Et si, depuis Bruxelles, Ursula von der Leyen nous conduisait à la catastrophe ?…

Dès son premier discours de présidente de la Commission européenne, le 16 septembre 2020, devant le Parlement de Bruxelles, Ursula von der Leyen n’aura pas hésité à jeter ceci en pâture à l’ensemble des Européennes et des Européens : que soit enfin mis en œuvre l’instrument légal qui permettrait à une majorité qualifiée des États européens d’aller chercher la Chine sur son propre territoire…

Serait-ce la préparation d’une répétition de ce qui s’est passé en 2011 en Libye ?…

Reprenons ses termes :
« Nous devons donc toujours dénoncer les violations des droits de l’homme lorsqu’elles se produisent et où que ce soit, à Hong Kong ou chez les Ouïghours. » 

Voilà, pour la Chine… Quant à la Russie, il est assez clair qu’elle ne peut pas rester totalement indifférente en présence de cette autre annonce qu’il pourrait y avoir du grabuge chez l’un de ses pays alliés… C’est bien toujours la douce Ursula qui s’exprime, ainsi qu’elle le souligne, au nom de nous autres, les Européennes et Européens :
« Je veux le dire haut et fort : l’Union européenne est du côté du peuple biélorusse. » 

Dans les deux cas, la mise en application des « droits de l’homme » se fera à partir des peuples contre leurs États… tout comme la Libye s’est trouvée détruite d’avoir réussi à se libérer de la… dictature de Muammar Gaddhafi… avec les merveilleux résultats qui se manifestent presque quotidiennement dans les eaux de la Méditerranée… comme sur le territoire libyen lui-même, ou au Mali…

Par avance, nous voici désormais avec deux grosses affaires sur les bras. La présidente de la Commission européenne s’en réjouit bruyamment, tout en poussant à la roue :
« Que ce soit à Hong Kong, à Moscou ou à Minsk : L’Europe doit prendre position clairement et rapidement. » 

Pour qu’elle puisse le faire, il ne reste plus qu’à mettre en œuvre ce à quoi on l’appelle depuis la tribune du Parlement européen par la voix de la présidente de la Commission : un équivalent de la « loi Magnitski », du nom d’un avocat décédé dans les prisons russes…

Représentant le fonds d’investissement anglo-saxon Hermitage Capital Management, Sergeï Magnitski aura donc bientôt fait figure de martyr dont on se sera donné les moyens d’aller venger la mémoire en mettant au point la loi états-unienne qui porte désormais son nom.

De ce qui lui est arrivé, pouvons-nous tirer un enseignement quant aux valeurs dont madame von der Leyen pense pouvoir armer le bras vengeur de l’Europe allemande pour lui faire commettre des crimes qui soient vraiment à la hauteur de ce qu’un Sarkozy est allé perpétrer en Libye sans que la population française s’en émeuve le moins du monde, pas plus aujourd’hui (2021) que dix ans plus tôt ?

Évidemment, à côté de Tripoli (Libye), Pékin et Moscou… ce n’est pas tout à fait le même tabac… Mais cela ne peut pas empêcher de rêver un peu… notre princesse à nous.

Revenons au Dalloz précédemment cité, et à travers ce que Maxence Peniguet y a inscrit à la date du 25 mai 2018 à propos du dénommé Sergeï Magnitski qui s’en était vigoureusement pris à des officiels russes qu’il « accusait de faire partie d’un détournement d’argent public de 230 millions de dollars ». C’est donc le représentant d’un fonds d’investissement étranger qui vient, sur le sol russe, donner une bonne leçon aux représentants de l’État russe… Rien que le monde à l’envers.

Mais, puisque Maxence Peniguet nous fournit un lien vers le Washington Post du 20 janvier 2011, suivons-le pour en savoir plus…

Et ceci, en particulier :
« Des experts des droits de l’homme nommés par l’ONU ont accepté d’explorer la mort en détention provisoire d’un avocat de Moscou qui a été arrêté après avoir porté des accusations d’implication dans un stratagème de détournement de fonds de plusieurs millions de dollars. » 

La formulation nous paraît un peu embrouillée… Magnitski accusait-il les autorités russes d’un détournement de fonds ?… Ou bien, au contraire, les accusait-il de tenter de faire passer le fonds d’investissement qu’il représentait pour coupable de ce même détournement ?

