Le contenu de la diplomatie planétaire voulue par Ursula von der Leyen au nom de l’Europe…

Nous sommes prévenu(e)s : selon la présidente de la Commission de Bruxelles, Ursula von der Leyen, l’Europe est prête à faire sentir son poids un peu partout dans le monde entier sitôt que les résultats électoraux ne lui paraîtraient pas répondre aux vrais critères de la démocratie… dont nous verrons plus tard comment l’ « économie sociale de marché » d’origine allemande – que la présidente a inscrite au patrimoine de l’Europe entière – en définit le premier critère…

En ce qui concerne la Russie et la Chine, il paraît que l’opposition de l’Europe pourrait se contenter d’être tout simplement bête et brutale… Tout ce qui émane de ces deux pays est fondamentalement critiquable… Inutile d’entrer dans des détails qui ne feraient que nous embrouiller…

Par contre, devant le Parlement européen, Ursula von der Leyen aura déclaré le 16 septembre 2020…
« Nous ne sommes peut-être pas toujours d’accord avec les décisions récentes de la Maison-Blanche. Mais nous chérirons toujours l’alliance transatlantique — fondée sur des valeurs et une histoire communes, et sur un lien indéfectible entre nos peuples. » 

Ici, il paraît ne plus y avoir aucun calcul : il s’agit tout simplement… d’amour, d’un amour qui ne saurait jamais se reprendre… et même tant que la présidence Trump serait là pour ne pas faire le moindre cadeau à l’Europe…
« Quoi qu’il arrive à la fin de cette année, nous sommes donc prêts à élaborer un nouvel agenda transatlantique pour renforcer notre partenariat bilatéral – que ce soit dans le domaine du commerce, de la technologie ou de la fiscalité. » 

De même en présence du Brexit, selon ce qu’il paraissait en mesure de produire à ce moment précis de l’Histoire :
« Nous devons prendre un nouveau départ avec de vieux amis – de part et d’autre de l’Atlantique et de part et d’autre de la Manche. » 

Mais c’est encore une affaire de cœur, tout simplement :
« La scène qui s’est déroulée dans ce même hémicycle, quand nous nous sommes dit au revoir sur la mélodie de « Ce n’est qu’un au revoir » en nous tenant par la main, était éloquente. Elle montrait que l’affection portée au peuple britannique ne faiblira jamais. » 

Venons-en maintenant à l’un des dossiers les plus chauds de l’Europe d’aujourd’hui et de celle d’hier, pour ne pas dire d’avant-hier… puisque cela pourrait exiger de nous faire remonter au moins à l’époque des croisades… et notamment de la toute première, démarrée en France sous l’impulsion de Pierre l’Ermite. Elle se sera étendue de 1096 à 1099… Rafraîchissement de mémoire qui ne saurait rester anecdotique…

Mais, avec Ursula, il nous faut déjà revenir à 2020 :
« La Turquie est un voisin important et le sera toujours. Mais si nous sommes géographiquement proches, la distance entre nous semble ne cesser de croître. » 

Autrement dit : cela va plutôt mal… et peut-être même : de mal en pis… Mais ce qui n’est pas dit, c’est qu’il s’agit là d’une suite très logique de l’attaque portée en 2011 contre la Libye de Muammar Gaddhafi par un certain Sarkozy de France, et de l’implication ultérieure, dans la guerre de Syrie, d’un certain Hollande, de France, encore :
« Oui, la Turquie se situe dans une région qui connaît des troubles. Et oui, elle reçoit des millions de réfugiés, pour l’accueil desquels nous versons une aide financière considérable. Mais rien de tout cela ne justifie les tentatives d’intimidation de ses voisins. » 

La traduction paraît laisser un doute à propos duquel il ne faut cependant pas se mettre en situation d’hésiter… C’est bien la Turquie qui essaie d’intimider… l’Europe elle-même… Par conséquent…
« Nos États membres, Chypre et la Grèce, pourront toujours compter sur une solidarité totale de l’Europe pour protéger leurs droits légitimes en matière de souveraineté. » 

Est-ce si sûr ?… L’Histoire – même plutôt récente – de cette région n’est-elle pas là pour démontrer ce que peut valoir la « solidarité » de certains pays européens… impérialistes… à l’égard d’un pays comme la Grèce, par exemple ?…

Cependant, s’il s’agit de s’enquérir de ce que l’ancienne ministre de la Défense de l’Allemagne a en tête sur la question turque, il vaut mieux ne pas perdre de vue toute la douceur qui lui vient ici déjà à la lèvre :
« La désescalade en Méditerranée orientale est dans notre intérêt mutuel. À cet égard, le retour des navires d’exploration vers les ports turcs ces derniers jours est une étape dans la bonne direction. Il était nécessaire pour créer l’espace indispensable au dialogue. Il n’y a qu’une voie à suivre : se garder d’agir unilatéralement et reprendre les pourparlers en toute bonne foi, car c’est la voie qui mène vers la stabilité et les solutions durables. » 

En effet, si l’Europe – et tout spécialement dans cette partie-là de la géographie – n’est que le masque derrière lequel s’exprime une Allemagne qui peut s’y faire d’autant plus discrète, ne faudrait-il pas – pour bien entendre ce que dit Ursula von der Leyen – lire « Allemagne » au lieu d’ « Europe » dans la phrase que voici :
« L’Europe doit réagir de manière plus ferme aux événements qui se déroulent sur la scène internationale, mais elle doit aussi approfondir et améliorer ses partenariats avec ses amis et alliés. » 

…dont la Turquie… et n’en déplaise à la France !…

C’est dans cette tonalité qu’il vaudra mieux lire ce qui va suivre.

Michel J. Cuny

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