La voie royale de la falsification sioniste : restaurer sournoisement l’innocence nazie…

Nous poursuivons l’analyse de la Préface rédigée par l’historien spécialiste de l’Holocauste, Ilya Altman, pour l’édition russe du Livre noir sur l’extermination des Juifs d’URSS

Nous avions vu qu’un travail souterrain s’était organisé entre les États-Unis et les responsables, en Russie soviétique, de la mise au point du manuscrit : les dirigeants du CAJ (Comité antifasciste juif).

S’agissant d’un ouvrage qui devait rassembler un maximum de témoignages, le responsable littéraire du projet, Ilya Ehrenbourg – dont le nom finirait par rejoindre celui de Vassili Grossman sur la couverture du livre tel que nous le connaissons aujourd’hui – avait mis en avant une première recommandation, tout à la fois, compréhensible – puisque ces témoignages pouvaient être d’une qualité d’écriture très variable et parfois totalement inadaptée – et dangereuse – puisque impossible à limiter dans ses éventuels effets d’altération de la vérité :
« Lorsque vous recevez une lettre qui constitue un récit, il faut faire apparaître l’intention profonde de l’auteur, tout en éliminant les longueurs : c’est là le travail que j’ai effectué sur les documents. » (page 22)

Mais c’est une autre prise de position d’Ilya Ehrenbourg qui allait entraîner une première crise importante entre les responsables de l’édition et lui. Voici ce qu’écrit Ilya Altman :
« Ehrenbourg n’eut apparemment pas tout de suite connaissance de l’envoi de documents en Amérique. Son conflit à ce sujet avec la direction du CAJ conduisit à la création d’une commission spéciale placée sous la direction du membre du présidium du CAJ, S. L. Bregman […]. » (page 22)

Quels étaient les documents en question ? Vraisemblablement certains éléments du manuscrit qui étaient censés recevoir quelque correction par-delà les mers… Décidément, l’affaire états-unienne était un bien lourd secret pour qu’elle ne fût pas arrivée plus tôt jusqu’au principal maître d’œuvre du texte !…

En tout cas, il faut croire qu’en sa qualité d’écrivain renommé, Ilya Ehrenbourg trouva tout au moins fort à redire à cette volonté de le corriger… D’où le dessaisissement de la direction générale du projet qui glissa dans les mains d’un organisme décidément peu favorable aux façons que pouvait avoir eu l’écrivain d’adapter certaines vérités à l’idée qu’il s’en faisait… puisque, si nous continuons à lire la Préface d’Ilya Altman, nous aboutissons à ceci qui s’ajoute à la mise en forme des témoignages initiaux :
« La commission Bregman détecta une autre « erreur » d’importance dans les documents mis en forme par Ehrenbourg : « Dans les récits présentés, on s’étend de façon excessive sur les actes ignobles perpétrés par les traîtres ukrainiens, lituaniens, et autres, ce qui réduit la force de l’accusation portée contre les Allemands, qui doit être le but central de l’ouvrage. » C’est sans doute là la première fois qu’on trouve formulé un des principaux reproches adressés au contenu du Livre noir, qui a eu par la suite une influence sensible tant sur le choix des documents que sur leur présentation. » (pages 22-23)

Parce que, comme nous le verrons par la suite, une bombe à retardement y avait installé sa niche.

Pour l’instant, retenons ceci, que même des membres éminents du CAJ ont trouvé que c’était un peu fort de café…

Quant aux autorités soviétiques, elles n’ont d’abord pas dit autre chose. Si Ilya Altman nous signale que l’avis officiel visant le manuscrit à la date du 15 juin 1945 ne porte pas de signature nominative, cet avis autorisé souligne un souci identique, dont il ne fait que développer plus largement la thématique dans des « conclusions » qui font dire au préfacier qu’elles…
« […] soulignent encore plus clairement le principal « défaut » du manuscrit : « Il est indispensable de réviser très soigneusement tous les documents et récits, surtout ceux concernant l’Ukraine (…) afin qu’on ne puisse pas s’imaginer que les éléments antisoviétiques locaux ont joué un rôle primordial dans l’anéantissement de la population juive. » (page 25)

