Pourquoi, en 1976, ai-je écrit le roman « Une femme très ordinaire » ?

Du point de vue de la littérature, qu’était-ce donc que ce tout petit roman d’une centaine de pages que j’ai écrit en une quarantaine de jours des mois de janvier et de février 1976 : Une femme très ordinaire ?

Si, aujourd’hui, j’ouvre le carnet sur lequel j’ai noté, pendant de longues années, les titres des différents livres que j’ai lus et parfois étudiés (ce qui veut dire avec prise de notes concomitante, à la façon dont G.W.F. Hegel l’avait fait autrefois), je retrouve, pour la fin de 1975 :
Paul Valéry, Monsieur Teste ;
André Malraux, La Condition humaine ;
– 
Jean-Paul Sartre, L’Etre et le néant (avec étude approfondie) ;

Louis Aragon, La Mise à mort ;
Fiodor M. Dostoïevski, Crime et châtiment, I et II (en seconde lecture)

Quant au tout début de 1976, voici où je m’alimentais :
G.W.F. Hegel, Encyclopédie des Sciences philosophiques (avec étude approfondie) ;
Martin Heidegger : Qu’appelle-t-on penser ?
Jean-Paul Sartre, Question de méthode (en seconde lecture).

C’est Sartre qui retient mon attention… tellement, aujourd’hui, je l’ai oublié.
Mais je n’ai pas oublié ce que j’ai appris de lui, et de la critique qu’il avait faite d’un roman de François Mauriac à qui il reprochait de jouer le rôle de Dieu en prenant, tour à tour, le point de vue de différents personnages. Pétri de ce qu’il avait cru devoir retenir de la phénoménologie selon Husserl, Jean-Paul Sartre exigeait que, dans un roman, l’on s’en tînt, comme de son côté la vie quotidienne nous y réduit, au point de vue d’un seul protagoniste…

Il y a donc de cela dans Une femme très ordinaire : le point de vue, et rien que lui, d’une femme de quarante ans…

Et puis il y a ce qui, sous l’angle formel, est aussitôt visible, même si quelquefois la lecture de ce livre aura pu être achevée sans qu’on s’en soit aperçu… C’est ce que je dois au roman de Michel Butor, La Modification, paru initialement en 1957.

Il me semble que, lui aussi, évoquait la phénoménologie… En tout cas, voici la première phrase de son livre :
« Vous avez mis le pied gauche sur la rainure de cuivre, et de votre épaule droite vous essayez en vain de pousser un peu plus le panneau coulissant. »

Autrefois, j’avais lu une nouvelle d’Hervé Bazin : « Lui »… « Vous », d’un côté, « Lui », de l’autre… J’étais donc très bien équipé.

Travaillé comme je l’étais par tous les auteurs que j’ai cités plus haut, il m’est venu à l’esprit qu’en alternant, chez ce personnage de femme, le « vous » et le « tu », il serait possible de définir, à chaque fois, le franchissement d’un seuil : entre le rôle offert au regard de son entourage, et les moments de profond trouble où elle n’aurait plus à feindre ni par rapport aux autres ni, surtout, par rapport à elle-même… D’où vient que nous passions d’un statut à l’autre, dans notre propre intimité ? Etait-ce quelque chose qu’un roman pouvait aller chercher ?…

Au bout des quarante jours fatidiques de 1976, mon opinion était faite. Restait à savoir ce qu’en penseraient d’autres…

Pour rejoindre Une femme très ordinaire, c’est ici

Michel J. Cuny

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Naissance d’un écrivain… Michel J. Cuny en 1976 ?


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