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Ernst Nolte et cette drôle d’enquête qui donne définitivement raison à Adolf Hitler…

Après avoir cité l’intégralité de l’extrait, fourni par Ernst Nolte, du discours prononcé par Adolf Hitler le 2 mars 1933 au Sportpalast de Berlin, reprenons ici le passage qui en occupe le coeur, et qui concerne les bolcheviks :
« Ils parlent de fraternité. Nous connaissons cette fraternité. Il faut passer par les armes des centaines de milliers d’hommes, des millions, au nom de cette fraternité et comme conséquence de ce grand bonheur. » (page 57)

Phrases on ne peut plus cruelles… Par-delà la fraternité et le grand bonheur que vise la révolution, il y a tout juste des centaines de milliers, des millions d’individus, qui auront été gentiment passés par les armes. Oh, démence bolchevique!…

Que cela soit dénoncé par ce brave type d’Hitler ne nous permet certainement pas d’émettre le moindre doute : le compte est bon. C’est donc une excellente pièce à conviction. Elle vient s’ajouter au mot de Zinoviev, soigneusement recueilli par Ernst Nolte, d’un discours prononcé le 17 septembre 1918 : « exterminer ».

Que se sera-t-il passé entre 1918 et 1933 ? Inutile de s’y arrêter, pas même une seconde. Ce qui importe, c’est d’avoir démontré l’intention exterminatrice qui animait Zinoviev au début de la période, et de s’en remettre au seul Hitler pour authentifier une comptabilité tout ce qu’il y a de plus rigoureuse : des centaines de milliers ou des millions, à la louche.

Sans doute un peu chatouillé par le caractère légèrement grossier de son procédé, Ernst Nolte ne va pas tarder à se fendre d’une note de bas de page proprement « kolossale » (elle s’étend sur trois pages) : le second pilier, émané de la parole incomparable et sainte de son Führer chéri, étant décidément assuré, il ne faudrait pas que le plus petit doute pût s’immiscer à propos du premier pilier de cette construction héroïque…, héroïque en ce qu’elle ne tient qu’à un fil : le mot de Zinoviev, qu’Ernst Nolte réintroduit ici en nous répétant la phrase entière, et même légèrement augmentée.

Or, la note est sans doute d’autant plus gigantesque qu’il semble bien qu’en dehors de ce mot déniché par le très habile limier qu’est Ernst Nolte, la belle histoire des millions d’individus à « exterminer » délibérément pour qu’enfin fraternité et bonheur en vinssent à se trouver concrétisés ne puisse plus valoir le moindre kopeck.

Admirons donc la minutie d’Ernst Nolte sans nous laisser dégoûter par toutes les contorsions auxquelles il nous faut nous plier pour le suivre : nous allons, avec lui, atteindre la preuve irréfutable – mais aussi la seule – du plus grand crime de l’Histoire humaine, tel qu’Hitler devra, avec toute la mansuétude qu’on lui connaît, en établir le bilan en 1933… Quel homme! Et quelle responsabilité : à lui tout seul, dénoncer un crime si abominable… dont il semble d’ailleurs avoir été le seul témoin!… C’est du moins ce que la mise en synergie de son discours avec le mot de Zinoviev nous a déjà condamnés à admettre.

Alors : « exterminer« ? Lisons le début de la note d’Ernst Nolte :
« Ce propos, en dépit de l’indication de sa source, paraissant effectivement incroyable de prime abord, je me suis efforcé de le vérifier. »

Minute, papillon!… Que nous dis-tu là ? Pourquoi donc l’utilisation par Zinoviev du mot « exterminer » devrait-elle surprendre qui que ce soit s’il est avéré, par ailleurs, que les bolcheviks ont assassinés plusieurs millions de personnes entre 1918 et 1933 pour asseoir définitivement la « fraternité » et le « bonheur » humains ? Voilà donc que, dès les premiers mots de cette note décisive, monsieur Nolte nous avoue qu’il est un charlatan de bien basse catégorie!…

cia

Voyons la suite immédiate :
« Il n’existe pas, en Allemagne, d’exemplaire de Severnaïa Kommun Izvestia Petrogradskogo Soveta rabozich i krasnoarmeiskich deputatov et la Bibliothèque nationale de Leningrad ne dispose pas de microfilms. J’ai fini par obtenir un microfilm de la Hoover Institution of War, Revolution and Peace de Stanford. Il s’est avéré que la citation de David Schub était correcte pour l’essentiel, à ceci près que la phrase se trouve dans le n° 109, du 19 septembre 1918, en page 2, et que la résolution dont Schub fait état ne fut pas adoptée à la suite du discours de Zinoviev.
Le contexte plus large ainsi obtenu ne modifie le tableau que dans la mesure où il n’est pas d’abord question des responsables de la guerre mais des koulaks qui font pression pour l’instauration de la liberté de commerce et qui trouvent même l’appui de communistes comme Larine. » (page 90)

N’est-ce pas, que c’est très clair!… Très fiable aussi, le Schub en question… Très forts, les microfilms de la CIA… Et acharné, le Nolte de service, qui ne nous a même pas encore débité plus du cinquième de cette note qui doit définitivement nous étayer la mayonnaise de l’anticommunisme le plus imbécile : le seul qui vaille maintenant dans notre belle Europe allemande qui ne sait plus ce que penser a bien pu vouloir dire en un temps, désormais si lointain, où Hitler faisait trembler et vomir tout ce que la terre comptait encore de véritablement humain.

Michel J. Cuny

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