IV. 73 – Après la Syrie… l’Iran ?…

IV. 73 – Après la Syrie… l’Iran ?…

LIran, un pays menacé

Depuis les premiers mois de la guerre en Syrie, l’Iran et le Liban ont des forces engagées, dont les troupes du Hezbollah, qui doivent lutter contre les groupes armés d’opposition à l’État syrien, contre ceux de l’État Islamique mais aussi contre les forces de la coalition d’États-valets, monarchiques ou à tendance monarchique, dirigés par les États-Unis (France, Grande-Bretagne, Australie, Pays-Bas, Belgique, Canada, Danemark, Arabie saoudite, Émirats Arabes Unis, Qatar, Bahreïn, Jordanie, Maroc…) et derrière lesquels l’État sioniste agite le drapeau de la finance internationale.

Cette cohorte d’États bourgeois et/ou féodaux – au sectarisme politique et économique belliqueux – qui prétendent lutter contre l’État Islamique traîne avec elle une haine féroce à l’égard du Hezbollah, qu’il soit iranien ou libanais, à l’égard des peuples auxquels elle refuse toute souveraineté politique et économique et à l’égard de toutes les républiques démocratiques populaires qu’elle attaque militairement et détruit politiquement, économiquement et culturellement les unes après les autres.

Suite à la prétendue attaque à l’arme chimique attribuée sans preuve à l’armée syrienne, à Khan Cheikhoun, le 4 avril 2017, le nouveau président, Donald Trump, avait décidé tout seul des frappes menées, le 7, contre la base aérienne syrienne de Al-Sharayt. Au lendemain de cette violation portée contre la souveraineté de l’État syrien par les forces états-uniennes, le Conseil de sécurité de l’ONU s’était réuni, le 8 avril, sur la demande expresse de la Bolivie et de la Russie. Mais que peuvent attendre les États agressés de leurs agresseurs et des institutions de leurs agresseurs ?

Au cours d’entretiens téléphoniques. différents chefs d’État avaient fait part de leur soutien au président Bachar El Assad.

Ayatollah Ali Khamenei (Iran)

À propos de ce bombardement, l’Ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême iranien, devait déclarer :
« Ce qu’ont fait les Américains est une erreur stratégique de plus. Ils ne cessent de répéter leurs erreurs. Les anciens dirigeants des États-Unis ont créé l’État islamique et l’ont ensuite soutenu. Les leaders américains actuels contribuent au renforcement de cette organisation [terroriste] et d’autres groupes semblables. » « [C]es groupes attraperont par la peau du cou les Américains eux-mêmes. » « Aujourd’hui, l’Europe paie déjà le prix de ces erreurs qui ont débouché sur un renforcement de l’extrémisme. Les gens ne se sentent plus en sécurité chez eux, ni dans la rue. Les États-Unis répètent la même erreur. » [Sputnik, Frappes en Syrie : les terroristes finiront par attraper les Américains par la peau du cou, 9 avril 2017. Note de FP : La transformation d’une lettre minuscule en lettre majuscule entre crochets est de mon fait.]

Voilà ce qui arrive à une Europe et, tout particulièrement, à une France serviles des intérêts politico-économiques exclusifs de leur maître : les États-Unis.

Ali Khamenei, Bachar El Assad, Vladimir Poutine

Un communiqué conjoint était publié, le 9 avril, par l’Iran, la Syrie et la Russie, contre les frappes aériennes états-uniennes :
« Nous sommes persuadés que les incidents de Khan Cheikhoun n’étaient qu’une machination conçue et mise en œuvre par certains États et organismes pour leur donner de bons prétextes pour attaquer la Syrie. Les protecteurs et formateurs des groupes terroristes comme Daech et al-Nosra n’ont aucun droit de se présenter comme des défenseurs des droits de l’homme. L’Amérique tyrannique n’attend l’autorisation de personne et n’a pas le moindre égard pour les autres membres des Nations unies. Avant même que les résultats des enquêtes à propos de Khan Cheikhoun ne soient rendus publics, les États-Unis ont attaqué la Syrie et l’ont crié sur les toits sans gêne. » [Presstv, La Syrie et ses alliés ont promis de riposter avec force à toute nouvelle agression, 9 avril 2017. Note de FP : À propos de la locution verbale de la dernière phrase… En Orient, on dit : « Crier sur les toits », alors qu’en France, on dit : « Crier sur tous les toits. » ]

Dans ce communiqué, il est écrit : « Les protecteurs et formateurs des groupes terroristes comme Daech et al-Nosra n’ont aucun droit de se présenter comme des défenseurs des droits de l’homme. » Eh bien, si !… Le comportement politique, à l’échelle du monde, des États-Unis qui se revendiquent d’une Déclaration des droits (adoptée par la Chambre des représentants le 21 août 1789 et par le Congrès le 26 septembre, et qui a pris effet le 15 décembre 1791), et celui de la France, issue de la Révolution de 1789, qui est à l’origine de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (rédigée par et pour de grands bourgeois, votée par l’Assemblée nationale constituante le 26 août 1789, et utilisée comme Préface à la Constitution du 3 septembre 1791, de type libéral, qui transfère la souveraineté du roi à la nation, c’est-à-dire à la grande bourgeoisie) est incompréhensible tant que ces Déclarations sont considérées comme des textes protecteurs des droits de chaque être humain dans le monde (puisque ces Déclarations sont dites universelles pour mieux tromper les peuples) et non prises pour ce qu’elles sont : des textes protégeant la grande bourgeoisie.

