Texte 7 : Trump a beaucoup de travail : encore un pays et un peuple à détruire…

Assemblée Générale de l’ONU à New York
Discours de Donald Trump,
19 septembre 2017

Texte 7 :
Trump a beaucoup de travail :
encore un pays et un peuple à détruire…

7 – D. Trump, 2017 : « C’est la raison pour laquelle… »

Quel grand cœur tout empreint de naïveté, il a, notre Donald… Il paraît, cependant, ignorer que ce sont essentiellement les guerres états-uniennes qui détruisent les économies et les politiques des pays déstabilisés par les embargos états-uniens entérinés par leurs sbires placés à l’ONU, avant de les attaquer à coups de bombes qui fabriquent des migrant(e)s.
« Les Nations Unies et l’Union Africaine ont mené des opérations de maintien de paix qui ont eu une contribution considérable pour stabiliser des conflits en Afrique. Les États-Unis continuent d’être sur le devant de la scène en matière d’assistance humanitaire, y compris dans le cas des secours et de la prévention de la famine au Soudan du Sud, en Somalie, au Yémen, et dans le nord du Nigéria. » [Assemblée Générale de l’ONU à New York, Discours de Donald Trump, 19 septembre 2017. Note de l’auteuse : La transcription du Discours est de moi. Mais la traduction est le fait d’une personne de l’ONU : qu’elle en soit ici remerciée.]
Les États capitalistes, impérialistes, colonialistes (États-Unis, Grande-Bretagne, France…) ont déstabilisé une nouvelle fois tous ces pays cités. Par leurs guerres lancées contre la Libye et la Syrie, sous des prétextes fallacieux, ces États ex-colonisateurs ont empêché Muammar Gaddhafi et les autres chefs des États africains de se réunir pour discuter des problèmes rencontrés au Soudan et en Somalie. Dès mars 2011, début de la guerre contre la Libye, ils ont poussé à la partition du Soudan, en attendant d’obtenir la partition de la Libye et celle de la Syrie… pour les recoloniser plus facilement.

En 1999, au temps de la GJALPS (Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire Socialiste), Muammar Gaddhafi avait ranimé l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine) moribonde, et avait, en cohésion avec les autres chefs d’États africains, donné vie à une nouvelle entité qui allait succéder à l’OUA : l’UA (Union Africaine). Celle-ci n’est plus que l’ombre de ce qu’elle était et, pire encore, l’envers de ce qu’elle aurait pu et dû être. Quant aux institutions qui avaient été créées en liaison avec l’UA… les chefs des États africains en sont-ils restés les maîtres ?…

Donald Trump, lui, est satisfait d’une Afrique, qui, alors qu’elle devait évoluer dans une dynamique entre les peuples africains, est en train de retourner, depuis l’éclatement de la Libye, sous la coupe des États impérialistes :
« Nous avons investi pour offrir une meilleure santé aux populations du monde avec différents programmes tels que les TATFA [(en anglais, Traités de libre-échange transatlantique en vue de la création du GMT (Grand marché transatlantique)] qui a permis d’aider les personnes atteintes du Sida ; nous avons également eu l’initiative contre le paludisme ; nous avons aussi lancé une initiative pour mettre un terme à l’esclavage moderne. Nous avons des initiatives pour les femmes entrepreneurs. Tout ceci témoigne bien de notre engagement pour autonomiser les femmes partout dans le monde. (Applaudissements. DT : Merci.). »
De rien…
[Idem. Note de l’auteuse : les précisions entre crochets sont de mon fait.]
Il y a une façon d’aider les populations, c’est de ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures de leurs pays. Il y a une façon de respecter les femmes : c’est de ne pas bombarder leurs pays, de ne pas anéantir les infrastructures et les superstructures, de ne pas détruire leurs habitations et massacrer leurs familles…
Tous les beaux discours ne sont que de la parlote destinée à masquer la haine de la classe capitaliste contre les classes qui la font vivre.

Un petit détour s’impose à Donald Trump pour bien montrer que les États-Unis ont la main sur les Nations Unies et que le secrétaire général n’est qu’un pantin au service de la main qui le flatte :
« Nous remercions également le secrétaire général qui a reconnu que les Nations Unies doivent se réformer, si elles souhaitent être partenaires efficaces pour enrayer la menace qui pèse sur la prospérité et la souveraineté. Très souvent, les Nations Unies n’ont pas mis l’accent sur les résultats, mais plutôt sur la bureaucratie et les processus. Dans certains cas, les États qui cherchent à compromettre les nobles objectifs de cette institution ont pris en otage un système qui essaie, au contraire, de les aider. Par exemple, c’est une cause d’embarras considérable, pour les Nations Unies, que de voir que des gouvernements qui violent ostensiblement les droits de l’homme siègent au Conseil des droits de l’homme. » [Idem.]
Les États-Unis, par exemple…

Les États-Unis ont, par la manne financière qu’ils apportent, la mainmise sur l’ONU, c’est-à-dire sur la quasi-totalité des pays du monde…
« Les États-Unis sont un des 193 membres des Nations Unies et, toutefois, nous payons 22 %, voir plus, du budget des Nations Unies. En réalité, nous payons beaucoup plus que ce que vous pouvez penser. Les États-Unis assument un fardeau financier injuste mais, en toute justice, si cela pouvait vraiment permettre d’atteindre tous les objectifs escomptés, en particulier l’objectif de la paix, cet investissement vaudrait vraiment la peine. » [Idem.]
Le président des États-Unis fait penser à un pompier pyromane qui se plaindrait de l’argent dépensé pour éteindre ses propres feux qu’il mettrait sur le compte de ses collègues !

