IV. 42 – Ah ! Le capitalisme adoré qui permet aux un(e)s de faire fortune, aux autres de travailler et de tendre la langue

Le capital sans le travail…

IV. 42 – Ah ! Le capitalisme adoré
qui permet aux un(e)s de faire fortune,
aux autres de travailler et de tendre la langue

(3ème partie / 6)

Après une pause, le débat reprend au « Club de la Presse » (radio Europe 1)…

Nicolas Poincaré : « Et vous nous disiez, Hala Kodmani, que fallait pas se réjouir trop tôt des revers militaires que semble subir Daesh sur le terrain. On a parlé de de la ville de Palmyre que l’armée de Bachar El Assad est en train de reprendre. On n’a pas parlé de la ville de Mossoul en Irak qui est quand même la plus grande ville contrôlée par Daesh et et qui est aussi heu attaquée. Est-ce que vous savez, dans ces zones tenues par Daesh – vous, vous avez accès à un certain nombre d’informations – est-ce que vous savez comment on a vécu les différents attentats, en particulier les les attentats de Bruxelles, avant-hier ? »

Hala Kodmani : « Bon ! ça a été suivi, mais bon ! Les gens suivent beaucoup l’actualité en général, hein ? Heu… Il est certain que, de voir quelque part que ça arrive même en Europe, non pas que ça les tranquillise, non. Mais, heu…, ils se disent : « C’est. » Ça rend Daesh encore plus puissant. C’est-à-dire, ça fait la pression de la peur et de la et de la et de la terreur qu’ils vivent au quotidien, eux, est rendue, encore, bon ! Et tout d’un coup, oh la la, ils arrivent même à faire un un attentat à Bruxelles, des attentats à Bruxelles. Heu… »

Il est difficile de suivre la journaliste sur ce terrain-là… De plus, elle ne dit pas quelle population vit dans les « zones tenues par Daesh ».

Nicolas Poincaré : « Et, et du côté de Damas, du côté des gens qui sont proches de de Bachar El Assad, est-ce qu’on se dit : ça diabolise notre ennemi. (Hala Kodmani : Ah !) Plus notre ennemi fait des attentats, mieux c’est pour nous ? »

Certaines personnes disent que Bachar El Assad ne combat pas Daesh. Or, à travers ce que dit Nicolas Poincaré, il est difficile de croire à cette collusion entre l’armée syrienne et les groupes de Daesh.

Hala Kodmani : « Complètement ! Ça, c’est exactement la réaction. C’est : « Voilà ! Encore une fois, vous voyez, vous n’avez pas voulu de nous, et c’est là, c’est pour ça que… Voilà, vous subissez toutes les conséquences. » Ah oui ! Robert Namias ou Olivier Duhamel : « C’est idéologique. ») Complètement. Capitalisme, là-dessus. On, enfin, tous les médias, heu, du régime, sont (vraiment pas en passe) de se réjouir, mais enfin de dire : « Bon, ben, voilà, hein. On vous l’avait bien dit. ». »

Que vient faire, tout soudainement, le « Capitalisme » dans ce débat ? Emportée par sa logorrhée, Hala Kodmani confirme que les guerres des puissances occidentalo-golfico-sioniste sont bien des guerres de classes.
Après avoir mené des guerres politico-économico-militaires contre les États socialistes qui se trouvaient dans l’URSS (Union des Républiques Socialistes Soviétiques) ou proches de l’URSS, les États capitalistes font la guerre aux États arabes… et, notamment, aux peuples arabes pour les protéger en les tuant, en les blessant, en les poussant à fuir leur pays. Derrière les prétextes avancés – dont celui de les protéger de leur « dictateur » en leur envoyant des bombes sur la tête – c’est le socialisme en général, et le Parti Baas en particulier, qui sont visés ; le Parti Baas dont la devise est « Waḥdah, Ḥurīyah, Ištarākīyah » « Unité, Liberté, Socialisme » (Unité panarabe, Liberté souveraine à l’égard des intérêts politico-économiques capitalistes occidentaux, socialisme arabe). Cf. Les guerres contre la République d’Irak et Saddam Hussein du Parti Baas, la guerre contre la République Arabe Syrienne et Bachar El Assad du Parti Baas… la guerre contre la Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire Socialiste ou État des masses et le Guide révolutionnaire Muammar Gaddhafi.
Pour le capitalisme, idéologie de la grande bourgeoisie des affaires et de la finance, le socialisme est inacceptable et dangereux : qu’en serait-il de l’exploitation de l’être humain par l’être humain, qui permet au capital de se nourrir grassement de la plus-value faite sur le travail, si les peuples se mettaient, à l’instar du peuple libyen durant l’époque révolutionnaire de 1969 à 2011, à prendre leur destin politique et économique en mains ?

