IV. 84 – « Les forces étrangères présentes sur le sol syrien, sans le consentement du gouvernement syrien, sont illégitimes dans tous les sens de ce terme »

IV. 84 – « Les forces étrangères présentes sur le sol syrien, sans le consentement du gouvernement syrien,
sont illégitimes dans tous les sens de ce terme »

Les 6èmes Pourparlers de Paix
à Astana (Kazakhstan),
(14-15 septembre 2017)

La jeunesse syrienne qui reconstruira son pays.
Et non celle, dorée, qui vit en Occident
et qui l’a fait détruire…

Depuis janvier, les Pourparlers réunissent les pays garants du cessez-le-feu. Lors de cette séance, la Russie était représentée par Alexander Lavrentiev (envoyé spécial du président Poutine), l’Iran, par Jaberi Ensari (vice-ministre des Affaires Étrangères), la Turquie, par Sedat Onal (secrétaire d’État adjoint aux Affaires Étrangères), auxquels s’ajoutaient le chef de la délégation du gouvernement syrien, Bachar al-Jaafari, des représentants des groupes d’opposition et de l’ONU.

Pour désamorcer la violence des combats, des « zones de désescalade », désignées en mai, devaient comprendre une partie de la province d’Idlib, une poche au nord de la ville de Homs, une autre jouxtant l’est de la capitale Damas (Ghouta orientale), et une partie du sud, zone frontalière avec le Golan occupé par l’État sioniste et avec le nord de la Jordanie. Ces zones de cessez-le-feu devaient être entourées de zones de sécurité. En juillet, la Russie et les États-Unis avaient décidé de créer la dernière zone prévue, celle de Deraa et Quneytra, ville du Golan située entre la Syrie et l’État sioniste, occupée avant d’être transformée en ville fantôme par les sionistes en 1973.

Trois « zones de désescalade » sur les quatre prévues avaient été créées dans les provinces de Homs, de la Ghouta orientale, et de Deraa ; restait donc celle dans la province d’Idlib. Au sortir de la 6ème réunion d’Astana, Bachar al-Jaafari indiquait, lors d’une conférence de presse, que c’était chose faite :
« Après consultation du gouvernement syrien par les parties russe et iranienne, les « garants » se sont mis d’accord sur les modalités permettant d’inclure cette région en tant que quatrième zone de désescalade. » [Conférence de presse de Bachar Al-Jaafari et réponses aux questions, 15 septembre 2017. Reprise dans La Voix de la Syrie, Astana 6 : Aux garants russes et iraniens de tester l’engagement du garant turc…, 16 septembre 2017. Transcription et traduction par Mouna Alno-Nakhal. Note FP : Quelques rares petites retouches, notamment dans la ponctuation, sont de mon fait.]

Par ailleurs, la libération très difficile de Deir ez-Zor, plusieurs fois espérée et même annoncée, était, cette fois, effective :
« Ici, je ne peux que rendre hommage aux victoires de nos forces armées à Deir ez-Zor assiégée par les terroristes depuis trois ans, victoires remportées avec le soutien des forces amies et alliées. En effet, la percée du siège de cette ville résistante et la libération des nôtres sont d’une importance capitale, militaire et humaine à la fois, étant donné que les convois affluent maintenant vers ses habitants inondant ses marchés de toutes les denrées et médicaments susceptibles d’atténuer leur souffrance. » [Idem.]

La libération de la Syrie de toutes les forces usurpatrices n’a jamais été, depuis 2011, en aussi bonne voie :
« Les victoires de nos forces armées contre l’organisation terroriste Daech sur de nombreux fronts en territoire syrien confirment la détermination de la République arabe syrienne à libérer toute la terre syrienne de toutes les organisations terroristes armées, où qu’elles se trouvent. » [Idem.]
À bons entendeurs…

Lors des réponses aux questions posées par les journalistes, Bachar al-Jaafari soulignait la loyauté, remarquable et remarquée, des forces alliées de la Syrie, celles, notamment, de la Russie et de l’Iran :
« Naturellement, comme l’a déclaré le ministre kazakh des Affaires étrangères, le communiqué démarre par leur « engagement à respecter l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance politique de la Syrie. ». » [Idem. Réponse 1]
Ce qui est une façon aussi d’avertir les dirigeants occidentalo-golfico-sionistes qui voudraient, aussitôt les groupes de Daesh chassés de la Syrie, fondre sur elle pour la dépecer, qu’il y a des limites à ne pas franchir.

