IV. 74 – Astana IV (3-4 mai 2017) : vers une désescalade de la guerre contre la Syrie

IV. 74 – Astana IV (3-4 mai 2017) : vers une désescalade
de la guerre contre la Syrie

Pourparlers d’Astana (Kazakhstan)

Les négociations d’Astana IV, menées les 3 et 4 mai 2017 dans la capitale du Kazakhstan, mettaient en présence les délégations syrienne, russe, iranienne, pour l’État syrien, la délégation turque et le groupe Jaysh al-Islam pour l’opposition armée, l’envoyé spécial de l’ONU, Staffan da Mistura, pour la Syrie, et puis un représentant des États-Unis, Stuart Jones, secrétaire d’État aux Affaires du Proche-Orient. En marge de ces négociations, le président russe, Vladimir Poutine, s’entretenait avec le président turc Recep Tayyip Erdoğan à Sotchi.

Les zones de désescalade du conflit

À l’occasion de ces quatrièmes rencontres, les trois pays qui s’étaient portés garants, en décembre 2016 et janvier 2017, du respect d’un cessez-le-feu, la Russie et l’Iran pour les forces syriennes et la Turquie pour les groupes de l’opposition armée, devaient mettre au point un memorandum prévoyant la création de quatre « zones de désescalade » du conflit, dans l’espace plus ou moins tenu par les opposants, couvrant l’ouest de la Syrie, du nord au sud. Ces zones devaient comprendre une partie de la province d’Idlib, une poche au nord de la ville de Homs, une autre jouxtant l’est de la capitale Damas (Ghouta orientale), et une partie du sud, zone frontalière avec le Golan occupé par l’État sioniste et avec le nord de la Jordanie. Ces zones de cessez-le-feu seraient entourées de zones de sécurité : le memorandum n’excluait pas la lutte contre les groupes armés de l’ÉI (État Islamique).

Ce memorandum, qui concernait l’ouest de la Syrie, libérait des forces syriennes pour lutter contre l’État Islamique et reprendre le contrôle de l’est du pays. Bien évidemment, ce texte ne pouvait satisfaire les États-Unis qui l’acceptaient sans l’accepter, d’autant que l’un de leurs ennemis, l’Iran, avait participé à cet accord. Derrière ce memorandum, se profilait une lutte entre les forces gouvernementales et pro-gouvernementales et les forces prétendument démocratiques et, donc, entre la Syrie, la Russie, l’Iran, d’une part, et les États-Unis et les opposant(e)s au président élu et au gouvernement syrien, d’autre part.

Russie, Syrie, Iran,Turquie

La Russie et l’Iran, pour la Syrie, la Turquie, pour l’opposition à l’État syrien, signaient le memorandum qui devait prendre effet à compter du 6 mai, pour une durée de 6 mois renouvelable avec leur accord en tant que pays garants.

Selon le communiqué du ministre kazakh des Affaires étrangères, Kairat Abdrakhmanov, il s’agit d’un texte…
« qui prévoit la mise en place de 4 zones de sécurité pour stopper les violences, améliorer la situation humanitaire et créer des conditions permettant de faire avancer le processus et le règlement politique du conflit syrien ». [Fil Info Kazakhstan, Mémorandum entre la Russie, l’Iran et la Turquie sur la mise en place de zones de sécurité en Syrie, N° 4783/26179, 5 mai 2017.]

Ce memorandum prévoyait, outre le passage de vrais convois humanitaires et des services médicaux, l’évacuation, par les groupes armés de l’opposition, des zones en voie d’être de nouveau sous le contrôle de l’armée syrienne, l’accès de ces zones aux civils non armés et le retour des réfugié(e)s dans leurs localités. Il devait permettre une reprise de l’activité économique.

L’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, Staffan da Mistura, intervenait à son tour :
« Aujourd’hui à Astana, je pense que nous sommes en mesure d’être témoins d’une importante étape positive et prometteuse dans la bonne direction du processus de désescalade du conflit. » [Idem.]

Mais pourquoi l’ONU, qui est l’Organisation des Nations Unies, ne prend-elle pas de sévères sanctions contre les États belliqueux (toujours les mêmes) qui portent atteinte à la souveraineté des États et à la liberté des peuples, plutôt que de laisser détruire des pays et des populations, et de se glorifier de tenter de mettre fin aux conflits ?

Les pays signataires du memorandum envisageaient la constitution, dans les jours suivant les pourparlers d’Astana IV, d’un groupe de travail pour la mise en œuvre des décisions prises. La carte précise de délimitation des zones devait être établie avant la date du 4 juin.

Le 5 mai, le chef de la délégation russe, M. Alexandre Lavrentiev déclarait :
« Un certain nombre de groupes d’opposition armés se sont déjà rendus compte de la nécessité de la cessation des conflits mais aucun mécanisme de l’enregistrement des cas de violation de cessez-le-feu n’a jusqu’ici fonctionné en Syrie. » [Presstv, Syrie : les zones de désescalade fermées aux USA, 5 mai 2017.]

Jordanie

Un pays, qui jusque-là n’avait été que fort peu mis à contribution bien qu’ayant une frontière commune avec la Syrie, était invité à participer à ces efforts pour la paix…
« La Jordanie pourrait aussi [re]joindre les observateurs internationaux qui seront chargés de superviser le respect d’une zone de désescalade qui sera créée dans le sud de la Syrie. » [Idem. Note de FP : L’ajout entre crochets est de mon fait.]

Guerre occidentalo-golfico-sioniste contre la Syrie

Les forces armées syriennes, russes, iraniennes, libanaises font nécessairement le bilan des “bavures”, et autres “erreurs” à répétition de la coalition dite internationale, dirigée par les États-Unis, qui fait des morts et des morts dans les rangs des armées et dans la population civile… Elles font aussi le bilan des actions des groupes protégés par la coalition occidentalo-golfico-sioniste dite internationale, armés contre l’armée syrienne et ses alliées et contre la population civile, et qui font des morts et des morts que cette coalition met sans vergogne sur le compte de l’État syrien. Et donc…

Les forces syriennes et leurs alliées ont pris une décision cruciale après six ans de guerre : à savoir que
« les avions de combat de la coalition internationale, dirigée par les États-Unis, ne seront pas autorisés à survoler les zones de désescalade en Syrie ». [Idem.]

Ce qui veut dire que la Syrie reprend, plus que jamais durant cette guerre, le contrôle de son espace aérien, et que la Russie, l’Iran et le Hezbollah libanais cessent d’accorder la moindre confiance aux prétendus sauveurs du peuple syrien…

Suite : IV. 75 – Reprise progressive du contrôle du pays par l’armée syrienne

Françoise Petitdemange
18 août 2017

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