Conseil National de la Résistance… De quels décombres nous parle-t-on?

Dans un document publié par l’hebdomadaire « Challenges » en date du 4 octobre 2007, l’ancien numéro 2 du MEDEF, Denis Kessler, n’a pas hésité à dire, à propos du « modèle social français […], pur produit du Conseil national de la Résistance » :
« Cette « architecture » singulière a tenu tant bien que mal pendant plus d’un demi-siècle. Elle a même été renforcée en 1981, à contresens de l’histoire, par le programme commun. Pourtant, elle est à l’évidence complètement dépassée, inefficace, datée. »

Evoquant ce qui semble n’être pour lui qu’un très embarrassant monceau de vestiges, il avoue très tranquillement :
« La liste des réformes ? C’est simple prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui d sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! »

Et pourquoi donc : « méthodiquement » ?

C’est que monsieur Denis Kessler a parfaitement vu ce que nous n’avons parfois eu que trop tendance à négliger : « A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. »

Ainsi, enfermer la Sécurité sociale dans le petit paragraphe que lui a consacré le Conseil National de la Résistance, c’est commettre une très grave erreur.

Sans le savoir, c’est passer sous les fourches caudines déployées par Charles de Gaulle devant la Résistance après la disparition de Jean Moulin et l’étouffement d’une souveraineté qui, par le programme du 15 mars 1944, manifestait la plénitude de ses pouvoirs et non pas quelques vagues velléités parmi lesquelles il eût été permis de faire assez largement le tri…
« Profonde unité d’un programme ambitieux » : Monsieur Denis Kessler parle d’or.

Or… mais, seulement pour celles et ceux qui sont décidé(e)s à prêter l’oreille à l’ensemble de la symphonie écrite en synergie par Jean Moulin et… Pierre Cot, puis entrée dans un début d’exécution sous l’autorité souveraine du Conseil National de la Résistance, avant que ne survienne, pour finir, un « bousilleur » de première. Toujours le même, avec, plus tard, le collier étrangleur de cette Constitution qui n’en finit plus de nous faire perdre le sens de la vraie grande musique d’une humanité réconciliée avec elle-même, pour avoir su mettre définitivement fin à l’exploitation des uns par les autres.

Michel J. Cuny


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