Olivier Duhamel : « Mais qu’est-ce, que diriez-vous aux Français qui disent, qui pensent : « Mais, avant, y avait certain dictateur mais le pays était pas ravagé ; il était heu sous la coupe d’une dictature mais il n’était pas ravagé. Y avait pas des millions de Syriens obligés de quitter leur pays, y avait pas des millions et des millions de réfugiés qui veulent venir en Europe. Et y avait pas autant de vagues d’attentats terroristes. Donc, pourquoi diable, s’en est-on pris à Bachar El Assad ? » Est-ce que vous dites aux gens : « Finalement, c’est mieux une dictature que, heu…, le désastre de ce qu’on a fait quand on a voulu la renverser ? ». »

Arlette Chabot : « Y a pas que pour la Syrie (Hala Kodmani : « Ben. »), ça s’applique, pardon, je complète, mais ça s’applique à la Libye, ça s’applique à beaucoup d’autres pays, heu… ?? : « Voire à l’Irak, voire à l’Irak ») Une dictature a succédé, l’Irak, l’Égypte. Il y a une autre dictature qui a succédé, enfin… »

Hala Kodmani : « Est-ce que… Bon ! D’abord, ce sont des populations de ces pays n’ont pas pensé aux réfugiés qui iraient heu gêner les l’Europe, hein. Heu… Les populations de ces pays ne voulaient plus la dictature. C’est quand même les peupl au peuple (en riant légèrement) de de se prononcer. Et puis, toutes ces destructions, tout ce qui s’est passé, tout ce désarroi, ça vient quand même de la réaction, justement, de Bachar El Assad. C’est quand même lui qui a tiré sur les premiers manifestants. C’est quand même lui qui bombarde depuis trois-quatre ans heu par tous les moyens, par heu par l’aviation, par des toutes les villes, qui a détruit Homs, qui a détruit Alep, qui a détruit. Y a. Faut pas rendre, heu, inverser le problème. Et dire : « C’est la ». Parce que vous avez demandé heu… d’ la démocratie, ben voilà, quoi, il valait mieux ne pas la demander parce que, maintenant, on a des réfugiés qui nous embêtent. (Arlette Chabot : « Alors, parlons… Pardon, pardon. ») Ou des terroristes qui viennent heu (en riant un peu) vous menacer. »

Mme Kodmani affirme : « Les populations de ces pays ne voulaient plus la dictature. » Or, si les populations ne voulaient plus, comme elle dit, « la dictature », elles pouvaient, ou voter contre Bachar El Assad ou bouder les urnes en signe de protestation, ou émigrer en masse. Or, la population syrienne, hormis la frange opposante, a voté pour Bachar El Assad, en juillet 2000, et elle a de nouveau voté pour lui en mai 2007 et en juin 2014, et Mme Kodmani le sait très bien. D’ailleurs, lorsqu’elle dit avec impudence… « C’est quand même les peupl au peuple de de se prononcer », elle laisse échapper un rire nerveux.
Bien sûr, pour certaines personnes, quand le peuple vote mal, les résultats de son vote sont niés et, même, bafoués. (Cela a été expérimenté après le 29 mai 2005, en France… Les Français(e)s ayant “mal voté” lors du référendum « pour ou contre le traité constitutionnel européen », le parlement français a ratifié, le 8 février 2008, ce traité, contre le vote des Français(e)s.)
En Syrie, comme en Libye, c’est une partie de la bourgeoisie moyenne, non exilée et exilée, qui voudrait un changement de régime pour instaurer, non pas une démocratie, mais une oligarchie, ce qui lui permettrait d’avoir le pouvoir entre ses seules mains et d’imposer le capitalisme et les lois du marché à la majorité de la population.

