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Selon Ernst Nolte, Hitler nous l’avait bien dit…

Ernst Nolte est tellement peu persuadé lui-même de la filiation qu’il pense pouvoir établir entre la « terreur » bolchevique – déduite de son hypothétique traduction d’un mot tiré d’une phrase prononcée par Zinoviev le 17 septembre 1918 – et la terreur nazie, qu’il trouve bon d’en établir une autre qui, renvoyant à la situation de l’été 1914, ne peut plus faire intervenir les conséquences de la révolution de 1917.

En ce temps-là, loin d’éprouver quelque trouille que ce soit par rapport à quelque Mal que ce soit, l’Allemagne entrait avec vigueur dans ce qui allait devenir la première guerre mondiale.

Adolf Hitler, Sportpalast, Berlin, Germany, September 14, 1930

Voilà donc la vraie fondation – et « virile » celle-là – sur laquelle devait s’ériger le miracle hitlérien, et Nolte en trouve la confirmation chez Erich Czech-Jochberg qui écrivait en 1933, à propos de la soirée du 30 janvier précédent, date de l’arrivée d’Hitler à la Chancellerie :
« C’était comme en 14, lorsqu’avait battu le pouls d’un peuple entier. » (page 54)

Après avoir souligné la formule « peuple entier« , penchons-nous sur le commentaire que Nolte fait du caractère essentiel de la convergence 1914-1933 :
« C’est ainsi que le 30 janvier fut effectivement et d’abord ressenti : comme le jour du sursaut national, de la réponse à la honte de l’effondrement de 1918 – pas par tous les Allemands, mais par l’Allemagne nationale, celle pour qui les journées d’août 1914 avaient été l’annonce du salut,  du retour à la vérité de la nation,  celle qui avait cru aux victoires qui avaient suivi ces journées, mais pas aux défaites,  celle  qui  n’avait  pas cru à la lassitude de la guerre envahissant peu à peu les gens, et encore moins aux
« Quatorze points » de l’Américain Wilson. Mais, potentiellement, cette Allemagne nationale habitait le coeur de la plupart des Allemands, car l’enthousiasme des journées d’août 1914 avait été quasi général. » (pages 54-55)

Comme on le voit, 1933 n’avait aucun besoin, ni du mot de Zinoviev en 1918, ni des millions de victimes qu’à elle toute seule, sa phrase recorrigée permet d’attribuer, sans autre forme de procès, aux bolcheviks…

Avant d’avoir besoin de la trouille devant le bolchevik pour devenir un animal assoiffé de sang, le nazi était donc, d’abord et tel qu’en  lui-même, le fils de la défaite militaire de 1918, c’est-à-dire de l’abaissement de la puissance guerrière de l’Allemagne, et ceci par l’épreuve du sang.

Quant à la doctrine générale de ce « judéo-bolchevisme » – que Nolte voudrait bien nous faire perdre de vue et qui a enflammé le nazisme -, elle se déduit d’un rapprochement que nous pouvons effectuer entre deux phrases qu’Ernst Nolte sépare par quelques pages qui risquent d’endormir notre attention. Voici la première :
« Le 10 février 1933, Hitler prit la parole dans le Sportpalast de Berlin. On pouvait lire en grosses lettres, au-dessus du pupitre de l’orateur : 
« Le marxisme doit mourir ». » (page 57)

Voici la seconde :
« […] le Herald Tribune crut pouvoir annoncer, dès le 3 mars 1933, que
« l’assassinat en masse des Juifs allemands » n’allait pas tarder […]. » (page 63)

Comme on sait, pour Nolte, cette dernière prédiction ne mérite pas qu’on s’y arrête. Puisque ce sont, bien sûr, les bolcheviks qui sont à l’origine des malheurs éprouvés par les Juifs, qu’ils fussent de nationalité allemande ou autre…

Par contre, en ce qui concerne les bolcheviks eux-mêmes et leur cruauté « bien réelle », il suffira de s’en remettre au témoignage tout ce qu’il y a de plus crédible d’un ange de la dimension d’Adolf Hitler. Voyons ce que cela donne, en respectant les coupures que nous impose Ernst Nolte dans le discours prononcé par son héros le 2 mars 1933 au Sportpalast de Berlin :
« Là où il a remporté une victoire totale, là où il règne réellement et sans partage, en Russie, ce marxisme a-t-il éliminé la misère ? La réalité parle ici une langue vraiment poignante. Des millions d’hom-mes sont morts de faim dans un pays qui pourrait être le grenier du monde. […] Ils parlent de fraternité. Nous connaissons cette frater-nité. Il faut passer par les armes des centaines de milliers d’hommes, des millions, au nom de cette fraternité et comme conséquence de ce grand bonheur. […] Ils disent encore qu’ils ont surmonté le capi-talisme. […] C’est le monde capitaliste qui doit payer la note avec ses crédits, livrer des machines et monter des usines, fournir les ingénieurs et les contremaîtres, cet autre monde doit tout faire. Ils ne peuvent le nier. Et je ne peux que souhaiter à ceux qui, en Allemagne, rêvent de tels principes d’aller goûter une semaine au système de travail qui règne dans les contrées sibériennes. […] Si une bourgeoisie faible devait capituler devant semblable démence, nous re-prendrions, nous, le combat contre cette démence. » (page 57)

C’est bien vous, Adolf Hitler, qui nous avez dit : « démence » ?…

Suite : Ernst Nolte et cette drôle d’enquête qui donne définitivement raison à Adolf Hitler 

Michel J. Cuny

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