Texte 4 : D’autres « régimes-voyous », selon Trump et ses prédécesseurs à la Maison-Blanche…

Assemblée Générale de l’ONU à New York
Discours de Donald Trump,
19 septembre 2017

Texte 4 :
D’autres « régimes-voyous »,
selon Trump et ses prédécesseurs à la Maison-Blanche…

4. D. Trump : « un État qui exporte
la violence, le bain de sang et le chaos »

 

En dehors de la Corée du Nord, il y a un autre « régime-voyou », selon l’occupant actuel de la Maison-Blanche :
« L’heure est vraiment venue, pour les nations du monde, d’affronter un autre régime imprudent qui parle très clairement de destruction d’Israël, qui dit « mort à l’Amérique », qui parle de destruction et qui risque de mettre à mal de très nombreuses nations du monde. » [Assemblée Générale de l’ONU à New York, Discours de Donald Trump, 19 septembre 2017. Note de l’auteuse : La transcription du Discours est de moi. Mais la traduction est le fait d’une personne de l’ONU : qu’elle en soit ici remerciée.]
Qui sème le vent…” Donald Trump, ne vient-il pas de dire « très clairement » : « [N]ous n’aurons pas d’autre solution que de détruire complètement la Corée du Nord. » ? [Cf. Dernière phrase du Texte 3.]

Le président Trump est décidément fasciné par « la violence », « le bain de sang », « le chaos »… autrement dit, par tout ce que les États-Unis répandent de par le monde. Les peuples afghan, irakien, yéménite, libyen, syrien… en savent quelque chose.
« Le gouvernement iranien cache une dictature sous les faux atours de la démocratie. Il a transformé un pays riche, un pays à la culture, à l’histoire riches, en un État à l’économie exsangue, un État qui exporte la violence, le bain de sang et le chaos. »
Autre fascination : la culture des autres pays que les présidents états-uniens, qui se succèdent aux manettes, s’efforcent de détruire à coups de bombes…

Car les États-Unis n’ont qu’une histoire bien courte et sans culture puisque les envahisseurs européens qui se sont emparés, par la force la plus brutale, de ces immenses territoires entre les deux mers : Atlantique et Pacifique, se sont empressés, dès leur arrivée, de détruire la culture et l’histoire multi-millénaires des tribus qui vivaient sur ces territoires, d’instaurer le travail forcé pour les hommes les plus solides et, finalement, de détruire cette main-d’oeuvre décidément indocile. L’ayant détruite, il a fallu, pour exploiter ces immenses territoires usurpés, aller chercher ailleurs une main-d’œuvre qui n’était jamais venue sur ce continent : ainsi, le continent “américain” devenait une gigantesque prison pour les Africain(e)s réduit(e)s à l’état d’esclaves qui, dans une quasi-totalité, mourraient sur un continent ennemi, inhospitalier sans jamais avoir pu revoir leur terre natale.

Les colons européens et les États-Uniens, qui ont fait table rase de la culture ancestrale, n’auraient rien si les esclaves noir(e)s et leurs descendant(e)s n’avaient pas créé leur propre culture pour exprimer le désespoir lié à leur déracinement, à leurs conditions de vie et de travail : notamment, aux sévices corporels et psychiques qui leur étaient infligés. Dorénavant, les États-Unis font leurs choux gras de la culture des déporté(e)s de l’Afrique vers les Amériques et de celles qu’ils pillent ici et là pour s’en faire une comme si cela pouvait se fabriquer en dehors du cours de l’histoire humaine.

Ceci rappelé, il faut reconnaître, aux États-Unis, cette parfaite “réussite” : leur économie vit surtout, depuis des décennies, de la fabrication, du commerce et de l’utilisation des armes contre les peuples du monde. C’est pourquoi, lorsque Donald Trump dit : « un État qui exporte la violence, le bain de sang et le chaos », il parle des colons européens qui, armés de leurs fusils, ont fait le lit des États-Unis, et des États-Uniens eux-mêmes qui, avec leurs bombes, s’installent comme des coucous partout dans le monde…

Après avoir plaqué sur l’Iran deux phrases qui définissent très bien les États-Unis, Mr Trump a tout à coup le souci des « Iraniens » dans la mesure où cela lui permet d’attaquer le régime :
« Les vraies victimes du régime iranien, ce sont les Iraniens eux-mêmes. » [Idem.]
Donald Trump oublie de parler des embargos imposés, par les États-Unis, à la Libye, à la Syrie, à la Russie, à la Corée du Nord, et à… l’Iran…, embargos qui mettent les peuples dans de terribles conditions de vie.

Trump poursuit sans vergogne :
« Plutôt que d’essayer d’utiliser les ressources pour améliorer la vie des Iraniens, le régime utilise les recettes du pétrole pour financer Hezbollah et ceci met à mal les voisins arabes et israéliens pacifiques. »
Ne t’en fais pas Donald, les Iraniens qui, eux, ont une culture millénaire, sont capables de gérer leurs affaires tout seuls : ils n’ont pas besoin de comptable. Quant aux « arabes » pacifiques, certains États se chargent de les réduire à merci (Cf. la Jordanie) ou de les détruire. (Cf. l’Irak, la Syrie…)

La Corée du Nord, l’Iran
« Et, par ailleurs, je voudrais également évoquer Bachar El Assad et sa dictature. Je voudrais également parler de la guerre civile au Yémen. » [Idem.]
Il manquait effectivement la Syrie et le Yémen dont les États-Unis s’efforcent d’entraver le développement par des embargos et des guerres : embargos et guerres – un président des États-Unis ou de quelque autre pays, ou un secrétaire général de l’ONU ne peuvent l’ignorer – sont délibérément tournés contre les peuples.