Mais voilà ! Financer l’ONU, ça rapporte. Donald Trump oublie de dire que les sommes considérables, dépensées par les États-Unis pour la faire fonctionner, ont des compensations encore plus considérables : ils peuvent ainsi faire pression sur les décisions de son secrétaire général, sur celles du Conseil de Sécurité, du Conseil des droits de l’homme, mais aussi de toutes les annexes de l’ONU telle l’AIEA (Agence Internationale de l’Énergie Atomique), etc.

Il y a belle lurette que l’ONU aurait dû changer de continent : pourquoi son siège reste, depuis sa création, sur les terres new-yorkaises ? Pourquoi ne tranfère-t-elle pas son siège, tous les vingt ans par exemple, dans un autre continent : le continent africain ? ou asiatique ? puisqu’elle est censée représenter 193 pays membres… Donald Trump n’aurait plus à se plaindre…

L’« enfer » est toujours pavé de bonnes intentions.
« De nombreuses régions du monde sont ravagées par les conflits. Certaines s’acheminent même vers l’enfer. Mais, sous l’égide des Nations Unies, les dirigeants du monde peuvent régler nombre de ces problèmes fort complexes et nous espérons que, très bientôt, les Nations Unies pourront être un partisan beaucoup plus efficace, à même de protéger la dignité humaine et les libertés de par le monde. » [Idem.]
Vraiment, les présidents des États-Unis – et Donald Trump n’est que l’un d’eux – font partie du genre de pompiers pyromanes qui allument les feux pour avoir à les éteindre.

Ces présidents des États-Unis souffrent tous d’une hypertrophie du Moi. Ils pensent que les autres dirigeants du monde ne sont pas capables d’impulser une dynamique dans leurs pays. De plus, ils ne veulent surtout pas que s’instaure une harmonie entre les “dirigeants” des pays et les peuples. Ils ne veulent surtout pas du socialisme. Ils imposent, par l’exploitation de l’être humain par l’être humain, la dictature de la classe capitaliste sur les classes qui travaillent ou qui chôment parce qu’elle les met sur la paille ; ils imposent, en mettant en avant le terme de démocratie, la dictature capitaliste d’une infime minorité sur la majorité des populations du monde ; ils imposent la dictature capitaliste avec sa cohorte d’embargos, de guerres, de destructions, de malheurs, de misères humaines, tout ce dont elle se nourrit pour perdurer.

À mener des guerres un peu partout… c’est quand on paie la note qu’on sait combien ça coûte. C’est bien pourquoi, selon Donald Trump, les États-Unis doivent pouvoir continuer à faire leurs gué-guerres mais aux frais d’autres pays…
« Et dans le même temps, nous estimons qu’aucune nation ne devrait devoir assumer une part disproportionnée du fardeau militaire ou financier. Les Nations du monde doivent jouer un rôle accru dans le cadre de la promotion de sociétés sûres et prospères dans leur propre région. » [Idem.]

Et voici Cuba… On l’avait oublié, celui-là. Encore un pays à déstabiliser… sous de faux prétextes.
« C’est la raison pour laquelle, en Occident, les États-Unis se sont opposés au régime corrompu et déstabilisateur de Cuba. » [Idem.]

Donald Trump le dit lui-même et, par là-même se contredit. Les États-Unis manœuvrent de toutes les façons pour faire ce qu’il niait de faire au début de son discours : changer les régimes politiques et économiques qui ne conviennent pas…
« Nous avons insisté pour que le peuple cubain puisse vivre dans la liberté. Mon gouvernement a récemment annoncé que nous n’allions pas lever les sanctions contre le gouvernement cubain tant qu’il n’aura pas fait des réformes fondamentales. » [Idem.]

Donald Trump ne peut ignorer que les « sanctions contre le gouvernement » – cubain ou autre – punissent, jusqu’à faire mourir à petits feux, les populations pour les obliger à demander un changement de régime conforme aux vœux des États-Unis ! Ces « sanctions » sont criminelles : elles exercent des pressions constantes sur les gouvernements et les populations qui ne veulent pas se soumettre.

À suivre… Texte 8
Assemblée Générale de l’ONU à New York – Discours de Donald Trump, 19 septembre 2017 – Texte 8 : Trump a le vent en poupe : encore un, encore un, encore un peuple à détruire…

Françoise Petitdemange
5 février 2020


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