IV. 93 – La 8ème série de négociations à Genève (Suisse) sur la Syrie, sous l’égide de l’ONU, le 29 novembre 2017

Bachar al-Jaafari à Genève, 29 novembre 2017

IV. 93 – La 8ème série de négociations à Genève (Suisse)
sur la Syrie, sous l’égide de l’ONU, le 29 novembre 2017

Prévues pour le 28 novembre, les négociations ont pris du retard. Suite à une provocation de l’opposition, la délégation syrienne, qui représente le gouvernement, a décidé d’ajourner son voyage en Suisse.

En cette fin de 6ème année de guerre, malgré la victoire de l’armée syrienne qui se dessine, les opposants et exilés syriens, financés par l’Arabie saoudite, réclament à cor et à cri, avant tout règlement politique qui amènerait la paix, le départ de Bachar El Assad comme s’il n’avait pas été élu par la population à la présidence de la République Arabe Syrienne.

L’opposition syrienne à Riyad, en Arabie saoudite,
22-23 novembre 2017 : qui décide de quoi ?

Juste avant cette 8ème série de négociations à Genève, une réunion s’était tenue à Riyad (Arabie saoudite), les 22 et 23 novembre, en compagnie de l’émissaire spécial de l’ONU, Staffan de Mistura.
Le communiqué final, adopté à l’issue de cette réunion, montre à quel point l’opposition au Président élu et au gouvernement syriens est inféodée à la monarchie saoudienne… puisqu’elle insistait alors sur une « transition politique » et, en des termes qui n’honorent pas les membres de cette opposition qui paraissent oublier qu’ils sont en train de perdre la guerre…, sur « le départ d’Assad et de sa clique dès le début de la période intérimaire ». [Yahoo actualités, Syrie : La délégation gouvernementale quitte Genève, 1er décembre 2017.]

Après cela, le chef de la délégation de l’opposition, Nasr Hariri, arrivait à Genève, particulièrement “remonté” contre le Président Bachar El Assad et, très démocrate, déclarait face aux caméras, avant même toute discussion :
« Nous soulignons qu’une transition politique permettant en premier lieu d’exclure Al-Assad est notre objectif. » [Radio-canada, Les négociation sur la Syrie reprennent à Genève, 30 novembre 2017.]

Lors de chaque réunion à Genève, la délégation, qui représente le gouvernement syrien, tente de trouver une solution politique qui mettrait fin au conflit en Syrie et qui protégerait des vies humaines.

Alors que l’armée syrienne est en train de libérer son pays des groupes armés rebelles et des djihadistes, le chef de la délégation de l’opposition s’en remet à « la communauté internationale » ou, plutôt, à la communauté occidentalo-golfique, et, donc, aux États étrangers qui ont lancé la guerre contre la Syrie… pour faire la paix ! Il s’en remet donc aux perdants pour imposer… quoi ? Le départ de la présidence de celui qui a conduit l’armée du pays à la victoire !
« Nous invitons la communauté internationale à faire pression sur le régime pour qu’il s’engage dans le processus. » [Yahoo actualités, Syrie : La délégation gouvernementale quitte Genève, etc.]
À croire que cette opposition – syrienne ? –, qui laisse aux combattants de l’État Islamique le soin de se faire tuer et qui est en train de perdre la guerre, n’est pas pressée d’aboutir au processus de paix puisqu’elle cherche à imposer à la délégation du gouvernement syrien, comme préalables à la paix, des conditions impossibles à respecter sans trahir le peuple syrien lui-même et son vote aux élections présidentielles.

Bachar al-Jaafari (au centre), s’apprête à quitter
le Palais des Nations, à Genève, 29 novembre 2017
(Photo : Martial Trezzini/AP/SIPA)

Lors de sa conférence de presse, le chef de la délégation syrienne, Bachar al-Jaafari, devait déclarer :
« Tant que l’autre partie s’en tiendra aux termes de Ryad II, il n’y aura pas de progrès. » [Idem.]
Derrière Riyad, il y a… l’État sioniste puisque la monarchie du Golfe et cet État sont, durant cette guerre, comme cul et chemise. Évoquant l’émissaire de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, Bachar al-Jaafari ajoutait :
« Pour nous, en tant que délégation gouvernementale, cette session est terminée. Lui [Staffan de Mistura], en tant que médiateur, peut donner son opinion. » « Nous, le gouvernement syrien, et de nombreuses capitales, considérons les termes employés dans la déclaration comme un recul plutôt qu’un progrès, parce qu’ils imposent une condition préalable (…) Les termes sont provocateurs, politiquement irresponsables et outrepassent les attentes du peuple syrien. » [Idem. Note de FP : La précision entre crochets est de mon fait.]
Concernant la présence à Genève, la semaine suivante, de la délégation représentant le gouvernement syrien, pour reprendre les négociations, Bachar al-Jaafari avait répondu :
« Damas en décidera. » [Idem.]

Staffan de Mistura, émissaire de l’ONU (2ème à g.) –
Réunion de l’opposition en Arabie saoudite, 22 nov. 2017

L’ONU, qui doit tout aux fauteurs de guerre (États-Unis, France, Grande-Bretagne), ne parvient pas plus en Syrie qu’en Libye, qu’en Irak, etc., à aboutir à une solution qui serait en conformité avec ses propres textes où il est question de la « souveraineté » des États, de leur « intégrité territoriale » et « du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes »…

L’émissaire Staffan de Mistura qui, depuis 2016, organise les Pourparlers de Genève, en est à la 8ème série de discussions sans avoir rien obtenu pour la population syrienne qui meurt encore et encore sous les bombes occidentalo-golfico-sionistes. Alors que depuis janvier 2017, la Russie, qui a organisé, avec l’Iran et la Turquie, 7 séries de Pourparlers à Astana au Kazakhstan, a pu réunir des membres de la délégation de l’État syrien et d’autres de l’opposition pour créer quatre « zones de désescalade » des combats sur le sol de la Syrie. Autrement dit, là où l’ONU échoue, la Russie, l’Iran, la Turquie parviennent à des résultats concrets ; ces trois pays, qui ont envisagé, à la fin octobre, la tenue d’un « Congrès du dialogue national inter-syrien », travaillent avec la Syrie à sa préparation.

L’opposition “syrienne”, qui remet sans cesse sur le tapis son obsession : le départ du pouvoir du Président réélu, Bachar El Assad, a fait échouer les négociations de Genève les unes après les autres. En septembre 2017, Staffan de Mistura avait dû dire à l’opposition qu’il lui fallait être « assez réaliste pour réaliser qu’elle n’a pas gagné la guerre ». [L’Orient-Le Jour, Début des pourparlers de Genève, la délégation de Damas attendue mercredi, 28 novembre 2017.]
Cependant, lui-même n’hésite pas à participer aux réunions de l’opposition en Arabie saoudite, pays arabe qui utilise les opposant(e)s pour déstabiliser un autre pays arabe, la Syrie, et qui fait le jeu de l’État sioniste contre les pays arabes de la région.

Suite : IV. 94 – À défaut de respecter ses textes fondateurs, l’ONU exerce ou incite tel État à exercer des pressions sur tel autre État…

Françoise Petitdemange
15 février 2018


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