IV. 88 – À propos du « Congrès du dialogue national inter-syrien », à Sotchi (Russie), prévu pour le 18 novembre 2017

Sotchi (Fédération de Russie)

IV. 88 – À propos du “Congrès du dialogue national inter-syrien”,
à Sotchi (Russie), prévu pour le 18 novembre 2017

Dès le début de la guerre, commencée en mars 2011 – dans le même temps que celle lancée en Libye –, la Syrie avait invité les groupes d’opposition à une « conférence de dialogue national » pour discuter de la politique syrienne. Mais les groupes d’opposition (surtout ceux constitués de Syrien(ne)s vivant à l’étranger), qui se faisaient financer par les États occidentalo-golfiques belliqueux, multipliaient, en Europe et dans la Péninsule arabique, les réunions tournées délibérément contre l’État syrien.

Durant ces six années écoulées, la situation a cependant évolué sur le terrain en faveur de l’armée de la République Arabe Syrienne : celle-ci libère progressivement le pays de l’emprise des groupes terroristes qui se font tuer dans cette guerre en lieu et place des groupes d’opposition bourgeois qui, eux, bavassent sans fin, soutenus qu’ils sont par leurs mécènes : dans cette guerre, il y a les groupes de mercenaires armés et financés par les États ennemis de la Syrie et les groupes de mercenaires politiques financés par les mêmes États ennemis.

Les 30 et 31 octobre, à la fin des Pourparlers d’Astana, la Syrie et la Russie venaient de relancer l’idée d’un congrès destiné à rétablir un dialogue entre les différentes tendances politiques. Le lieu de ce “Congrès du dialogue national syrien” avait été fixé à Sotchi, dans le sud de la Russie, pour le 18 novembre, soit dix jours avant la réunion de Genève (prévue pour le 28). S’adressant à la Presse, Bachar al-Jaafari avait apporté quelques précisions : « Vous avez raison de vous interroger sur le lieu du congrès. Sachez qu’il avait été proposé qu’il se tienne en Syrie et à son invitation. Évidemment, nous n’avons pas renoncé, ni ne renoncerons à notre rôle en tant qu’État. Mais notre approche réaliste de la situation fait que nous savons qu’une grande partie des groupes armés dépendant politiquement et financièrement de l’étranger – et donc d’États désormais connus de tous – ne sera pas autorisée à rejoindre un congrès parrainé par l’État syrien. C’est pourquoi, après des discussions approfondies avec la partie russe, nous avons considéré qu’il valait mieux que le congrès se tienne en Russie ; premièrement, parce que la Russie est un État garant ; deuxièmement, parce que nous avons confiance en la Russie, un État ami qui a défendu et continue à défendre la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de la Syrie. » [Mondialisation, Syrie : d’Astana 7 à Sotchi 1 avant Genève 8… en attendant Damas 1 ?, 2 novembre 2017. Transcription et traduction par Mouna Alno-Nakhal.]

Ce « Congrès du dialogue national » était destiné à rétablir le dialogue politique entre l’État syrien et les groupes d’opposition à l’intérieur du pays. La CNS (Coalition Nationale Syrienne) qui, depuis le conflit en Syrie, n’a rien à refuser à son mentor et mécène saoudien, et qui représente surtout l’opposition qui s’est exilée depuis des années voire des décennies, clamait bientôt, qu’« en dehors du cadre de Genève » et « sans le parrainage des Nations Unies », elle ne participerait pas aux discussions de Sotchi. [almanarfranch, Proposition de dialogue intersyrien à Sotchi : les Kurdes partant… la coalition pas, 1er novembre 2017.]

Le HCN (Haut Comité des Négociations), représentant de plusieurs groupes d’opposant(e)s, qui ne jure, lui aussi, que par les réunions de Genève, refusait de s’y rendre et affirmait, à propos de l’invitation russe : « [C]’est une blague de mauvais goût proposée par le régime en coopération avec la Russie. » Mais encore… « Nous avons des dizaines de raisons de rejeter l’initiative russe, la principale est qu’elle n’apporte pas de soutien à la crise syrienne, elle n’apporte pas la sécurité aux Syriens, ni ne les débarrasse du régime. » [Idem. Note FP : La Lettre majuscule entre crochets, qui remplace une minuscule, est de mon fait.] Ce qui en dit long sur l’indépendance des groupuscules d’opposition à l’État syrien et, bien évidemment, sur leur volonté de mettre fin à un conflit qu’ils ont allumé et qui fait, chaque jour, des mort(e)s et des blessé(e)s…

Quant au Parti kurde de l’Union démocratique, il acceptait, par la voix de sa responsable, Mme Foza Yusuf, l’idée de ce Congrès : « Nous nous proposons de participer au Congrès en tant que force démocratique opérant dans le nord de la Syrie. Nous nous prononçons en faveur d’un règlement politique et soutenons la position de la Russie là-dessus. » [Idem.]

Le vice-ministre russe des Affaires Étrangères, Mikhaïl Bogdanov, devait dire : « Nous espérons que quiconque croit que le sort de son pays, son unité, son intégrité territoriale et sa souveraineté sont importants y participera. » [Beyrouth (Reuters), Les opposants syriens du HCN rejettent la conférence de Sotchi, 2 novembre 2017.]

Les reculades d’une opposition, parlant et agissant sous la dictée de la coalition occidentalo-golfico-sioniste dont les mercenaires armés se font tuer sur le terrain des combats, ne pouvaient en rien gêner le cours des événements prévus. Le ministre russe des Affaires Étangères, Sergueï Lavrov, un rien railleur, déclarait… « Nous avons reçu des retours assez positifs. » « Même s’il y a toujours ceux qui refusent catégoriquement de discuter avec le gouvernement, exigent de nouveau le changement du régime et se croient les représentants uniques du peuple syrien. » [RT (Russia Today), Le Congrès du dialogue national syrien en Russie reste à l’ordre du jour, selon Moscou, 7 novembre 2017.]

Mais les ennemis de la Syrie dont font partie notamment les gouvernements français successifs, œuvrant et manœuvrant sous la houlette des Sarkozy, Hollande, auront beau multiplier les embûches, ils perdront, sur le terrain en Syrie, cette guerre civile et coloniale qu’ils ont lancée en 2011… Leurs menées criminelles ont détruit un pays, fait plus de 350.000 mort(e)s, de nombreux(ses) blessé(e)s, des handicapé(e)s ) à vie. Leurs guerres et leur haine de l’autre, qu’il soit Arabe, Africain, Afghan… produisent des millions de réfugié(e)s et font mourir, depuis la destruction de l’État des masses en Libye, des milliers d’hommes, de femmes, d’enfants dans la Méditerranée.

Suite : IV. 89 – « [C]e que vous avez fait. Nous ne l’oublierons pas. »

Françoise Petitdemange
5 février 2018


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