Le bolchevisme pulvérisé sous le poids de l’Holocauste

Occupés à publier le Journal de l’idéologue nazi Alfred Rosenberg, MM. Matthäus et Bajohr, respectivement rattachés au Musée Mémorial de l’Holocauste à Washington et au Centre des Études sur l’Holocauste à Munich, nous ont montré, à travers l’Introduction d’une centaine de pages et les documents annexés, que les deux parts du « judéo-bochevisme » étaient indissociables autant dans les écrits de l’auteur considéré que dans les crimes qui en ont été la conséquence.

Cependant MM. Matthäus et Bajohr avaient, par ailleurs, indiqué leur intention de procéder plus particulièrement à « la reconstitution et la réévaluation du rôle joué par Rosenberg dans le régime nazi pendant la phase où celui-ci passa, au cours de l’année 1941, de la persécution des Juifs à leur destruction systématique« . S’agissait-il de donner un petit coup de pouce au plateau situé à gauche de la balance « judéo-bolchevique » ?

Parvenus à cet endroit de notre analyse, nous pouvons en douter. Tout a été jusqu’à présent parfaitement équilibré.

Or – je l’ai déjà indiqué – de la page 27 à la page 37, le texte de l’Introduction est placé sous cet intitulé : Le destin des carnets après 1945. Nous y lisons ceci :
« […] c’est seulement en décembre 2013, lorsque les pages originales jusque-là inaccessibles du Journal de Rosenberg furent déposées au musée-mémorial de l’Holocauste à Washington (USHMM), et simultanément publiées sur le site Internet du musée, que s’achevèrent les décennies de recherche de cette source. » (page 27)

Que se sera-t-il donc passé durant près de soixante-dix ans ?

Pour répondre à cette intéressante question, MM. Matthäus et Bajohr font intervenir un personnage dont nous ne savons tout d’abord que penser… de son rôle à l’occasion du procès de Nuremberg :
« Le Dr. Robert Kempner faisait partie de l’équipe chargée de l’accusation. En tant qu’ancien administrateur ministériel prussien mis à pied par les nazis, il était parfaitement familier du fonctionnement et des usages de la haute administration allemande, et fut aussi, après le procès principal à Nuremberg, le principal accusateur dans le procès des hauts fonctionnaires, celui dit « de la Wilhelmstrasse« . (page 28)

Une note complète notre information :
« […] il émigra après 1933 aux États-Unis où il devint conseiller du gouvernement américain et professeur d’université […]. » (page 97)

Jusque-là, il n’y a rien à dire… Même si un certain malaise commence déjà à pointer le bout du nez.

Et c’est alors que l’armoire à documents nous tombe sur la tête, du fait des propos suivants de MM. Matthäus et Bajohr :
« Dans les années 1950 et 1960, le nom de Robert Kempner demeurait associé en partie aux procès de Nuremberg, procès ayant produit un énorme fonds de sources et de documents ; mais il était soupçonné de s’être emparé de dossiers de façon illégitime. » (pages 31-32)

Ce qui ne l’a pas empêché, ainsi qu’une autre partie de la note précédemment citée nous le fait savoir, d’être désigné comme « expert au procès d’Eichmann » qui eut lieu à Jérusalem d’avril à décembre 1961.

Or, le trésor détenu par ce cher monsieur n’était pas tout petit, nous dit une note de la page 99, puisque, aujourd’hui, à l’intérieur même du Musée Mémorial de l’Holocauste…
« Le fonds Kempner du USHMMA (RG-71) couvre plus de 120 mètres linéaires. »

Encore n’était-ce plus qu’un vestige, puisque, si nous le voyons arriver au printemps 2001…

« […] jusque-là, nous disent MM. Matthäus et Bajohr, des personnes non qualifiées avaient eu tout loisir de continuer à l’éparpiller. » (page 34)

Ce qui est bien naturel…

Et il faudrait attendre douze ans encore (2013) pour débusquer le Journal de Rosenberg… et le remettre au musée de l’Holocauste de Washington qui va pouvoir l’utiliser comme nous allons voir maintenant qu’il faut reconnaître à ces deux messieurs d’éminentes qualités de… truqueurs.

C’est qu’en effet, l’Introduction comporte un truc qui n’est peut-être pas d’un autre registre que celui par lequel le Dr. Kempner a « amélioré » les documents du procès de Nuremberg dont il s’était emparé.

Ainsi, dans l’Introduction, en dehors des passages qui montrent, comme je l’ai très largement souligné, que, chez Alfred Rosenberg, il est impossible de séparer les deux parties du « judéo-bolchevisme » qui est la clé principale pour comprendre les quelque dizaines de millions de morts de la Seconde Guerre mondiale, il y a une progressive efflorescence de l’ensemble des termes qui rejoignent la problématique juive : antisémitisme, Juif, sionisme, antijuifs, etc., tandis qu’il y a une absence totale de tout ce qui pourrait évoquer directement le bolchevisme.

