IV. 65 – Les armes chimiques… Qui en possède et qui les utilise ?

IV. 65 – Les armes chimiques…
Qui en possède et qui les utilise ?

L’Irak et la Syrie, deux pays arabes
attaqués par les forces occidentalo-golfico-sionistes

L’ONU (Organisation des Nations Unies) et l’OIAC (Organisation pour l’interdiction des armes chimiques) ont poussé la Syrie au démantèlement de tout ce qu’elle possédait d’installations de fabrication de produits chimiques destinées à faire des armes ou des médicaments ?

Kim Won-soo

Comme pour étayer la déclaration du chargé d’affaires syrien, à savoir que le gouvernement rejette les accusations d’avoir utilisé des armes chimiques à Khan Cheikhoun ou ailleurs, le secrétaire général adjoint et haut représentant pour les affaires de désarmement, le Coréen du Sud, Kim Won-soo apporte les précisions suivantes :
« Je voudrais maintenant passer à mon rapport mensuel sur les travaux intéressant le dossier chimique syrien.
Tout d’abord, à propos de la destruction, ces trois dernières années, après la déclaration initiale faite par la Syrie, toutes les fournitures chimiques, et moyens d’équipement, moyens de production de produits chimiques ont été enlevés ou détruits. 4 hangars et 7 tunnels ont été mis hors de service. 1 hangar et les 2 installations stationnaires en surface doivent encore faire l’objet de vérifications. Ce travail doit se faire encore selon la situation sécuritaire autour de ces installations. Pour que le travail soit complet, l’OIAC, la République Arabe Syrienne, et l’UNOPS [Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets] ont prolongé l’accord tripartite jusqu’à la fin de l’année. » [UN WEB TV, La situation au Moyen-Orient (Syrie) – Conseil de sécurité, 7915e séance, 5 avril 2017. Vidéo. Note de l’Auteuse : La précision entre crochets est de moi.]

Par ces précisions chiffrées, le secrétaire général adjoint et haut représentant pour les affaires de désarmement indique bien que la République Arabe Syrienne apporte une forte contribution au désarmement chimique. En est-il de même pour d’autres pays dont la production, la détention et… l’utilisation d’armes chimiques font d’eux des États dangereux pour l’humanité ?

En mars 2016 – au moment où la carte est établie (cf. ci-dessous), la Syrie est, depuis le 14 septembre 2013, du nombre des 192 États parties qui ont adhéré à ou/et ratifié la Convention pour l’Interdiction des Armes Chimiques sans pour autant la signer. Pourquoi ? Parce qu’elle est du nombre des pays menacés du Proche-Orient par les bombardements, chimiques ou pas, de son voisin du sud-ouest. [Chiffres repris de l’OIAC, La Convention sur l’interdiction des armes chimiques : Récapitulatif, Fiche Documentaire 2.] Depuis la colonisation rampante de la Palestine par les sionistes, ceux-ci, qui n’en ont jamais assez, n’ont plus cessé de vouloir coloniser les terres voisines : la Syrie, l’Égypte, le Liban… sont autant de pays souverains agressés et menacés d’être amputés d’un morceau de leur territoire. Après la guerre du Kippour (du 6 au 24 octobre 1973), la Syrie et l’État sioniste ont signé un armistice, le 30 mai 1973, mais pas la paix. Et l’État sioniste trouve toujours un prétexte pour faire la guerre à la Syrie, par pays interposés (les États-Unis) et/ou directement (en violant l’espace aérien des pays souverains) comme il procède actuellement…

État de la Convention (Mars 2016)
Carte et légende établies par l’OIAC)
En vert clair, 192 États membres,
En vert foncé, États ayant accédé à ou ratifié la Convention,
En jaune, 1 seul État a signé mais n’a pas ratifié la Convention (Israël),
En rouge, 3 États ne l’ont ni signée ni ratifiée
(Égypte, Corée du Nord, Soudan du Sud)

Cependant, les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne, qui ont adhéré à ou ratifié, et signé la Convention sur l’interdiction des armes chimiques depuis les années 1990, ont utilisé ces armes chimiques contre les peuples en Afghanistan ; en Irak (guerre du Golfe en 1991, guerre de 2003 à 2017) ; au Kosovo, en ex-Yougoslavie (24 mars 1999), en Libye (bombardements au phosphore blanc par l’OTAN, le 18 octobre 2011, sur Bani Walid, bombardements avec des bombes à ogives contenant de l’uranium appauvri…) et les utilisent en Syrie… pour pouvoir accuser, ensuite, l’armée, le gouvernement et le président Bachar El Assad de tels crimes, et mener des représailles contre ce pays !

