IV. 58 – Bachar al-Ja’afari : il faut « préserver le sang des Syriens et réaliser les aspirations du peuple syrien »

IV. 58 – Bachar al-Ja’afari :
il faut « préserver le sang des Syriens
et réaliser les aspirations du peuple syrien »

Bachar al-Ja’afari pour la délégation syrienne
(Astana I, 23-24 janvier 2017)

Le cessez-le-feu entré en vigueur, le 30 décembre 2016, devait permettre d’organiser, dans les meilleures conditions possible, la rencontre d’Astana entre la délégation gouvernementale syrienne et celle des opposant(e)s, et d’avoir, pour perspective, la fin de la guerre.

Le 23 janvier 2017, alors que la délégation syrienne et les délégations russe, libanaise, iranienne étaient installées à la table des négociations à l’hôtel Rixos, la délégation de l’opposition annonçait tout de go qu’elle refusait toute discussion directe avec la délégation syrienne.

Après les remerciements d’usage à l’intention du président de la République du Kazakhstan, M. Noursoultan Nazarbaïev, du pays d’accueil de cette conférence, et des pays qui œuvrent pour la paix en Syrie (Russie, Iran, Turquie, Liban), Bachar al-Ja’afari fait alors une Déclaration pour la République Arabe Syrienne qui montre à quel point personne n’est dupe de la trame constituant cette guerre : celle-ci est comprise dans un enchaînement de guerres civiles provoquées, doublées de guerres coloniales…
« Toutefois, une évaluation objective des dimensions de cette guerre par les chercheurs, les analystes, et les politiques met clairement en évidence que c’est un déni de la vérité et de la réalité que commettent certains en insistant pour considérer la guerre terroriste internationale menée contre la Syrie comme une crise intra-syrienne, ou en prétendant qu’il s’agit d’une guerre civile.

Les hordes terroristes takfiries ont été acheminées depuis les quatre coins du monde, organisées, entraînées, armées et financées, transportées à travers nos frontières avec les pays voisins, et poussées à verser le sang syrien et à justifier leur terrorisme obscurantiste en se prétendant « opposition syrienne modérée » génétiquement modifiée, selon un agenda préparé à l’avance.

Tout cela décrit fidèlement (la vérité de) la scène et confirme que bien des choses qui se sont passées dans nos pays ont été fomentées et téléguidées par des puissances étrangères, pour des agendas visant à l’ingérence dans nos affaires internes et des projets diaboliques qui n’ont aucune relation, ni de près ni de loin, avec les aspirations et les espoirs du peuple syrien.

Et la preuve de la véracité de ce que nous disons, Messieurs, se trouve dans ce qu’a déclaré dernièrement le Secrétaire d’État américain sortant John Kerry, à savoir que l’expansion de Daech en Syrie avant l’intervention de la Russie et son assistance (directe) à Damas pour combattre l’organisation allait contraindre le gouvernement syrien à négocier avec Washington. Et cela confirme de manière explicite le fait que l’administration américaine sortante et ses alliés régionaux et mondiaux ont instrumentalisé le terrorisme comme une arme politique pour détruire des pays indépendants et pour leur imposer son hégémonie et réaliser ses objectifs. » [Mondialisation.ca, Bachar al-Jaafari à la conférence d’Astana : l’Occident a fait du terrorisme une arme politique, 24 janvier 2017, traduction Sayed Hasan.]

Il faut épargner des vies humaines et, pour les épargner, il est absolument nécessaire de s’engager dans un processus de paix et d’empêcher tout renfort en hommes et toute livraison d’armes et de matériels, passant par le pays voisin qu’est la Turquie, à destination des groupes de combattants qui luttent contre l’armée de la République Arabe Syrienne.
« Ce qu’espère la République Arabe Syrienne de cette rencontre, est la confirmation prolongée du cessez-le-feu pour une durée déterminée, durant laquelle les organisations signataires disposées à se diriger vers la réconciliation nationale et à participer au processus politique seront séparées des organisations terroristes Daech et al-Nosra et des autres groupes qui leur sont liés, dans l’espoir de combiner tous nos efforts dans la lutte contre le terrorisme, conformément aux demandes de notre peuple.

Ce qu’il faut absolument réaliser est la fermeture de la frontière syro-turque pour faire tarir les sources du terrorisme. Nous aurons ainsi ouvert la voie à une solution politique pour la guerre avec la participation du spectre syrien le plus large possible. » [Idem.]