Revenons à Maxence Peniguet (du très réputé Dalloz…) qui avait précédemment souligné l’appui dont Hermitage Capital Management aurait bénéficié de la part de Vladimir Poutine en 2000… alors qu’il ne faisait qu’arriver à la direction de la Russie, tandis que la pénétration en Russie du fonds dirigé par Bill Browder avait été l’un des fruits de la politique menée par Eltsine durant les neuf années précédentes, sans tenir compte de la législation restée en vigueur… Et sur laquelle Vladimir Poutine allait tenter de s’appuyer pour reprendre tout ce qui pouvait être repris des richesses soviétiques largement transférées en Occident…

Ainsi sommes-nous maintenant en situation de comprendre la suite des propos de notre spécialiste qui ne paraît pas doté de la moindre impartialité en la matière… Selon lui, en effet, Bill Browder avait d’abord Vladimir Poutine dans sa manche…
« Jusqu’à ce qu’il se fasse refuser l’entrée du territoire russe, en 2005. La raison ? Ses méthodes ne plaisaient pas à tout le monde. » 

Effectivement… elles avaient permis de mettre l’ancienne république russe d’Union soviétique à genoux et de conduire sa population à la famine et à une mort soudainement très présente !…

Avançons encore un peu…
« Les années suivantes, Hermitage Capital Management est victime d’une ancienne pratique courante en Russie : la saisie forcée d’entreprise. C’est-à-dire la prise de contrôle de structures contre la volonté de leurs propriétaires et par différents types de moyens (corruption, chantage, falsifications de registres, etc.). C’est à ce moment qu’est entré en scène Sergeï Magnitski. » 

Tout ce qui est dans la parenthèse qualifie tout simplement la mise en application de lois qui étaient restées en vigueur, et qui rendaient compte tout simplement du fait qu’un État et la population qu’il représente ne peuvent en aucun cas – sauf état de guerre qui en aura anéanti toutes les structures – se laisser dépouiller de l’essentiel de son patrimoine et de ses richesses économiques… N’est pas la Libye qui veut !…

L’avocat Magnitski pouvait-il trouver un remède miracle à cette situation qui ne paraît guère pouvoir se discuter ? Il paraît que oui. Et c’est Maxence Peniguet qui l’affirme en s’en tenant à des affirmations reprises d’ailleurs au conditionnel, et qu’il se garde bien de soumettre lui-même à la moindre analyse :
« Il annonce avoir découvert que 230 millions de dollars de taxes versées par le fonds d’investissement à l’État ont été récupérés par les nouveaux propriétaires du fonds en Russie. La manœuvre, décrite par le Sunday Times un an après la mort de l’avocat, aurait été la suivante : un dossier a été monté pour déclarer une importante (fausse) dette d’un milliard de dollars ; l’entreprise a ensuite expliqué que les 230 millions de taxes étaient basés sur une erreur, puisque la société était endettée ; par conséquent, elle a pu demander la remise des taxes versées, et l’obtenir. » 

Nous voyons immédiatement en quoi cette affaire – qui oppose, d’abord, des propriétaires privés entre eux, puis des acteurs privés à l’État russe ensuite – est exemplaire du retour au peuple russe, à travers la politique de réappropriation publique menée par Vladimir Poutine, des fruits de son travail depuis la Révolution de 1917…

Prendre appui sur des personnages tels que l’avocat Magnitski pour faire valoir une loi d’application internationale, c’est immédiatement se ranger du côté des fonds d’investissement d’un Occident impérialiste qui est prêt à tous les crimes ainsi que cela s’est suffisamment démontré depuis l’implosion de l’Union soviétique…

Ursula von der Leyen a choisi son camp. Dès les premières minutes de sa présidence, elle aura fait connaître ce choix, et sans la moindre hésitation… À quand les premiers pots cassés ?…

Michel J. Cuny

La suite est ici.

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