Arlette Chabot : « Est-ce qu’il y a un sentiment très fort qui reste chez les Syriens qui partent. Heu… Ils ont – question stupide mais qui mérite d’être posée – ils n’ont qu’une envie, c’est de revenir s’installer en Syrie ? reconstruire leur pays ? »

Hala Kodmani : Ben, il faut savoir (Arlette Chabot : « C’est une solution provisoire pour eux ou pas de solution. ») Pourquoi ? Pourquoi, heu, depuis cinq ans que dure la guerre, c’est seulement l’été dernier qu’il y a eu un tel afflux de réfugiés. C’est que, jusque-là, les déplacés, les réfugiés sont allés au Liban, sont allés en Turquie, sont allés en Jordanie, avec – et je connais toutes mes familles – mais l’idée en tête : dès que ça se calme, on revient ; dès que on peut rentrer, on rentre. Heu… (Olivier Duhamel ? : « Un exil très provisoire, quoi. » Arlette Chabot : « C’était provisoire. ») Voilà ! Et tout le monde attend ça. (Nicolas Poincaré : « Et, qu’est-ce qui s’est passé, que ça ne s’est pas fait. » Arlette Chabot : « Qu’est-ce qui s’est passé pour que ça ait changé, oui ? ») Ce qui s’est passé, c’est que on voyait le pays s’enfoncer, heu, que ceux qui avaient une maison, ils ne pouvaient plus y retourner parce qu’elle n’existait plus, heu, que, entre les bombardements du régime, Daesh qui s’implantait, etc., on ne, y a plus d’horizon, on ne voyait pas non plus de solution politique qui se mettait en place, on voyait pas le monde réagir de façon cohérente pour. Y avait pas d’horizon, c’est tout simplement… (Arlette Chabot : « C’est le désespoir. ») Je veux un horizon. Tous ces gens sont. Exactement ! (?? : « Oui, mais alors, maintenant… »)

Une partie de la bourgeoisie moyenne, en Syrie comme en Libye, qui est restée dans le pays ou qui s’est exilée en espérant revenir très rapidement dans le pays, rêve, depuis des décennies, de capitalisme : quoi de plus exaltant, pour cette bourgeoisie moyenne, que de faire le lit d’une grande bourgeoisie internationale qui lui permettrait, à elle, de recueillir une partie des fruits de l’exploitation du travail des peuples. En Libye et en Syrie, la bourgeoisie moyenne a cru, en 2011, que le monde occidental allait renverser, d’une pichenette, l’État des masses né de la Révolution du 1er Septembre 1969 en Libye, et Bachar El Assad et le gouvernement légal en Syrie, sans dégâts pour… ses biens et son petit confort.

Arlette Chabot : « C’est le désespoir total qui les amène, y compris à se dire qu’ils peuvent s’installer en Europe ou partir, demain, aux États-Unis, en Australie. »

Hala Kodmani : « On a désespéré. On peut plus, heu… Il vaut mieux partir maintenant, heu…, mettre nos enfants à l’école, à l’abri, heu…, en sécurité et avoir les moyens de vivre aussi. »

Bien sûr, c’est la partie de la bourgeoisie moyenne, avide de renverser le président Bachar El Assad et le gouvernement de la République Arabe Syrienne, qui, voyant le désastre qu’elle a semé, a pris le chemin de l’Europe avec ou sans ses économies. Et c’est la majorité de la population qui, pour des raisons financières ou éthiques, se trouve sous les bombes des adversaires du président élu et réélu.

La guerre occidentalo-golfico-sioniste
pour protéger le peuple syrien

Suite : IV. 43 – « Mais, enfin, on croyait que parce qu’on réclamait la démocratie, on allait être soutenus par les démocraties. »

Françoise Petitdemange
13 avril 2017

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