Surtout bien se laisser guider par Doliprane

À la date du 24 janvier 2014, et sous la plume de Gaëlle Fleitour, le site de l’Usine Nouvelle nous annonce que :
« Pour convaincre les pouvoirs publics de ne pas substituer automatiquement les génériques à son Doliprane, le président France de SanofiChristian Lajoux, est prêt à prôner le déremboursement de toutes les marques de paracétamol. Un contre-pied inattendu... »

Peut-être pas si inattendu qu’on pourrait le croire. En effet, ce qui paraît n’être qu’une rupture tactique s’insère – un minimum de réflexion permet de le comprendre – dans une grande manœuvre à caractère stratégique.

Sanofi, comme tous les autres grands laboratoires pharmaceutiques – mais chacun à sa façon et selon son propre rythme -, navigue entre deux mondes : celui qui est né de l’après seconde guerre mondiale, et celui de demain, mais d’un demain qui se serait plié aux intérêts de la grande finance internationale.

Pour sa part, Gaëlle Fleitour croit, ou fait mine de croire, au caractère défensif de l’attitude du patron de Sanofi France :
« Christian Lajoux, le président France de Sanofi, entend bien convaincre l’autorité sanitaire (l’ANSM) de renoncer à son idée d’obliger les pharmaciens à fournir un générique en cas de prescription d’une marque de paracétamol. »

Sur BFMTV, le 7 février 2013 – il y a presque un an jour pour jour -, le grand patron de SanofiChris Viehbacher, abordait la même question sous l’angle de la planète terre et pour un produit essentiel dans le chiffre d’affaires mondial de son groupe :
« Regardons Plavix. Plavix est aujourd’hui le plus grand médicament au monde, après la chute du brevet de Lipitor. Ça fait 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires au niveau mondial. Aux États-Unis, le brevet va chuter à mi-mai. Et en trois mois, nous allons perdre 90 % du chiffre d’affaires de Plavix. C’est pourquoi on appelle ça : la falaise. »

« Falaise » dont il s’agit d’obtenir un effet « trampoling », qui aboutira, selon ce qu’en a décidé la finance internationale, au dépérissement – déjà largement entamé – de la belle et bonne Sécurité sociale, et des contrôles économiques et sanitaires qui vont avec.

(Pour plus d’éléments, voir les thèmes abordés dans « Une santé aux mains du grand capital ? – L’alerte du Médiator » (accessible ici), travail qui montre ce que nous annonce la chevauchée fantastique de ce dernier médicament à propos de l’avenir qui nous attend :

Michel J. Cuny


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