15. L’hénothéisme au temps des grands villages ou des premières cités

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Les grands villages ou les premières cités – image Jean-Claude Convert

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L’hénothéisme au temps
des grands villages ou des premières cités

L’hénothéisme (du grec : hen = un, theos = dieu) permet, à chaque tribu, chaque peuple, de révérer un dieu sans exclure l’existence d’autres dieux. Le polythéisme (du grec : polus = nombreux, theos = dieu) admet plusieurs dieux, comme dans l’antiquité grecque et romaine, contrairement au monothéisme (du grec : monos = seul, theos = dieu) qui n’accepte qu’un Dieu, universel et unique, à l’exclusion d’autres dieux, dans les religions juive, chrétienne, et, bientôt, musulmane…

L’hénothéisme existe depuis des temps immémoriaux qui renvoient aux premiers humains qui célébraient le soleil, la lune, les étoiles, le ciel, la terre, l’air (le vent notamment), l’eau (de pluie surtout), le feu… et tant d’autres forces de l’univers qui les entouraient et qui leur étaient nécessaires pour vivre et se déplacer. Il est à l’origine de toutes les religions.

Du Xème millénaire avant J.-C. jusqu’à Jésus-Christ, de grands villages néolithiques (les premières cités ?) se sont développé(e)s à proximité des mers, des grands fleuves ou des sources, au carrefour des routes commerciales caravanières importantes. Chaque cité avait son dieu ou/et sa déesse : Jéricho en Mésopotamie (actuelle Palestine), dix millénaires avant J.-C., tenait son nom de la lune et lui vouait un culte ; Çatal Hüyük en Anatolie (actuelle Turquie), entre le VIIème et le VIème millénaires avant J.-C., était une cité où lieux d’habitation et lieux sacrés, vivants et morts n’étaient pas séparés ; Uruk en Basse Mésopotamie (actuelle Warka, située dans le sud de l’Irak, entre Bagdad et Basra), entre le IVème et le IIIème millénaires avant J.-C., avait érigé des temples dont l’Eanna (Temple du Ciel) consacré à la déesse Ishtar, déesse de l’Amour et de la Fécondité et le Temple blanc d’Anu ou An, dieu du Ciel et de la pluie… Et puis, il y eut Ur, Eridu, Lagash, Nippur, Kish, Assur, Khafadje, Mari, à partir du IIIème millénaire avant J.-C. [Éléments repris du texte intitulé Histoire et théorie de l’architecture I, 3 – La Mésopotamie, Université Saint-Esprit de Kaslik – Faculté des Beaux-Arts et des Arts appliqués.] Babylone, en Mésopotamie (à 100 km au sud de l’actuelle Bagdad, près de Hilla, en Irak), IIème millénaire – VIème siècle avant J.-C., avait sa Ziggurat (édifice religieux, à la forme pyramidale, constitué de marches, et au sommet duquel se trouvait un temple)… et son dieu, Marduk ou Amar utu.

Traversant les millénaires, le polythéisme et le monothéisme, la tradition hénothéiste s’est maintenue dans cette vaste région qui comprend l’Arabie et ses alentours. La culture des tribus arabes continua de s’appuyer sur cette tradition permettant à chaque tribu d’avoir un dieu.

Certains dieux de l’hénothéisme se retrouvent d’une religion à une autre… Les tribus arabes rendaient un culte au dieu lunaire, la lune (Al-Qamar, قمر qui est du masculin), à la déesse solaire : le soleil (Ash-Shams, شمس qui est du féminin)… à l’étoile (Al-Najma نجمة) et au croissant (Al-Hilâl هلال), d’où ces deux symboles – croissant et étoile – très présents dans certains pays arabes d’avant comme d’après l’Islam. Les Djinns (bons ou mauvais esprits…) avaient une influence sur l’humain, sur la famille, sur la tribu.

À la période préislamique, l’hénothéisme, qui existait un peu partout dans le monde, avait cours dans le Proche et Moyen Orient, notamment dans la Péninsule arabique, où il se répandait dans toute la région du Hedjaz. Chaque tribu célébrait une divinité différente de celles des autres tribus. Représentées par des statuettes, ces divinités, objets de cultes, qui, au nombre de 360, évoquaient les 360 jours de l’année, les 360 degrés d’un cercle, se trouvaient au sanctuaire le plus important de la Péninsule arabique, à la Kaaba de La Mecque. Des sanctuaires, similaires à la Kaaba, eux aussi cuboïdes, qui accueillaient les objets sacrés et vers lesquels convergeaient les pèlerins faisant Al-ḥajj, حَجّ, (le pèlerinage), avaient été érigés dans la région du Hedjaz, dans d’autres villes de la Péninsule arabique. De même, il en existait en Iran, en Afghanistan

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Françoise Petitdemange
9 décembre 2016

Suite : 16. Le polythéisme dans le monde gréco-romain

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