IV. 64 – Khan Cheikhoun… Des accusations rapides et sans preuve…

IV. 64 – Khan Cheikhoun…
Des accusations rapides et sans preuve…

Khan Cheikhoun, au sud d’Idlib, Syrie

Que s’est-il passé à Khan Cheikhoun, le mardi 4 avril 2017 au matin ? Dès le lendemain, le 5, les médias occidentaux faisaient état de bombardements à l’arme chimique, effectués dans une zone occupée par les « rebelles » et qui auraient touchés la population de la ville de Khan Cheikhoun, à quelques kilomètres au sud d’Idlib, en Syrie. L’attaque est aussitôt attribuée à l’armée de la République Arabe Syrienne par les dirigeants occidentaux et leurs médias serviles, et le Président Bachar El Assad est accusé d’avoir massacré sa population.

Ce jour même, le 5, alors que les médias étalent leurs ignorances comme s’il s’agissait de vérités, le Conseil de sécurité de l’ONU (Organisation des Nations Unies), qui se réunit d’urgence, ne peut avoir aucune certitude concernant ce qui s’est passé.

Kim Won-soo (Coréen du Sud)

C’est le secrétaire général adjoint et haut représentant pour les affaires de désarmement, le Coréen du Sud, Kim Won-soo, qui ouvre la séance en faisant un exposé de la situation devant l’ensemble des représentants.
« Je vais tout d’abord informer le Conseil de sécurité de l’emploi récemment signalé d’armes chimiques à Khan Cheikhoun, dans la province d’Idlib, en Syrie. Pour le moment, les informations continuent d’arriver. Actuellement, de nombreux détails de l’attaque ne sont pas pleinement connus. Selon les rapports des médias, les plus récents, cette attaque chimique a causé la mort d’au moins 70 civils, avec peut-être plus de 200 personnes blessées. » [Vidéo : UN WEB TV, La situation au Moyen-Orient (Syrie) – Conseil de sécurité, 7915e séance, 6 avril 2017.]

Dans le brouhaha médiatico-politique occidental qui impute, d’emblée, à l’armée de la République Arabe Syrienne, un bombardement à l’arme chimique – ce qui serait une violation grave du droit international –, Kim Won-soo use de la prudence qui s’impose lorsqu’il s’agit d’évoquer des événements qui ne sont encore étayés par aucune preuve, dont les auteurs ne sont pas connus, et lors desquels de nombreuses personnes auraient perdu la vie tandis que d’autres seraient blessées.

Ce qui est pour le moins étrange, c’est que les services de l’ONU et de l’OIAC (Organisation pour l’interdiction des armes chimiques) ont poussé la Syrie au démantèlement de tout ce qu’elle possédait d’installations de fabrication de produits chimiques, qui n’étaient pas nécessairement destinées à faire des armes mais des médicaments, puisque la Syrie d’avant la guerre de 2011 développait son industrie pharmaceutique au grand dam des firmes euroétats-uniennes.

Kim Won-soo
« À la fois le secrétaire général et le directeur général de l’OIAC ont fait des déclarations exprimant leur profonde préoccupation à propos de ces rapports et réitérant leur condamnation de tout emploi d’armes chimiques. J’ai été en étroit contact avec le directeur général depuis que les premières nouvelles nous sont parvenues hier. Il m’a informé du fait que la mission d’établissement des faits de l’OIAC rassemblait, analysait activement des informations provenant de toutes les sources possibles et sera prête à déployer une équipe le plus rapidement possible. » [Idem.]

Il ressort de ces propos qui laissent la place au doute que tout média et/ou tout État qui accuse(nt) l’armée de la République Arabe Syrienne d’avoir bombardé, à l’arme chimique, la population civile – sans attendre le résultat d’une enquête qui ne peut qu’être menée sur le terrain et en toute impartialité – utilise les hommes, les femmes, les enfants qui seraient mort(e)s ou blessé(e)s à des fins de propagande politique.

D’ailleurs, le secrétaire général adjoint et haut représentant pour les affaires de désarmement souligne les ombres des « rapports » :
« Si cela est confirmé, nous faisons face à la plus grande attaque à l’arme chimique en République Arabe Syrienne depuis l’attaque dans l’Est de Ghouta en août 2013. Selon les rapports, l’attaque a été réalisée par le biais d’une frappe aérienne sur une zone résidentielle. Cependant, les moyens utilisés dans l’attaque ne peuvent pas être confirmés de façon définitive pour le moment. » [Idem.]

À l’heure où Kim Won-soo s’exprime, il n’y a pas encore eu confirmation des faits. Mais une « frappe aérienne » effectuée, en toute connaissance de cause à effet, avec des armes chimiques, sur une zone où se trouvent des civils sans armes, nécessiterait une enquête rapide, précise et impartiale pour que les auteurs de cette frappe répondissent de ce qui s’apparenterait à un acte de guerre directement tourné contre la population civile elle-même. Est-il possible de croire que l’armée syrienne aurait un intérêt quelconque à se livrer à pareil crime ?

Dans les dernières décennies, en Afghanistan, en Yougoslavie, en Irak, en Libye… ce sont les armées des trois puissances occidentales (États-Unis, Grande-Bretagne, France) qui ont bombardé les populations civiles avec des armes non conventionnelles, et avec d’autant moins de retenue que ces populations n’étaient pas celles de leurs pays, sans jamais avoir répondu de leurs crimes : pour échapper à toute enquête et à toute sanction, il leur suffit de mettre leurs actes sur le compte des dirigeants qu’elles veulent abattre par tous les moyens – le mensonge et le crime – et/ou de parler de « bavures »…

Kim Won-soo poursuit son exposé…
« Pendant mes discussions, hier, avec le chargé d’affaires de la République Arabe Syrienne, il a déclaré que son gouvernement niait avoir utilisé des armes chimiques dans le cadre de cette attaque ou dans toute autre attaque. » [Idem.]

Cette déclaration contredit les accusations répétées dans les médias en France et reprises par le président lui-même, François Hollande… C’est donc, ici, la parole d’un Syrien, qui sait les armes qu’utilise et celles que n’utilise pas l’armée syrienne, contre la parole d’un “socialiste” français qui, en service commandé depuis qu’il a été élu président en 2012, ne cache pas sa volonté d’en découdre, coûte que coûte, avec la République Arabe Syrienne pour renverser le Président élu, Bachar El Assad.

Suite : IV. 65 – Les armes chimiques… Qui en possède et qui les utilise ?

Françoise Petitdemange
8 avril-25 juin 2017

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