Ilya Altman fait ensuite face à un point de vue qui paraît le troubler :
« Le rapporteur affirmait que l’extermination des Juifs « avait été organisée et exécutée par les Allemands », et que le rôle de leurs acolytes « ne devait pas être amplifié ». Il craignait que de tels documents « puissent être utilisés par des antisémites déclarés ou masqués (indépendamment, bien sûr, de la volonté des auteurs de l’ouvrage) pour entériner la « thèse » accréditée par la propagande nazie, selon laquelle c’était la population locale des régions occupées par les Allemands qui avait procédé elle-même au massacre des Juifs. » (pages 25-26)

Comme nous le voyons : la façon de découper les citations et de les introduire par « le rapporteur affirmait », le « rapporteur craignait » tout en instillant le doute (« indépendamment, bien sûr ») ne peut que nous conduire à douter de ce qui est par ailleurs affirmé…

Résultat : la question vient alors se poser à nous de savoir si, finalement, la propagande nazie n’avait pas raison… de tout mettre sur le dos des population locales…

Ainsi, le rapporteur officiel ne tendrait qu’à nous leurrer !… Et comme sa signature est manquante, comment refuser d’y voir la marque de fabrique de… Joseph Staline

C’est que, sept pages plus haut, nous avions compris, grâce à une notule tranquillement apposée par les traducteurs français de l’ouvrage, qu’il fallait voir derrière la formule : « sans indication de destinataire, fait très caractéristique », le visage de… Staline.

Dans ce cas, que faire de la thèse du rapporteur qui « affirmait que l’extermination des Juifs « avait été organisée et exécutée par les Allemands » » ?

Et voilà que cela continue dans le même registre d’une méfiance affirmée :
« Le rapporteur était persuadé que cela était contraire à la vérité, « si on parle de vérité historique et non pas de crédibilité partielle et parfois fortuite« . » (page 26)

De quel côté est maintenant la première ? Et de quel côté la seconde ?

Mais il y a encore autre chose qui choque Ilya Altman :
« Le deuxième souhait contenu dans le rapport concernait la question du rôle des collaborateurs du Judenrat (Conseil juif), qu’il « ne convient pas de représenter dans leur ensemble comme des gens sans reproche et tout à fait héroïques« . » (page 26)

Alors que, certainement – pour nous maintenant -, ils ne peuvent que l’avoir été… tous.

Cependant, à l’époque, il n’était bien sûr pas question d’opposer au rapporteur officiel cette façon très tendancieuse de mettre en cause son travail d’analyse. Il fallut lui faire face à l’occasion de la conférence de rédaction du 9 juillet 1945…

Ensuite, nous retrouvons cette phrase sous la plume d’Ilya Altman :
« Au début de 1946, le manuscrit complété et corrigé conformément aux indications reproduites ci-dessus fut dactylographié et diffusé dans dix pays, dont l’Australie, l’Angleterre, la Bulgarie, l’Italie, le Mexique, la France, la Roumanie, les États-Unis, ainsi que la Palestine (c’est ce texte qui servit de base à l’édition israélienne de 1980). » (page 27)

Vraiment !… Devons-nous croire, sans réfléchir plus avant, que c’est bien un « manuscrit complété et corrigé conformément aux indications reproduites ci-dessus » qui s’en est allé un peu partout dans le monde ?

Restons sur cette page 27. Que nous dit maintenant Ilya Altman ? Qu’avant d’en arriver au début de 1946 pour assister à l’envoi mondialisé d’un document revu très officiellement… il y a un petit quelque chose à prendre en compte…
« On peut se demander pourquoi, après les mesures énergiques de l’été 1945 pour faire avancer le travail sur le manuscrit, le rythme s’était à nouveau ralenti lors de l’hiver 1945-1946. » (page 27)

C’est-à-dire : avant l’envoi… Voici, et avec les points de suspension délicieusement inscrits ici par Ilya Altman lui-même, à quoi les spécialistes du CAJ occupaient leurs journées :
« En fait, pendant cette période, on discutait de la publication… du texte américain du Livre noir. » (page 27)

… dans le dos, bien sûr, des autorités soviétiques… alors que le préfacier voudrait nous faire croire, par ailleurs, que les corrections qu’elles exigeaient avaient été soigneusement reprises dans les copies envoyées à tous les vents ?

Michel J. Cuny

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