Certaines ONG (Organisations Non Gouvernementales) ont perdu toute crédibilité d’avoir pris parti pour les menées belliqueuses occidentalo-golfico-sionistes, joué un jeu plus que flou sur les différents terrains de guerre, et profité des « couloirs humanitaires » qui leur étaient laissés à proximité des zones de conflit pour faire entrer, avec des médicaments, des pansements, des denrées alimentaires et toutes autres choses destiné(e)s à sauver des vies, des armes destinées à blesser, voire à tuer des hommes, des femmes, des enfants.

Pour le trio occidentalo-golfico-sioniste qui voudrait évincer Bachar El Assad de la présidence dans le but de placer un pion de son choix et renverser le gouvernement syrien…
« Les forces et courants politiques patriotiques syriens sont unanimes, tant du côté du gouvernement que de l’opposition, de même que les résolutions du Conseil de sécurité relatives à l’évolution de la situation en Syrie, de même que les réunions du dialogue intra-syrien et les réunions consultatives, tous sont unanimes pour respecter la souveraineté de la République Arabe Syrienne, son indépendance, l’intégrité de ses territoires et l’unité de son territoire et de son peuple, et le refus de considérer toute concession sur ces points, et le refus de toute forme d’ingérence extérieure dans les affaires internes syriennes, de manière directe ou indirecte. » [Idem.]

Il est vrai que les dirigeants de ces pays occidentalo-golfico-sioniste, qui ne brillent pas par la réalisation d’une démocratie politico-économique dans leurs pays respectifs, et qui ont plongé ces deux pays arabe et arabo-africain, l’Irak et la Libye, dans le chaos, ne peuvent guère prétendre s’occuper des superstructures de cet autre pays arabe, la Syrie, sauf pour la plonger elle aussi dans le chaos.
« La Syrie que nous aimons est celle de la diversité sous toutes ses formes et manifestations, la patrie en laquelle croient les Syriens, avec les fondements et les bases de leur État indépendant, démocratique et séculier, qui repose sur le pluralisme politique, la primauté du droit et l’indépendance de la justice, l’égalité en droits et en devoirs des citoyens, la protection de l’unité nationale et des libertés publiques, la garantie de la diversité culturelle et sociale de toutes les composantes de la société syrienne, et le maintien de l’action des institutions de l’État et de toutes ses installations, d’œuvrer à l’amélioration de leurs performances et à la protection de l’infrastructure et des biens publics et privés.

En conclusion, Messieurs, notre peuple sanctifie la vie et honore la paix et la sécurité, et il rejette le terrorisme, quelle que soit son origine et quelles que soient ses motivations. Aujourd’hui, parmi nous, seul l’ignorant s’entête à comprendre la situation qui nous brûle tous par une lecture sectaire ou partisane qui justifie le terrorisme et lui confère une valeur idéologique, et qui constitue une offense à notre rôle et à notre histoire pour la civilisation et l’humanité. Soyons donc tous à la hauteur de la responsabilité qui pèse sur nos épaules pour préserver le sang des Syriens et réaliser les aspirations du peuple syrien qui a le droit unique et exclusif de déterminer lui-même son avenir et de définir la forme de son système politique, loin de toute ingérence étrangère. » [Idem.]

La dernière phrase renvoie à ce qu’écrivaient les chefs des tribus libyennes dans leur « Déclaration » du 3 juin 2011 :
« Le peuple libyen a le droit de se diriger lui-même. » « Nous avons lu les résolutions de l’ONU et il n’y a aucune mention de bombarder des civils innocents. Il n’y a aucune mention d’assassiner les autorités légitimes dans toute la Libye. Le peuple libyen a le droit de choisir ses propres leaders. »

« Nos armées ont été détruites par les Anglais et les attentats à la bombe de l’OTAN. Nous ne pouvons pas nous défendre d’attaques de qui que ce soit. » « Il y a un nombre limité de dissidents à l’est de la Libye qui a initié une insurrection armée contre notre autorité légitime. Tout pays a le droit de se défendre contre une insurrection armée. Pourquoi donc la Libye ne peut-elle pas se défendre ? »

« Les chefs tribaux de Libye exigent que tous les actes d’agression, par les Anglais et par l’OTAN, contre le peuple libyen s’arrêtent immédiatement. » [Françoise Petitdemange, La Libye révolutionnaire dans le monde, Éditions Paroles Vives 2014, pages 497 à 499.]

Les dirigeants français, britannique, états-unien, qatari, sioniste, n’ont pas respecté la parole des chefs de tribus de Libye parce que cette parole déjouait leur plan criminel et qu’ils n’ont rien à faire des peuples du monde.

Suite : IV. 59 – L’opposition exilée ou pas… Le peuple syrien lui avait-il demandé quelque chose ?

Françoise Petitdemange
2 juin 2017


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