La mention suivante, émanant du CICR (Comité International de la Croix-Rouge)… « L’utilisation d’armes chimiques est strictement interdite par le droit international humanitaire. Nous sommes vivement préoccupés par ce que nos collègues ont vu, et nous condamnons vigoureusement tout usage d’armes chimiques, par qui que ce soit et où que ce soit »… si elle n’est pas suivie d’enquêtes impartiales et de sanctions réelles contre ces États qui les utilisent, ne sert à rien. [CICR (Comité International de la Croix-Rouge), Irak : le CICR condamne fermement l’utilisation d’armes chimiques à Mossoul, 3 mars 2017.]

Kim Won-soo montre, par ces précisions complémentaires, que la Syrie coopère avec l’OIAC comme peu d’États occidentaux le feraient…
« Deuxièmement, sur l’évaluation de la déclaration. Ces trois dernières années, l’OIAC a travaillé avec la République Arabe Syrienne pour évaluer et vérifier la déclaration. Un certain nombre de questions en suspens à propos de la déclaration de la Syrie restent ouvertes. Les consultations de haut niveau entre l’OIAC et le gouvernement de la Syrie pour examiner ces questions en suspens reprendront à La Haye début mai. La première inspection de l’OIAC au Centre d’Études et de Recherches Scientifiques syrien (SSRC) a eu lieu en février dernier. Pendant cette inspection, les inspecteurs ont prélevé des échantillons qui sont actuellement analysés par les laboratoires désignés par l’OIAC. » [UN WEB TV, La situation au Moyen-Orient (Syrie) – Conseil de sécurité, 7915e séance, 5 avril 2017. Vidéo.]

Il y a eu une inspection en février. L’“attaque présumée” de la population à l’arme chimique aurait eu lieu à Khan Cheikhoun le 4 avril. Au moment où le Conseil de sécurité se réunit, personne ne paraît savoir quelle armée de quel État l’aurait menée…

Alors que les dirigeants occidentalo-golfico-sionistes parlent, sans émettre le moindre doute, de l’attaque chimique de Khan Cheikhoun comme d’un fait réel, le secrétaire général adjoint et haut représentant pour les affaires de désarmement parle « des attaques chimiques  présumées » menées dans différents lieux du pays…
« Troisièmement, à propos des enquêtes sur des attaques chimiques présumées, la mission d’établissement des faits de l’OIAC examine différents incidents qui ont eu lieu ces quelques derniers mois. La mission actuellement achève l’élaboration de son rapport : il devrait être terminé dans quelques semaines. Si un rapport de la mission concluait qu’un incident avait impliqué ou pourrait impliquer l’emploi de produits chimiques toxiques en tant qu’armes, cela servirait de base pour que le mécanisme d’enquête conjoint commence son travail pour attribuer les responsabilités de l’emploi de ces produits. La capacité d’enquête du mécanisme est maintenant opérationnelle. La mission a son siège à La Haye parce que, évidemment, elle doit examiner son travail en étroite collaboration avec les équipes de l’OIAC. Elle sera prête à présenter ses travaux dès que la mission aura conclu. La structure d’appui et la structure politique de la mission conjointe à New York, de même, est opérationnelle avec une présence de liaison à Damas qui sera établie prochainement. » [Idem.]

Les enquêtes s’avèrent longues avant de pouvoir attribuer, avec certitude, la responsabilité des attaques à l’arme chimique aux armées étatiques ou aux groupes armés, et de parvenir à la rédaction d’un « rapport » irréfutable sur l’utilisation de cette arme dans cette guerre… Si la Syrie était en cause dans ces attaques, les enquêtes seraient-elles aussi longues ? et leur publication serait-elle aussi discrète ? Pour ne pas dire plus…

Kim Won-soo est sans doute un peu naïf…
« Comme cela a été fait dans le passé, je m’attends à ce que tous les membres du Conseil de sécurité, à ce que tous les États-membres, à même de le faire, fournissent des informations et un accès à la fois pour la mission d’établissement des faits et pour le mécanisme d’enquête conjoint pour faciliter le rassemblement des éléments de preuves et l’établissement des faits. » [Idem.]

