Texte 8 : Trump a le vent en poupe : encore un, encore un, encore un peuple à détruire…

Assemblée Générale de l’ONU à New York
Discours de Donald Trump,
19 septembre 2017

Texte 8 :

Trump a le vent en poupe :
encore un, encore un, encore un peuple à détruire…


8 – D. Trump, 2017 : « …le socialisme a été mis en œuvre fidèlement »

Puisque Donald a la mèche rebelle, il continue… Après la Corée du Nord, l’Iran, la Syrie, Cuba, qu’il faut replacer sous le joug états-unien, il y en a un autre :
« Nous avons également imposé des sanctions sévères et calibrées contre le régime socialiste du président Maduro au Venezuela, régime qui a mené une nation autrefois prospère au bord du précipice. » [Assemblée Générale de l’ONU à New York, Discours de Donald Trump, 19 septembre 2017. Note de l’auteuse : La transcription du Discours est de moi. Mais la traduction est le fait d’une personne de l’ONU : qu’elle en soit ici remerciée.]

Avant le régime honni par Donald Trump et tous ses prédécesseurs, il y avait une dictature à Cuba. Avant le régime de Maduro et de Chávez, tout aussi honni par les mêmes, il y avait une équipe dictatoriale de la bourgeoisie au Venezuela qui avait adopté une politique économique de libre marché et de soumission aux intérêts états-uniens, politique économique productrice de bidonvilles.
Nostalgie états-unienne des dictatures bourgeoises en Amérique latine et dans l’Île de Cuba… Le grand souhait des États-Unis exprimé par Donald Trump : remplacer les régimes socialistes par des dictatures bourgeoises appelées « démocraties ».

Mais Donald a un court-circuit idéologique dans les synapses lorsqu’il veut évoquer le régime en place de Nicolás Maduro
« La dictature socialiste de Nicolás Maduro a infligé des souffrances indicibles sur le bon peuple au Venezuela. Ce régime corrompu a détruit une nation prospère en imposant une idéologie qui a semé la misère et la pauvreté partout. Et, pour empirer les choses, Maduro a dû lutter contre son propre peuple en volant le pouvoir des représentants du peuple pour s’agripper à son pouvoir désastreux. Les Vénézuéliens ont faim. » [Idem.]
Il en oublie la réalité. Maduro a continué la politique initiée par Chávez et, pas plus que Chávez, il n’a volé « le pouvoir des représentants du peuple ». Par contre, il s’est efforcé d’empêcher, dans le pays, la grande bourgeoisie d’établir sa dictature, déguisée en démocratie, sur ce que Trump appelle « le bon peuple » c’est-à-dire celui qui n’a pas la parole dans les prétendues démocraties. Maduro continue la tâche et promeut l’intégration des pays les plus pauvres de la planète dans la politique économique mondiale ; quoi de plus juste ? La tâche est difficile dans la mesure où, comme au temps de Chávez, la grande bourgeoisie cherche à imposer sa suprématie sur l’ensemble de la population.
Le mot d’ordre des États-Unis est “l’Amérique d’abord” : autrement dit, toutes les populations de tous les autres pays du monde peuvent bien manquer du nécessaire pourvu que l’Amérique – ou plutôt les États-Unis – et, dans les États-Unis, la classe la plus fortunée de la société ait le superflu à ras bords.
Sous le prétexte de leur apporter la liberté, il s’agit, pour faire accepter aux populations le régime capitaliste, d’utiliser tantôt la carotte tantôt le bâton, de les placer dans la dépendance états-unienne ou de mettre en péril leur vie par des sanctions de toutes sortes, dont les embargos qui touchent, notamment, à l’approvisionnement alimentaire et à l’entretien des moyens de transport… Les sanctions produisant leurs effets à plus ou moins long terme, les bons dictateurs, qui se préparent à venir en sauveurs, déclarent : « Les Vénézuéliens ont faim. » “Les Cubains ont faim.”

Et, délice des délices de la classe la plus fortunée des États-Unis
« Le pays s’effondre. » [Idem.]

Mais encore…
« Les institutions démocratiques sont en train d’être détruites. » [Idem.]
C’est du moins le but recherché par les « sanctions sévères » états-uniennes : l’effondrement de tous les pays qui n’ont pas “un bon régime”… selon les régimes capitalistes-impérialistes-colonialistes, bien sûr.

Décidément, le président Donald Trump se prend pour mère Teresa
« Et cette situation est complètement inacceptable et nous ne pouvons pas croiser les bras et regarder. En tant qu’amis et voisins responsables, les États-Unis, et tous les autres, avons un objectif et cet objectif est d’aider le peuple vénézuélien à retrouver les libertés, à retrouver son pays, à rétablir la démocratie. » [Idem.]
De telles relations d’amitié et de bon voisinage, les Cubain(e)s et les Vénézuélien(ne)s, qui appartiennent au peuple, s’en passeraient volontiers et préféreraient que les États-Uniens se croisent les bras et les laissent décider seul(e)s de leur destin… Le peuple vénézuélien, comme les autres peuples, ne demande rien… Il veut vivre en paix.

Car il sait, le peuple vénézuélien, que les maîtres-cabots de la grande bourgeoisie des États-Unis récompensent, par quelques su-sucres ou quelques coups derrière les oreilles, les cabots de la grande bourgeoisie des pays européens qui jappent autour d’eux en aboyant contre les peuples des pays capitalistes ou pas. Et tous ces exploiteurs, qui ne jurent que par le régime capitaliste dont ils profitent au maximum, ne font qu’entraver le développement des pays socialistes d’Amérique latine.
« Je voudrais remercier les dirigeants ici présents d’avoir condamné le régime et d’avoir apporté un soutien crucial au peuple vénézuélien. Les États-Unis ont pris des mesures importantes pour que le régime rende des comptes. Nous sommes prêts à prendre des mesures supplémentaires si le gouvernement vénézuélien continue d’avancer sur la voie d’un régime autoritaire. » [Idem.]
Donald Trump ne peut ignorer que les « mesures supplémentaires », comme les autres mesures, frappent, d’abord et avant tout, les populations les plus modestes.

Quant à ceci…
« Nous avons la chance d’avoir des relations commerciales prospères et solides avec nombre de pays d’Amérique latine ici présents. Ces liens économiques solides constituent un socle pour promouvoir la paix, la prospérité pour tous nos peuples et pour tous nos voisins. Je demande à tous les pays représentés ici aujourd’hui d’être prêts à en faire davantage, afin de faire face à cette crise ô combien réelle. Nous demandons le rétablissement complet de la démocratie et des libertés, la liberté politique, au Venezuela. (Faibles applaudissements.) » [Idem.]
Il est aisé, avec le slogan “America first”, de savoir qui profite le plus « des relations commerciales prospères et solides ». Certainement pas « le bon peuple » des « pays d’Amérique latine »…

Enfin…
« Le problème au Venezuela n’est pas que le socialisme a été mal mis en œuvre mais que le socialisme a été mis en œuvre fidèlement. (Faibles applaudissements.) » [Idem.]
Voilà un crève-cœur pour la classe qui ne jure que par le capitalisme et qui craint pour le capital concentré entre les seules mains de la bourgeoisie internationale, géré par la finance internationale : « le socialisme ».

À suivre… Texte 9
Assemblée Générale de l’ONU à New York – Discours de Donald Trump, 19 septembre 2017 – Texte 9 : Trump : défenseur de la… « souveraineté » !

 

Françoise Petitdemange
25 février 2020


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