De Gaulle ?… un peu plus de 2 millions de morts… Quel poids dans nos inconscients ?

Après avoir indiqué le double caviardage de Charles de Gaulle sur le texte fondateur du Conseil National de la Résistance (« souverainement ») et de François Hollande sur le texte de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 (« la propriété »), passons à la piste qui s’en dégage…

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En tant qu’en ce qui concerne la sphère politique, et plus particulièrement dans sa version impérialiste, ce sont effectivement la souveraineté et la propriété qui commandent la mort, il saute aux yeux que leur enfoncement délibéré vers les limbes de l’inconscient pose une question majeure qui pourrait servir à éprouver la pertinence, jusque dans ce domaine, des lignes d’analyse que Jacques Lacan n’aura cessé de définir tout au long de sa vie professionnelle. 

Mais il y avait ce grave handicap du caractère lacunaire, et plus que lacunaire, de la publication de ses oeuvres.

A quoi il m’est arrivé très récemment de découvrir qu’Internet offrait un remède pour moi totalement inattendu : http://www.valas.fr/. Me voici donc paré de pied en cape pour répondre au défi que m’offre Lacan quand je lis sous sa plume ce cartel qu’il adressait le 16 octobre 1929 (8 jours avant le jeudi noir de Wall Street) à Ferdinand Alquié qui venait de manquer un rendez-vous de choix avec lui :
« Le sentez-vous, Alquié ? Quelque chose gît au fond de nous, qui, avec nous, mais presque malgré nous, croît et mûrit, qui vit de nous mais nous fait triompher maintes fois de la mort.
Presque malgré nous, ai-je dit, cela doit parvenir à être mûr. C’est qu’aussi bien nous ne sommes pas libres d’en hâter la venue, d’en orienter la forme – du moins sans dommages.
Nos efforts, notre travail quotidien certes nourrissent ce « génie » – du moins on veut le croire. Mais c’est moins par le contenu et l’objet de ces efforts, qu’en tant qu’ils tonifient, exaltent et exercent toute notre personne. On sent bien que tout cela ne fait qu’éveiller quelque chose d’inné en nous qui aussi bien résonnerait peut-être à n’importe quel déchaînement – ou même à l’inertie. »

« Triompher maintes fois de la mort », c’est le fond même du projet que je place devant la mémoire de Jean Moulin… ce Petit Poucet qui nous a tracé la route d’un exercice de la souveraineté autrement digne d’une véritable citoyenneté que cette infâme gesticulation qu’on nous autorise à mener devant l’urne de toutes les trahisons.

La mort ? L’autre mort… Celle, d’abord, sur quoi a abouti ce premier crime commis sous la tutelle bienveillante de Charles de Gaulle : trahir Jean Moulin jusqu’à le faire remettre à Klaus Barbie. Celle ensuite qui, par l’écrasement de la souveraineté du Conseil National de la Résistance, a permis à De Gaulle, par deux décisions prises en 1945 : 8 mai (Algérie) et 15 septembre (Indochine) de condamner à mort (court terme, moyen terme et long terme rassemblés) un peu plus de deux millions d’êtres humains dont 315 000 Françaises et Français.

Michel J. Cuny

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