Au départ, le processus n’est que très léger. Ainsi, à la page 9, qui est la première de l’Introduction, après que s’achève le passage qui évoque la domination judéo-bolchevique et qu’ensuite plus rien ne rappelle le bolchevisme ni les termes qui pourraient s’y rattacher, nous repérons les mots : antisémitisme, Juif, Talmud, Sionisme, juive, antijuifs. (6)

Appliquant, de page en page, le même procédé de sélection des termes à connotation juive, alors que, jamais, n’apparaissent celles qui seraient à connotation bolchevique, communiste, etc., nous découvrons les séries suivantes :
– de la page 10 à la page 15 : Juifs, question juive, juifs, Juifs, Juifs, solution finale, solution finale ; (7)
– de la page 16 à la page 20 : question juive, Juifs, judaïsme, Juifs, péril juif, solution finale, juiverie ; (7)
– de la page 21 à la page 25 : Juifs, antisémites, antisémite, antisémites, question juive, Juif, judaïsme, solution finale, holocauste, Juifs, holocauste, Juifs, juiverie ; (12)

Ici, la série s’interrompt : il s’agit de la dizaine de pages (27 à 37) qui sont consacrées au « destin des carnets après 1945« . Voyons la suite :
– de la page 39 à la page 45 : Juifs, Juif, Juifs, Juifs, Juif, judéo-syriaque, demi-Juifs, antijuives, Juifs, Juif, demi-Juifs, Juifs, Juifs, antijuive, question juive, Juif, judéophile, réserve juive, Juifs, sioniste, pouvoir juif, question juive, solution finale, juifs, question juive, Juifs, question juive, Juifs, judaïsme, juifs, Juifs, question juive, question juive, juif, Juifs ; (35)
–  de la page 46 à la page 50 : Juifs, solution de la question juive, question juive, question juive, question juive, Juif, question juive, Juif, solution de la question juive, juif, juive, Juifs, solution finale, Juifs, Juifs, Juifs, juifs, Juifs, Juifs, Juifs ; (20)
– de la page 51 à la page 55 : solution finale de la question juive, juiverie, question juive, Juifs, Juifs, question juive, Juifs, Juifs, question juive, Juifs, question juive, Juifs, déjudaïsation ; (13)
– de la page 56 à la page 60 : solution finale, solution finale, question juive ; (3)

– de la page 61 à la page 65 : Juifs, Juifs, question juive, Juifs, Juifs, Juifs, Juifs, question juive, question juive, Juifs, question juive, solution finale de la question juive, question juive, solution définitive de la question juive, question juive, antijuifs, question juive ; (17)
– de la page 66 à la page 70 : Juifs, holocaustes, antijuives, Juifs, Juifs, solution finale de la question juive, Juifs, Juifs, question juive, Juifs, solution finale, Juifs, juives, question juive, Juifs, Juifs, Juif, Juifs, question juive, question juive, Juifs, Juifs, Juifs, juive, question juive, question juive, solution définitive de la question juive, Juifs ; (28)
– de la page 71 à la page 75 : solution finale, juifs, solution finale, question juive, antijuives, question juive, question juive, Juifs, Juifs, Juifs, question juive, déjudaïsation, Juifs, juif, Juifs, solution finale, Juifs, Juifs, Juifs, Juifs, Juifs, Juifs, Juifs, Juifs, Juifs, Juifs, Juifs, questions juives, Juifs, question juive, Juifs, Juifs ; (32)
– de la page 76 à la page 80 : Juifs, Juifs, solution des questions juives, Juifs, Juifs, solution finale, population juive, déjudaïsation, Juifs, juifs, solution finale, Juifs, question juive, holocauste, solution finale, juives, Juifs, Juifs, Juifs, Juifs, Juifs, question juive, Juifs, juifs, Juifs, Juifs, Juifs, Juifs ; (28)
– de la page 80 à la page 85 : Juifs, question juive, Juifs, juifs, Juifs, Juifs, Juifs, Juifs, question juive, Juifs, Juifs, question juive, Juifs, problème juif, question juive, Juifs, Juifs, Juifs, Juif, Juif, juive, Juifs, question juive, Juifs, juiverie, question juive, Juif, juiverie, Juifs, Juifs, Juifs, question juive, Juifs, Juifs ; (34)
– de la page 85 à la page 90 : Juifs, Juifs, Juifs, question juive, Juifs, Juifs, solution finale de la question juive, Juifs, question juive, Juifs, juiverie, juiverie, Juifs, question juive, judaïsme, Juifs, antijuive, déjuivés, solution finale, solution finale de la question juive, Juifs, solution finale, Juifs, solution finale, solution finale, solution finale, Juif, demi-Juifs, demi-Juifs, Juif, Juifs, solution finale, Juifs, demi-Juifs, Juifs, Juifs ; (36)

Dernière page de l’Introduction (sans les notes), à elle seule : question juive, solution finale, Juifs, question juive, Juif, solution finale de la question juive, Juifs, antisémite. (8)

Au total, la « réévaluation » de la position juive à l’intérieur du « judéo-bolchevisme », réalisée par MM. Matthäus et Bajohr de façon sournoise pour le compte de l’Holocauste, se traduit par ce score sans appel : 286 à 0.

tempête

Staline et les siens pourront-ils jamais sans remettre ?

Michel J. Cuny

Clic suivant : Les deux mains criminelles d’Alfred Rosenberg : antijudaïsme et antibolchevisme

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