
« J’avais loué un appartement à Genève qui s’est transformé en bureau central. Sont venus y travailler toutes sortes de gens. Tout ce qui comptait, qui touchait à la Suisse, passait par là. Y compris l’envoyé particulier de François Mitterrand, Bettencourt, qui ne savait pas que cela aboutissait à moi. »

C’est drôle, comme le monde est petit : le voici minuscule!… Même le Mitterrand de la fine équipe Schueller (cf. le magazine « Votre Beauté« , à la Libération), le beau-père d’André Bettencourt et le père de la Liliane du même nom, chez qui s’est rendu le Sarkozy de sinistre mémoire… »

Quand on ajoute qu’en 1995, la réunion de passation du pouvoir présidentiel entre François Mitterrand et Jacques Chirac s’est opérée au domicile même de Pierre Guillain de Bénouville, n’y a-t-il pas là tout un univers qui se dessine ?…

Et de Gaulle, lui-même ?

Pour mieux le percevoir et, en particulier, pour prendre connaissance des raisons politiques profondes qui ont présidé à l’élimination physique de Jean Moulin, on gagnera à se reporter à : http://souverainement.canalblog.com

La boucle sera bouclée : il ne restera plus qu’à approfondir les diverses questions politiques, syndicales, économiques, culturelles, etc., que ce petit bout de retour vers la vérité des documents ne peut manquer de susciter.

Pour ces mêmes documents, une piste : Michel J. CunyFrançoise Petitdemange – « Fallait-il laisser mourir Jean Moulin ? » – Editions Paroles Vives 1994. C’est ici.

Michel J. Cuny

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