1 – Du droit des Etats africains et du rapport de forces bête et brutal des Etats impérialistes

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Du droit des États africains
et du rapport de forces bête et brutal
des États impérialistes

En juin 1998, les chefs des États africains, réunis pour une Conférence de l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine) qui se tenait à Ouagadougou (Burkina Faso), décidaient de ne plus respecter les sanctions que le Conseil de sécurité de l’ONU (Organisation des Nations Unies) imposait à la Libye et leur imposait par voie de conséquence.

Les 2 et 3 septembre, les dirigeants du MN-A (Mouvement des Non-Alignés), lors de leur Sommet à Durban (Afrique du Sud), incitaient fermement les pays anglo-saxons à engager, sous l’égide de l’ONU, des pourparlers avec la Libye pour régler la question de deux ressortissants libyens accusés, à tort, d’avoir participé dix ans plus tôt, le 21 décembre 1988, à l’attentat de Lockerbie, en Écosse.

Après ces Sommets, plusieurs chefs d’États africains, qui devaient se rendre dans la Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire Socialiste à l’occasion du 29ème anniversaire de la Révolution du 1er Septembre 1969, violaient l’embargo onusien qui interdisait, de façon dictatoriale, à tout avion de décoller de la Libye ou d’atterrir en Libye, afin d’empêcher tout trafic aérien dans le but de porter un coup fatal à l’économie de la Jamahiriya et des pays qui avaient des relations avec elle. Muammar Gaddhafi devait saluer, dans son discours d’ouverture des festivités, le courage des chefs d’États africains et la couardise des chefs d’États arabes.

Il est regrettable qu’en 2011, les chefs des États africains n’aient pas eu le courage de braver toutes les menaces proférées – y compris par Nicolas Sarkozy – contre eux dans le but de les empêcher de porter secours à la Libye et, même, de se rendre en France pour plaider la cause de la Libye.

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L’UA (Union Africaine)

Un événement est sûr… À partir de ce moment crucial de 1998 pour la Libye, le peuple libyen a regardé davantage vers les autres pays africains que vers les pays arabes. Un an plus tard, les 8 et 9 septembre 1999, Muammar Gaddhafi, qui venait de lancer l’Appel de Syrte, accueillait 43 chefs d’États, sur 53, qui avaient répondu à l’Appel. Il était alors question de contruire l’UA (Union Africaine) sur les vestiges de l’OUA.

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Drapeau de l’UA (Union Africaine)

Le Préambule de la Charte du 9 septembre 1999 énonce les principes qui devraient trouver leur réalisation dans les années suivantes :
« [L]’égalité entre les États membres de l’Union,
– l’autorité entre les mains des peuples,
– l’engagement de mettre en œuvre les politiques de l’Union africaine de bonne foi ; tout État contrevenant se plie aux sanctions décidées par le Congrès [africain],
– l’union s’engage à défendre le continent sur terre, mer et dans les airs,
– le règlement des différends surgissant entre les États membres par les moyens appropriés en accord avec les décisions du Congrès,
– l’interdiction d’user ou de menacer d’user de la force entre les États membres ou/et de manière à mettre en péril la paix et la sécurité africaines,
– le droit de tout État membre de demander le secours de l’Union africaine et le droit de celle-ci à intervenir sur la demande du Congrès, en vue de restaurer la paix et la sécurité dans tout État membre incapable de demander secours à l’Union,

– l’auto-dépendance collective dans le cadre de l’Union en matière de politique de défense, de sécurité, d’économie et de culture. » [Déclaration de Syrte, 9 septembre 1999, cité par Françoise Petitdemange (moi-même), dans l’ouvrage La Libye révolutionnaire dans le monde (1969-2011), Éditions Paroles Vives 2011, pages 373-374.]

D’où il ressort qu’en 2011, la France, la Grande-Bretagne et tout autre État européen, ainsi que les États-Unis, n’étaient qualifiés par l’Union Africaine ni pour intervenir dans les affaires intérieures de la Libye, ni pour s’occuper des affaires extérieures des autres États africains, ni pour s’immiscer dans les affaires de l’Union Africaine. Ceci est vrai aussi pour les interventions militaires dans les autres États africains et dans les États arabes comme dans tous les autres États du monde qui ne sont pas européens et états-uniens.

Le droit d’intervenir qu’ils se sont eux-mêmes octroyé n’est rien d’autre que le rapport de forces le plus brutal contre le peuple libyen et les autres peuples africains venus en toute légalité au secours de la Jamahiriya attaquée par les forces de la communauté dite internationale qui se résume à quelques pays seulement : France, Grande-Bretagne, États-Unis.

Françoise Petitdemange
7 novembre 2016

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