Cela, à condition que « tous les membres du Conseil de sécurité », « tous les États-membres » coopèrent, en toute impartialité (ce qui est impossible), et rendent compte de leurs propres actes… (ce qui l’est encore plus) ! Cela, à condition que les « éléments de preuves » soient réels et non fabriqués de toutes pièces comme ceux qui l’ont été, après les attentats de 1988 à Lockerbie en Écosse et de 1989 au-dessus du Désert du Ténéré au Niger, pour imposer un embargo de plus de dix années (1992-2003) à la population libyenne pour lui pourrir la vie (il faudra attendre 2005 pour que les langues se délient…).

António Guterres

Après avoir été, en 1988, président du groupe parlementaire socialiste à l’Assemblée de la République portugaise, puis, de 1992 à 2002 : secrétaire général du Parti socialiste, de 1995 à 2002 : Premier ministre du Portugal, de 1999 à 2005 : président de l’Internationale socialiste, de 2005 à 2015 : Haut commissaire de l’ONU pour les Réfugié(e)s, António Guterres est, depuis le 1er janvier 2017, Secrétaire général de l’ONU, après Ban Ki-moon. Le secrétaire général adjoint et haut représentant pour les affaires de désarmement, Kim Won-soo, se faisant le porte-parole d’António Guterres, quant à la lutte de tous les États du Conseil de sécurité contre « l’emploi d’armes chimiques »…
« Le Secrétaire général est profondément préoccupé par les rapports qui continuent de nous parvenir sur l’allégation de l’emploi d’armes chimiques à Khan Cheikhoun et ailleurs en Syrie. Le Secrétaire général rappelle que le Conseil de sécurité, à plusieurs reprises, a (conclu) que l’utilisation d’armes chimiques, où que cela soit dans le monde, constitue une menace à la paix et à la sécurité internationales et que l’emploi d’armes chimiques constitue une grave violation du droit international. » [Idem.]

L’ONU obligera-t-elle enfin les États-Unis et l’OTAN à répondre de l’utilisation qu’ils-elle ont faite d’armes chimiques dans les Balkans, en Irak, en Libye et ailleurs ? Car peut-il y avoir, dans le monde, des États qui pourraient – impunément – utiliser des armes chimiques, bactériologiques, voire nucléaires (cela s’est vu dans l’histoire du XXème siècle) et d’autres qui seraient sanctionnés – durement –… par ces États qui les ont utilisés, naguère, et qui les utilisent encore, et ce, avec certitude.

Kim Won-soo est plein de bonne volonté…
« En ce qui nous concerne, nous souhaitons assurer les membres du Conseil de sécurité que l’OIAC et que le secrétariat de l’ONU fourniront tout l’appui possible aux travaux à la fois de la mission d’établissement des faits et de la mission d’enquête conjointe de l’OIAC de façon à ce que ces missions s’acquittent de leur mandat de façon indépendante, impartiale et professionnelle. Nous attendons avec intérêt les délibérations et les directives du Conseil de sécurité. » [Idem.]

Affaire à suivre dans les prochaines années…

L’ONU est, à ce qu’il est dit, implanté en terrain neutre, mais à New York ; la plupart de ses organisations annexes ont leur siège dans les pays occidentaux : l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord), bras armé de l’ONU et, surtout, des puissances occidentales dominatrices, se trouve à Bruxelles (Belgique) ; l’OIAC (Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques), la CPI (Cour Pénale Internationale) sont à La Haye (Hollande)… Sans parler de toutes les ONG (Organisations Non Gouvernementales) qui font le lit des puissances dominatrices telle la FIDH (Fédération Internationale des Droits de l’Homme), dont le siège est à Paris, et qui est, au nom des droits de l’homme (bourgeois), partie prenante dans toutes les guerres destinées à remplacer un système politico-économique socialiste par le système capitaliste  : Balkans, Irak, Libye, Syrie, Ukraine, etc. Y a-t-il réellement, dans le cours des enquêtes, une garantie d’« indépendance » et d’ « impartialité » ?

Suite : IV. 66 – Des affirmations du secrétaire général adjoint à l’ONU… sans attendre l’enquête ?

Françoise Petitdemange
8 avril-25 juin 2017


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