Les États-Unis qui se font une spécialité de la déstabilisation des pays les plus stables dans tous les continents voudraient donner des leçons de vertu politico-militaire…
« Tous ces éléments mettent à mal la stabilité du Moyen-Orient. Nous ne pouvons pas laisser un régime meurtrier poursuivre ses activités déstabilisatrices tout en construisant des missiles dangereux. Et nous ne pouvons pas respecter d’accord s’il permet de dissimuler la construction éventuelle d’un programme nucléaire. (Faibles aplaudissements dans la salle). »
Armés jusqu’aux dents, les États-Unis aiment bien menacer, effrayer, terroriser les peuples du monde. Mais eux-mêmes ont une peur bleue des pays qui acquièrent des armes pour se défendre… Voulant s’ériger en maîtres du monde, ils ne sont maîtres qu’autant qu’ils détiennent des armes que les autres pays n’ont pas. Mais que ces autres pays parviennent à acquérir l’arme nucléaire comme arme dissuasive, et ces trouillards états-uniens crient : “Au secours”.

Jaloux de leurs prérogatives qui leur permettent de terroriser le monde, ils renient tous les accords qui ne sont pas en leur unique faveur…
« L’accord sur l’Iran était une des transactions les pires et les plus partiales de l’histoire pour les États-Unis d’Amérique. Franchement, cet accord constitue un embarras pour les États-Unis et je crois que nous n’avons pas fini d’en entendre parler, croyez-moi. L’heure est venue pour le monde entier de s’unir à nous pour exiger du gouvernement iranien qu’il cesse de semer la mort et la destruction. » [Idem.]
Car les États-Unis veulent, en toute impunité, être les seuls à « semer la mort et la destruction ».

Mais ce n’est pas tout… Selon le président Trump
« Il est temps de faire comprendre que le régime doit libérer les personnes arrêtées injustement. Et, surtout, le gouvernement iranien doit cesser de promouvoir le terrorisme. Il doit sauvegarder sa population et les droits des pays voisins. Nous comprenons bien que le bon peuple iranien veut le changement et (?). » [Idem. Note de l’auteuse : Le point d’interrogation entre parenthèses remplace un ou deux mots incompréhensibles.]
C’est qui « le bon peuple iranien » ? Y aurait-il un mauvais peuple iranien ? Quant aux prisons états-uniennes, ne regorgent-elles pas de personnes indûment incarcérées ? Et le camp de tortures de Guantánamo que les présidents de la très grande démocratie états-unienne prétendent, les uns après les autres, vouloir démanteler, où en est le démantèlement ?

Le président Trump souffrirait-il de confusion mentale ? Après avoir confondu la Corée du Nord avec les États-Unis, le voici qui confond l’Iran avec les États-Unis
« Nous savons très bien que plus que la force militaire considérable des États-Unis, ce que le régime iranien craint le plus, c’est son peuple. On ne peut pas tirer sur des manifestants armés. On ne peut pas emprisonner des militants. Les régimes qui misent sur l’oppression ne sont pas éternels. À un moment donné, ils vont se retrouver face à un tournant. Est-ce qu’ils vont continuer sur la voie du bain de sang et de la terreur ? Ou bien est-ce que le peuple iranien va retrouver les fières racines de son histoire qui était un berceau de la civilisation. Est-ce que ce sera à nouveau un pays où les gens peuvent vivre heureux ? » [Idem.]
Quand on sait ce que les colons européens et les États-Uniens ont fait et continuent à faire du berceau du continent qu’ils occupent…

Donald ne manque pas de cran :
« Le régime iranien appuie la terreur et ceci contraste avec l’engagement récent de nombre de ses voisins pour lutter contre le terrorisme et tarir ses sources de financement. En Arabie saoudite, l’an dernier, j’ai été très honoré de m’adresser aux dirigeants de plus de 50 pays arabes et musulmans. »
Parler ainsi de l’Arabie saoudite, c’est le fait d’un amnésique ou d’un homme dont la mémoire est sélective selon l’idéologie à défendre… Car l’Arabie saoudite a été le pays où la famille Ben Laden a construit une fortune colossale. Elle a contribué à la création, par Oussama Ben Laden, d’Al Qaïda : elle en a été le sanctuaire, et a ouvert les portes à Daesh.

S’entendant comme larrons en foire avec les monarques féodaux de l’Arabie saouditeAl-Qaïda a fait son nid, Donald Trump prend, dès l’automne 2017, de bonnes résolutions de Nouvel An…
« Nous sommes convenus que toute nation responsable doit conjuguer ses efforts avec ceux des autres nations pour lutter contre le terrorisme et l’extrémisme violent. Nous allons mettre un terme au terrorisme islamique radical parce que nous ne pouvons pas le laisser déchirer nos nations et, de fait, déchirer le monde entier. » [Idem.]
Comment le président Trump pense-t-il « lutter contre le terrorisme et l’extrémisme violent » en bombardant les peuples pour renverser les régimes qui luttent contre le terrorisme et l’extrêmisme violent ?…

À suivre… Texte 4
Assemblée Générale de l’ONU à New York – Discours de Donald Trump, 19 septembre 2017 – Texte 4 : D’autres « régimes-voyous », selon Trump et ses prédécesseurs à la Maison-Blanche…

Françoise Petitdemange
20 janvier 2019


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