7. Les dernières recommandations à l’imprimeur

Sans doute monsieur Bui Dinh Long était-il rentré de son voyage de quinze jours en mai puisque, dans une lettre écrite par Michel et datée du 23, nous récapitulions tous les aspects techniques sur lesquels il fallait veiller lors de la réalisation de notre ouvrage.
« Voici donc “Le feu sous la cendre”. Comme nous l’avons dit lors de notre dernier entretien téléphonique, il s’agit de réaliser une première édition de 2000 exemplaires, dont 500 seront collés (au moyen de cette toile dont vous avez parlé), la possibilité d’utiliser une couture étant réservée pour les 1500 autres.
Au montage, nous joignons un petit carnet qui vous permettra de voir comment l’enchaînement des pages a été prévu. »
[Michel J. Cuny – Françoise Petitdemange, Correspondance, Lyon (1983-1987), Lettre de MJC à monsieur Bui Dinh Long, Lyon, 23 mai 1986.]

Lors de l’édition de chacun de nos livres, il valait mieux que les désagréments du passé reviennent au fil de nos mémoires réunies pour éviter leur répétition dans les éditions suivantes. En effet… côté surprises, nous avions été parfois gâtés. Cette fois, Michel finissait par dire les choses, plutôt désagréables, telles quelles :
« Dans les précédentes impressions, il arrivait que certains livres aient une même page en double ou à l’inverse une page manquante : plus rarement l’ordre des pages pouvait être complètement bouleversé. Cela touchait environ 1/10e des exemplaires au total. Nous avons quelquefois réussi à remédier à ce genre de problèmes, mais pour ce livre cela ne serait sans doute plus possible. »
[Idem.]

En tant que lecteurs et lectrices, il nous arrivait de voir des livres, pourtant édités par des maisons d’édition ayant pignon sur rue, parsemés de pages ou de carnets à l’envers, de pages blanches ayant échappé à l’impression… de pages dont la numérotation avait été bouleversée au montage : en ce dernier cas, le début du livre nous faisait arriver très vite à la fin et la fin nous ramenait au début du livre… Parfois, la vente dans les librairies pouvait se faire “ni vu ni connu”.
Quant à nous qui avions le contact direct avec nos lecteurs et lectrices et qui avons toujours aimé et qui aimons toujours le travail bien fait, il y allait de notre réputation mais aussi de notre vie tout simplement. Que les livres soient invendables et nous serions tous deux bon(ne)s pour un jeûne définitif.

Le premier contact avec un ouvrage se faisant par la couverture, celle-ci est très importante : selon nos goûts plus encore que selon nos finances, nous étions pour la sobriété dans la présentation. De plus, le sujet de notre premier essai ne se prêtait guère à une débauche de couleurs. Et donc…
« La couverture (vernie, avez-vous écrit) sera blanche, le titre et le sous-titre de ce rouge [à cet emplacement, nous avions collé un échantillon de rouge] (qui correspond à celui des “Samedis de mai”) nos noms et prénoms (c’est-à-dire tout le reste) en noir. Même chose pour la tranche (nous vous donnons trois modèles de largeur différente) et pour le dos (où le sous-titre ne figure plus) nous préférons le plus gros possible. »
[Idem. Note : Les mots entre crochets sont de l’auteuse.]

La première couverture de notre premier essai
Le feu sous la cendre
Enquête sur les silences obtenus
par l’enseignement et la psychiatrie

(Éditions Cuny-Petitdemange – 1ère édition, 1986)

Quant aux pages de garde du début et de la fin du livre, Michel ajoutait :
« Les pages précédant l’avant-propos porte la mention : Cet ouvrage ne se trouve………………………………….. écrire à. C’est volontairement que nous n’indiquons pas l’adresse. Elle ne nous est pas encore connue. Nous utiliserons un tampon ultérieurement.
Tout à la fin du livre, l’achevé d’imprimer est éventuellement à compléter par vous. »
[Idem.]
Il est vrai que nous savions qu’après avoir diffusé cet ouvrage auprès de ceux et de celles qui l’avaient demandé sur Lyon et ses environs, nous quitterions la capitale des Gaules mais il est vrai aussi que nous ne savions pas du tout où nous nous installerions.

Les éléments de notre travail étaient autant de pierres constituant l’édifice de notre vie scripturale et de notre vie tout court, il fallait éviter qu’ils ne passent à la corbeille à papier de l’imprimerie, une fois les travaux finis. C’est pourquoi Michel écrivait :
« Nous tenons beaucoup au montage et au petit carnet que nous vous envoyons : le premier nous aura demandé près d’un an de travail, et nous souhaitons vivement pouvoir les reprendre après les travaux d’impression. »
[Idem.]

Après avoir exposé les dernières modalités de paiement des travaux d’impression et de reliure, nous joignions des chèques à la lettre. Et puis… comme dernier rappel…
« Nous comptons beaucoup sur vous tout à la fois pour la qualité du papier (ni trop fin, ni trop épais), pour la réalisation de l’impression et pour la solidité de la reliure. »
[Idem.]

Dès que nous serions en possession des tout premiers exemplaires de cet essai, nous les porterions, d’abord et avant tout, aux souscripteurs et souscriptrices qui s’étaient montré(e)s très patient(e)s :
« Pouvez-vous nous tenir au courant dès que possible de la date de sortie afin que nous prévenions nos souscripteurs et nous organisions pour les retraits qui auront lieu dans les locaux d’une bibliothèque lyonnaise. »
[Idem.]

Enfin, pour rappeler qu’il y allait de notre vie, Michel terminait la lettre par cette simple phrase…
« Avec ce résultat de sept années de travail, nous vous adressons, cher monsieur Bui ainsi qu’à Madame, nos très respectueuses salutations. »
[Idem.]

8. Les dernières modalités de la livraison. Une attente interminable…

Françoise Petitdemange – Michel J. Cuny
21 mai 2021


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