La garde rapprochée de Servier : De Marie-Thérèse Hermange à Jean-Philippe Seta

Ainsi que le site du Nouvel Observateur l’indique à la date du 27 avril 2013 :
« L’ex-sénatrice UMP Marie-Thérèse Hermange et le N.2 de Servier, Jean-Philippe Seta, ont été mis en examen dans une enquête visant le laboratoire pharmaceutique, soupçonné d’être intervenu dans la rédaction d’un rapport sénatorial sur le Médiator, a annoncé samedi 27 avril une source judiciaire. »

Ce rapport sénatorial est celui qui s’est présenté comme résultat officiel des travaux menés par la mission d’information mise en place par le Sénat sous la présidence de François Autain, madame Marie-Thérèse Hermange en étant la rapporteure, ce qui explique que le rapport soit un peu (beaucoup?) devenu sa « chose ».

Affirmons-le immédiatement : ajoutées au rapport réalisé par l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales), les auditions issues du travail de questionnement effectué par François Autain forment un cocktail détonant dont les médias se sont bien gardé de publier le centième. Il y a en effet, là, de quoi faire exploser non seulement l’AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé), mais le ministère de la Santé, l’industrie pharmaceutique dans son ensemble, sans parler du corps médical et de sa branche universitaire, ni des parlementaires, etc.

Ainsi, à sa façon, Marie-Thérèse Hermange est peut-être une héroïne qui s’ignore. Ce qui est sûr, c’est qu’en essayant d’amortir l’onde de choc, elle aura longtemps fait des heureux dans l’ensemble de la chaîne de corruption qui s’est mise en place, au long des dernières décennies, pour piller cette brave vache à lait qu’est la plantureuse Sécurité Sociale, qui s’apprête, d’ailleurs, à en mourir…

Pour ma part, il m’a semblé nécessaire de faire figurer ce petit texte sur la toute première page d’« Une santé aux mains du grand capital? – L’alerte du Médiator » (accessible ici) :
« L’affaire du Médiator a donné lieu à la création d’une mission commune d’information Assemblée Nationale – Sénat.
En ce qui concerne celui-ci, toutes les vidéos réalisées à partir d’une petite centaine d’auditions sont, chacune dans son intégralité, accessibles sur Internet : c’est un vrai trésor.
En effet, la comparaison, qui peut s’établir entre les comptes rendus officiels et ce qui se voit et s’entend à partir des vidéos, est confondante pour les premiers qui sont tellement approximatifs qu’ils en deviennent tout simplement mensongers.
Or, sous la conduite de son président François Autain, le travail réalisé par la commission du Sénat (réduite cependant à sa plus simple expression) ouvre un boulevard à une recherche de grande ampleur, tant la parole humaine, délivrée en tant que telle, recèle de forces vives et de possibilités d’impacts.
On le constatera bien vite… » (page 9)

Comme on le voit, il n’a pas été nécessaire d’attendre de pouvoir lire le rapport de Marie-Thérèse Hermange pour se trouver – un peu, beaucoup – intoxiqué… Les services de transcription du Sénat ont déjà fait du bon boulot. Il faut donc en féliciter la… démocratie apaisée.

Avant de pousser un peu plus loin les investigations qui s’imposent, je reprendrai ce que j’ai pu écrire à propos de la ligne de défense suivie par Jean-Philippe Seta, non sans souligner qu’elle me paraît tout à fait pertinente, si l’on veut bien se souvenir de la petite histoire du pot de terre et du pot de fer. Ecoutons-le tout d’abord :
« J’ai également une responsabilité à l’égard des 22 000 collaborateurs des laboratoires Servier dans le monde et particulièrement des 5500 collaborateurs français. Ils doivent continuer à être fiers de travailler dans une industrie de vie et dans un laboratoire qui est une Fondation dans laquelle il n’y a jamais eu ni de stock-options, ni d’actions gratuites, ni de bonus, et qui a toujours voulu travailler pour le bien des patients. » (page 247)
Ce que je commente de la façon suivante :
« Impossible de ne pas voir les quelques pointes qui sont orientées vers une firme pharmaceutique française qui, elle, manœuvre en grand avec stocks-options, actions gratuites et bonus. » (pages 247-248)

Lisons quelques lignes encore d’« Une santé, etc. » :
« À la question très précise que lui pose Marie-Thérèse Hermange : « Par rapport aux conflits d’intérêts, y a-t-il des appétits financiers ou économiques pour que Servier parte dans d’autres mains ? », Jean-Philippe Seta répond avec beaucoup d’aplomb et une certaine volubilité :
« Je rappelle que ce médicament a été retiré du marché français en novembre 2009. Un an plus tard, une campagne médiatique se déchaîne. »

Monde bien étrange, en vérité!

Michel J. Cuny


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