Après avoir rappelé qu’une partie de l’opposition syrienne armée était représentée aux Pourparlers d’Astana et qu’elle avait entériné le communiqué final, Bachar al-Jaafari devait faire remarquer ceci :
« Les groupes de l’opposition armée ayant rejoint cette réunion d’Astana 6 seront dans l’obligation de combattre Daech, le Front al-Nosra et les autres groupes terroristes apparentés, à l’intérieur et à l’extérieur des zones de désescalade. » [Idem. Réponse 2]

À propos de la distinction très délicate à faire entre les « zones civiles » et les « zones terroristes », Bachar al-Jaafari n’hésitait pas à dire ce qu’il en était du comportement des États-Uniens depuis 2011 :
« Durant sept années, nous avons tous été confrontés à cette tragédie… à cette dure réalité. Néanmoins, il revient aux militaires de décider des mécanismes de mise en œuvre de cet accord, parce qu’ils connaissent les cartes et peuvent nous dire comment distinguer les civils innocents des terroristes.
À ce propos, j’aimerais attirer votre aimable attention sur le fait que pendant tout ce temps, avec les Russes, les Iraniens et tous nos amis, nous n’avons cessé de demander à la partie américaine de nous aider à séparer entre ces deux catégories. Nous avons sollicité cette aide pendant des années sans jamais l’obtenir.
Maintenant, comme je viens de le dire, ce test montrera le niveau de détermination de chacun à respecter l’engagement contenu dans le communiqué final d’aujourd’hui, y compris les Américains, les Turcs, les Saoudiens, les Qataris, les Jordaniens, les Israéliens… [ce qui n’est pas précisé dans le communiqué final ; NdT]. Tous devront faire en sorte que cet engagement devienne réalité. » [Idem. Réponse 3. Note FP : La NdT (Note de la Traduction) n’est pas de mon fait.]
Voilà qui montre à quel point les États-Uniens ne sont pas dignes de foi.

Que dire de l’engagement de certains pays comme la Turquie ?
« Les forces étrangères présentes sur le sol syrien, sans le consentement du gouvernement syrien, sont illégitimes dans tous les sens de ce terme. Cela est clairement affirmé dans les textes des résolutions adoptées par le Conseil de sécurité, dans le communiqué final d’Astana 1, et vient d’être réaffirmé par le communiqué final commun, lu à l’instant par le ministre kazakh des Affaires étrangères ; lequel, une fois de plus, s’engage à respecter l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance politique de la Syrie.
Encore une fois, il ne s’agit pas de littérature mais de décisions politiques applicables non seulement à la Turquie, mais à tous les gouvernements qui envoient illégalement des forces militaires ou soutiennent les terroristes en Syrie. » [Idem. Réponse 4.]
La Syrie peut compter sur l’appui de la Russie et de l’Iran pour faire respecter les textes.

N’y a-t-il pas risque d’occupation de la Syrie par les forces militaires de quelque pays que ce soit ?
« Je répète que toute présence militaire étrangère, qu’elle soit américaine, turque, britannique ou française, qu’elle vienne de Vénus, de Saturne ou de Jupiter, est illégale en vertu du droit international. En Syrie, il n’y a pas de place pour des bases militaires étrangères sans le consentement du gouvernement syrien. » [Idem. Réponse 5.]

c’est-à-dire aux occidentalo-golfico-sionistes criminels
qui ont détruit la Syrie et massacré son peuple

La veille, dans le cadre de ces Pourparlers, le chef de la délégation russe, Alexander Lavrentiev, avait soulevé la question d’une possible participation de pays comme le Liban, l’Irak, la Chine, les Émirats Arabes Unis, aux prochaines réunions d’Astana. Bachar al-Jaafari devait ainsi répondre :
« Le processus d’Astana a été couronné de succès. C’est l’unique plate-forme qui a réussi. C’est pourquoi certaines capitales s’y intéressent et souhaitent le rejoindre. Mais la question de l’adhésion de plus de pays est à discuter au sein de leurs capitales, non ici. À chacune de ces capitales de prendre la bonne décision à cet égard. » [Idem. Réponse 6.]
La porte d’Astana est ouverte mais, attention, on n’y entre pas comme dans un moulin…

Françoise Petitdemange
3-27 octobre 2017

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s