IV. 77 – Syrie… La guerre des pipelines

IV. 77 – Syrie… La guerre des pipelines

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Il suffit de penser aux embargos et autres sanctions dicté(e)s à l’ONU (Organisation des Nations Unies) par les États capitalistes qui cherchent à asphyxier les peuples de nombreux pays de tous les continents, dont le Liban, la Russie et l’Iran, alors que et parce que ceux-ci sont aux côtés de la Syrie en guerre contre l’ÉI (État Islamique), pour comprendre le resserrement des liens entre la Russie, le Liban, l’Iran et la Syrie et pour comprendre, aussi, que la lutte affichée par la cohorte d’États, valets des États-Unis et de l’État sioniste (dont la France), contre les groupes de l’ÉI (État Islamique), tout en les armant jusqu’aux dents, n’a jamais été qu’un prétexte pour détruire un pays arabe, la Syrie, et imposer, non pas une démocratie, mais une dictature capitaliste à la majorité de la population syrienne qui n’en veut pas, avant de régler leur compte aux mercenaires de l’ÉI (État Islamique) lui-même… et avant de régler leurs comptes entre eux (Cf. L’Arabie saoudite et le Qatar)…

USRAËL, la CIA, le Mossad
et la manipulation des “djihadistes”

Voici comment Robert Francis Kennedy junior – fils de Robert Francis Kennedy, plus connu peut-être sous son surnom de Bob, assassiné en 1968, cinq ans après son frère John Fitzgerald Kennedy – explique les origines de cette haine politico-économique contre la Syrie et l’Iran, qui remonte notamment aux années 1950, qui renvoie aux coups d’État fomentés et exécutés par la CIA (Central Intelligence Agency) et dont les récentes manifestations se traduisent en embargos et en guerres. Ces toutes dernières années, la CIA (Central Intelligence Agency) a poursuivi son travail de mort et ce n’est pas un révolutionnaire qui le dit… C’est Robert F. Kennedy lui-même :
« Bien avant notre occupation de l’Irak en 2003, déclenchant le soulèvement sunnite qui s’est transformé en État islamique, la CIA a alimenté, en agents toxiques, le jihadisme violent, comme une arme de Guerre froide et de relations de terreur entre les États-Unis et la Syrie. » [Robert Francis Kennedy junior, Pourquoi les Arabes ne veulent pas de nous en Syrie. Ils ne détestent pas “nos libertés”. Ils détestent le fait que nous avons trahi nos idéaux dans leur propre pays – pour le pétrole, 23 février 2016. Note FP : La traduction de l’anglais au français est de mon fait.]

D’énormes gisements d’hydrocarbures
et des bases militaires anglo-saxonnes pour les contrôler…

Dans la seconde moitié du XXème siècle, les grandes compagnies pétrolières occidentales ont multiplié la prospection dans les terres et dans les fonds sous-marins à la recherche de gisements d’hydrocarbures si nécessaires au développement de leurs activités et à celui des pays capitalistes. En 1971, la compagnie pétrolière Shell a découvert dans les fonds sous-marins du Golfe Persique un immense gisement de gaz naturel de quelque 9.700 km2 dont l’importance dépasse le gisement pétrolier découvert en Arabie saoudite, en 1948, et considéré comme l’un des plus grands dans le monde même s’il n’est pas exploitable dans sa totalité et si la qualité de son pétrole s’avère d’autant plus variable qu’il a une forte teneur en soufre (contrairement au pétrole de la Libye, par exemple, qui comporte une faible teneur en soufre nécessitant peu de raffinage et qui est très prisé pour sa haute qualité). Pour exploiter leur gisement commun, le Qatar et l’Iran ont dû investir des sommes considérables dans la construction d’installations sous-marines. Ces deux pays entretenaient alors des relations de bon voisinage.

Le détroit d’Ormuz

Nul besoin de dire que la découverte et l’exploitation d’énormes gisements dont celui situé dans le Golfe Persique, au Proche et Moyen-Orient, réactivent l’hostilité qui n’a jamais vraiment cessé d’être… qu’avaient naguère les États capitalistes contre l’URSS, et qu’ils ont maintenant contre la Russie.

C’est pourquoi, selon Robert F. Kennedy junior, de nombreux Arabes considèrent le soutien militaire, apporté par les États-Unis au soulèvement syrien et à l’ASL (armée syrienne libre) contre l’Armée de la République Arabe Syrienne, comme une nouvelle guerre faite par procuration pour contrôler les pipelines et le marché des hydrocarbures, et imposer leur géopolitique. À propos des Arabes, il déclare…
« À leur avis, notre guerre contre Bashar Assad n’a pas commencé avec les manifestations civiles pacifiques du printemps arabe en 2011. Elle a débuté en 2000 quand le Qatar a proposé de construire un pipeline […, à coups de milliards de dollars], s’étirant sur 1.500 kilomètres à travers l’Arabie saoudite, la Jordanie, la Syrie et la Turquie. Le Qatar partage avec l’Iran le gisement gazier South Pars [Perse du Sud] / North Dome [Nord du Qatar], le plus important réservoir de gaz naturel au monde. L’embargo sur le commerce international a récemment interdit à l’Iran de vendre du gaz à l’étranger. Pendant ce temps, le gaz du Qatar ne peut atteindre les marchés européens que s’il est liquéfié et transporté par voie maritime, une route qui limite le volume et augmente considérablement les coûts. Le pipeline proposé aurait relié directement le Qatar aux marchés européens de l’énergie via des terminaux de distribution en Turquie laquelle empocherait les importants frais de transit. Le pipeline Qatar / Turquie donnerait aux royaumes sunnites du Golfe Persique une domination déterminante sur les marchés mondiaux du gaz naturel et renforcerait le Qatar, l’allié le plus proche de l’Amérique dans le monde arabe. Le Qatar accueille deux énormes bases militaires américaines et le quartier général du Commandement Central des États-Unis au Moyen-Orient. » [Idem. Note de FP : Les points de suspension et les mots entre crochets sont de mon fait.] 

Tandis que l’embargo international (ou, plutôt, occidental) sanctionnait l’Iran, le Qatar pompait dans le gisement gazier des volumes tels que l’Iran dut menacer de fermer le détroit d’Ormuz par lequel passent de nombreux bateaux dont les méthaniers venus du Qatar. Or, la puissance politico-économique de celui-ci repose sur les exportations d’hydrocarbures, principalement de gaz.

Le croisement de pipelines en projet
au cœur de la Syrie

En prévision de la construction de son gazoduc, l’émir du Qatar opérait un rapprochement avec le président de la République Arabe Syrienne, Bachar El Assad. En février 2010, l’émirat du Qatar allait jusqu’à signer un pacte de Défense avec la République syrienne.

L’Iran, qui partageait l’immense champ gazier avec son voisin d’en face, le Qatar, avait envisagé lui aussi de développer ses infrastructures et avait annoncé la construction d’un pipeline Iran-Irak-Syrie-Liban pour exporter son gaz vers l’Europe. Ce projet contrariait fortement le Qatar qui voyait arriver un concurrent sur le marché méditerranéen, mais aussi la Jordanie et, surtout, l’Arabie saoudite qui auraient recueilli une manne pour la traversée de leurs territoires. Par ailleurs, il était question d’une possible existence de gisements de gaz dans la région d’Homs : la Syrie risquait de devenir, dans les prochaines années, une concurrente de plus pour le Qatar sur le marché gazier.

À suivre…

Suite : IV. 78 – Syrie… Une guerre de domination

Françoise Petitdemange
14 septembre 2017

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