Les engagements pris par Ursula von der Leyen, au nom de l’Europe, dans les Balkans et au-delà, si entente…

Si la Turquie est un allié – plus ou moins difficile – de l’Allemagne, c’est que celle-ci héberge, sur son territoire, un nombre très important de personnes issues de ce pays essentiel par sa position géographique, économique, politique, religieuse, militaire, etc., et ceci, depuis au moins le temps des croisades, quand il avait encore la forme de l’Empire ottoman…

Si nous nous rendons sur le site revueconflits.com (consultation réalisée le 19 mars 2021), nous trouvons un article, signé par Thierry Buron et daté du 19 novembre 2020. Il va nous aider à aligner quelques chiffres très significatifs :
« L’Allemagne est de loin le premier pays d’Europe à population turque de provenance ou d’ascendance immigrée (3 millions). Leur estimation chiffrée est une question compliquée, qui mêle pays d’origine (la Turquie), identités nationales (Turcs, Kurdes et autres minorités de Turquie), et citoyennetés. Il y a en Allemagne des résidents turcs qui ont gardé la nationalité turque (2 millions en 1999, 1,5 million en 2015), d’autres qui ont acquis la citoyenneté allemande (la moitié), d’autres enfin ont la double nationalité (un million peut-être, de manière illégale). » 

Pour peu que le gouvernement turc ait à intervenir, chez lui, avec une certaine rudesse, il est assez clair qu’en Allemagne, la diversité de l’immigration turque pourra devenir un problème pour la paix sociale chez elle… De même, quand les positions diplomatiques de Berlin par rapport à la Turquie paraissent favoriser tel ou tel parti, telle ou telle nationalité au détriment de telle ou telle autre à Ankara…

Et puis, il y a la situation toujours assez compliquée des pays qui sont dans la proximité de ce qui a longtemps été la puissance dominante de la région… Et c’est ici que nous rejoignons le discours du 16 septembre 2020, prononcé par Ursula von der Leyen, et annonçant ce que serait la politique que l’Europe allait faire valoir sous l’autorité de l’ancienne ministre de la Défense de l’Allemagne réunifiée, responsable politique dont nous commençons à comprendre qu’elle risque de heurter quelques âmes sensibles…

Tournons-nous une nouvelle fois vers Thierry Buron :
« Première minorité d’origine étrangère dans le pays, les Turcs d’Allemagne ont une position particulière. Ils constituent la diaspora d’un État, la Turquie, en pleine mutation islamiste et nationaliste, et en pleine expansion géopolitique au Proche-Orient et en Méditerranée. »

Voici ce qui concerne tout spécialement la France… Quant à ce qu’en tant qu’Allemande la présidente de la Commission européenne ne peut absolument pas perdre de vue, c’est ce que Thierry Buron nous indique ici :
D’un autre côté, ils sont loin de constituer une communauté homogène, divisés qu’ils sont aux plans religieux, social, mental et politique, et plus ou moins désireux ou capables, soit de s’intégrer ou de s’assimiler, soit de vivre en une communauté séparée dans leur pays d’accueil. Autant de problèmes qui se retrouvent dans d’autres populations immigrées dans les pays d’Europe occidentale, avec la différence qu’ils concernent la première puissance de l’UE et un pays dynamique ambitionnant de récupérer une part de la puissance de l’ancien Empire ottoman. »

Toutefois, du fait de ses nouvelles fonctions européennes, Ursula von der Leyen s’exprime bien au-delà de la seule politique allemande… Voici ce qu’elle aura affirmé le 16 septembre 2020 à la tribune du Parlement européen, tandis que la Turquie ne peut plus guère entretenir d’illusion quant à son éventuelle intégration au sein d’une Union européenne qui, autrefois, lui aura pourtant fait les yeux doux… sous condition…
« Il y a six mois, la décision d’ouvrir des négociations d’adhésion avec l’Albanie et la Macédoine du Nord a réellement été historique. »

Mais ce ne serait encore qu’un début…
« En effet, l’avenir de toute cette région est bien dans l’UE. Nous partageons la même histoire et la même destinée. » 

Il est vrai que, jusqu’à cet endroit de son discours, nous pourrions croire que c’est bien la Turquie qui est visée ici… Ce serait une erreur… Ursula – comme à son habitude, pourrait-on dire – vise bien plus loin, et nous allons le vérifier aussitôt :
« Les Balkans occidentaux font partie de l’Europe, ils ne sont pas seulement une escale sur la route de la soie. » 

Et voici le fantôme de la… Chine !… L’abominable Chine !…

Eh bien, l’Europe – à moins que ce ne soit l’Allemagne – l’attend de pied ferme…
« Nous présenterons bientôt un plan de relance économique pour les Balkans occidentaux, axé sur un certain nombre d’initiatives régionales d’investissement. » 

Cependant, la Turquie elle-même aurait tort de désespérer de l’Allemagne… euh, je veux dire de l’Europe, puisque, s’agissant d’investissements, Ursula peut l’annoncer dès maintenant – au nom de qui on voudra…
« Et nous serons également présents pour les pays du partenariat oriental et pour nos partenaires dans le voisinage méridional, afin de les aider à créer des emplois et à relancer leurs économies. »

…tout en ramassant quelques profits, gages des investissements futurs pour ces pays qui auront su reconnaître une dette qui ne sera pas que morale… 

Michel J. Cuny

L’article suivant est ici.

Pour revenir au début de cette série d’articles, c’est ici.


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