Toujours dans leur communiqué conjoint, les dirigeants de la Russie et de l’Iran ne cachaient pas leur colère :
« L’agression contre la Syrie dépasse toutes les limites. Nous réagirons fermement à toute autre agression contre la Syrie et à toute autre infraction des lignes rouges, quel que soit le pays qui dépasse ces limites. Les États-Unis connaissent très bien notre capacité à réagir. » « [N]ous, en tant qu’alliées de la Syrie, augmenterons notre soutien militaire destiné à la Syrie et notre soutien à son peuple de plusieurs manières. » [Communiqué de la Syrie, de la Russie et de l’Iran, dimanche 9 avril 2017. Cité dans Le Courrier du Soir, Cheikh Dieng, Frappes américaines en Syrie : la Russie, l’Iran et le Hezbollah promettent des représailles, 10 avril 2017. Note de FP : La transformation d’une lettre minuscule en lettre majuscule entre crochets est de mon fait.]

Si le camp occidental imagine que les dirigeants du camp d’en face peuvent facilement être trompés, il se trompe lui-même…
« La Syrie et ses alliés ne sont pas sans connaître les plans des États-Unis pour les régions du nord de la Syrie et du nord-ouest de l’Irak et observent de près leurs agissements. » [Presstv, La Syrie et ses alliés ont promis de riposter avec force à toute nouvelle agression, 9 avril 2017.]

Le président de la République Islamique d’Iran, Hassan Rohani, devait monter au créneau et parler de « violation flagrante » de la souveraineté syrienne. Après un entretien avec le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, tous deux devaient déclarer qu’il s’agissait d’une « agression américaine contre un État souverain en violation du droit international ». [Communiqué de la Syrie, de la Russie et de l’Iran, lundi 10 avril 2017. Le Courrier du Soir, Cheikh Dieng, Frappes américaines en Syrie : la Russie, l’Iran et le Hezbollah promettent des représailles, 10 avril 2017.]


Le Kossar

L’Iran est un pays visé lui aussi par des sanctions de toutes sortes (militaires, juridiques, financières, idéologiques, etc.) qui se résument à deux mots-clés : politiques et économiques, décidées par les États-Unis, l’UE (Union Européenne), et l’ONU

Le 15 avril, l’armée iranienne présentait ses nouvelles acquisitions au président Hassan Rohani. Le ministre de la Défense, le général de brigade Hossein Dehghan, devait souligner le fait que, malgré les sanctions imposées à l’Iran, les ingénieurs iraniens avaient pu concevoir et faire construire dans les ateliers du pays le premier avion de chasse destiné à l’entraînement, le Kossar :
« La République islamique d’Iran est parmi les rares pays qui ont la capacité de fabrication des avions de cette classe. » [ISNA (Iranian Students’ New Agency), L’Iran dévoile son premier chasseur d’entraînement local, 15 avril 2017.]

Cet appareil, outre qu’il doit permettre à l’Iran de diminuer les coûts de formation de ses pilotes, pourrait être utilisé dans des missions de reconnaissance ou de couverture aérienne rapprochée pour appuyer des combattants au sol… À cet avion de chasse s’ajoutaient le drone tactique de surveillance et d’identification, le Mohajer-6, fabriqué dans le complexe industriel aérospatial iranien HESA d’Isfahan, ville située à quelque 350 kilomètres au sud de la capitale Téhéran, qui produit la plupart des UAVs (Unmanned Aerial Vehicles = véhicules aériens non habités), le missile de croisière anti-navire Nassir et le missile air-air Fakour

L’armée iranienne prête à défendre son pays
contre des offensives belliqueuses

Deux jours plus tard, la réunion préparatoire des Pourparlers d’Astana (prévus pour début mai), qui se tenait du 17 au 19 avril 2017, à Téhéran (Iran), coïncidait avec la célébration, le 18 avril, du 39ème anniversaire de l’Armée de la République Islamique d’Iran.

À cette occasion, l’organisation d’une parade militaire avait lieu dans la capitale iranienne qui rassemblait une grande partie du haut commandement des forces armées. Dans le cadre du défilé de chars, de véhicules blindés, de drones et de missiles à longue portée, le président de la Jomhuriye Eslâmiye Irân (République Islamique d’Iran), Hassan Rohani, devait prononcer un discours qu’il faut qualifier – sauf à ne pas vouloir entendre – de discours de vérité :
« Le nom de certaines armées dans le monde rappelle l’ingérence dans les affaires des autres pays, le génocide, le soutien au terrorisme, le coup d’État et le manque de respect à la décision de la nation et de la constitution, mais le nom de l’Armée de la République islamique d’Iran rappelle l’ordre, la discipline, la foi et la défense légitime du territoire d’Iran et l’avancée dans le cadre de la constitution et des intérêts nationaux. » [ISNA (Iranian Students’ New Agency), Rohani : les Forces armées iraniennes sont une puissance défensive, 18 avril 2017.]
Pour que les pays voisins du Moyen-Orient ne se sentent en rien menacés par la recrudescence de moyens accordés à l’armée de son pays, il ajoutait à leur intention :
« Les autres pays peuvent avoir confiance que les Forces armées iraniennes sont une puissance défensive et dissuasive et non agressive. » [Idem.]

Il ne s’agit pas, dans ce monde oriental, d’un effet de “com’”… L’Iran et les forces du Hezbollah iranien et libanais sont en train de payer un lourd tribut humain, financier et diplomatique pour défendre la Syrie de l’emprise occidentalo-golfico-sioniste tournée contre elle mais aussi contre le Proche et Moyen-Orient.

Suite : IV. 74 – Astana IV (3-4 mai 2017) : vers une désescalade de la guerre contre la Syrie 

Françoise Petitdemange
10-15 août 2017

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