IV. 53 – L’encore Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, se rend-il compte de ce qu’il dit ?

Un Secrétaire général de l’ONU
très… “impartial”

IV. 53 – L’encore Secrétaire général de l’ONU,
M. Ban Ki-moon, se rend-il compte de ce qu’il dit ?
13 décembre 2016

Depuis la fin septembre 2014, la Russie apporte un appui militaire et technique à la Syrie, à des troupes libanaises, palestiniennes, irakiennes, iraniennes. Face à cette résistance à l’agression occidentalo-golfico-sioniste, la coalition occidentale est composée de 15 pays : 12 monarchies, une monarchie élective (la France), les États-Unis et leur protégé exigeant, l’État sioniste.

Lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité, le 13 décembre 2016, l’encore Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, exhorte « la communauté internationale à tout faire « pour arrêter le carnage » à Alep, en Syrie, où l’opposition armée a perdu beaucoup de terrain face aux forces gouvernementales. » [UN News Centre, Syrie : le chef de l’ONU appelle à mettre fin au carnage à Alep, 13 décembre 2016.]

Est-ce le « carnage » en Syrie qui gêne M. Ban Ki-moon, lui qui a laissé les forces de l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord) détruire la Libye au prix d’un « carnage » effroyable effectué dans une population qui était de 6-7 millions d’habitant(e)s avant la guerre, et laissé instaurer, en guise de prétendue démocratie, le chaos ? En Syrie, en cette fin d’année 2016, l’opposition, dite « modérée »… les armes à la main, qui combat l’Armée de la République Arabe Syrienne, est en train de perdre du terrain. Ce que craint le Secrétaire général de l’ONU sur le départ, c’est que les forces gouvernementales syriennes finissent par l’emporter contre l’opposition, armée par les Occidentaux et les monarques du Golfe, dans le dos desquels l’État sioniste tire les ficelles.

À quelques jours de la fin de son mandat, le 13 décembre 2016, M. Ban Ki-moon panique complètement :
« Au cours des dernières 48 heures, nous avons assisté à un effondrement presque complet des lignes de front tenues par l’opposition armée, leur laissant seulement 5 % de leur territoire d’origine dans la ville » d’Alep. » [Idem.]

M. Ban Ki-moon, se rend-il compte de ce qu’il dit ? En tout cas, il révèle le fond de sa pensée idéologique… Comment un Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, peut-il prendre parti… pour une opposition armée qui détruit, avec l’aide de forces armées étrangères, son propre pays (la Syrie) et… contre le pays lui-même (la République Arabe Syrienne) qui défend l’intégrité de son territoire et de sa population ? Comment peut-il déplorer qu’après les combats, les lignes de front de l’opposition armée soutenue par l’étranger ne détiennent plus que « 5 % de leur territoire d’origine dans la ville » ? Que veut dire cet adjectif possessif « leur » « territoire » ? Comment peut-il considérer qu’une opposition armée, qui lutte contre l’armée de défense du pays, le gouvernement légal, le Président réélu et, donc, contre la majorité de la population syrienne elle-même, puisse posséder du « territoire » et être soutenue par l’étranger pour le conserver ?

Voici ce qui fait peur à M. Ban Ki-moon… la fin du conflit en faveur de l’Armée Syrienne de la République.
« Au cours des derniers jours et des dernières heures, nous avons apparemment été les témoins des efforts du gouvernement syrien et de ses alliés pour mettre fin au conflit interne du pays par une victoire militaire totale et sans compromis. » [Idem.]

Autrement dit, l’armée et le gouvernement de Syrie sont en train de battre les opposants armés et leurs alliés sur le terrain au point d’emporter « une victoire militaire totale et sans compromis »… au grand désarroi du Secrétaire général des Nations Unies. Car, dans ce cas de « victoire militaire totale », les Occidentaux, les Golfiques et l’État sioniste ne pourraient plus exiger, prétendument au nom de l’opposition, quoi que ce fût de l’État syrien.

Pour Ban Ki-moon, il y a urgence à pousser les humanitaires sur le terrain… avec des armes ou des pansements ? Ou les deux ? Les seconds pouvant dissimuler les premières…
« Alors que la bataille d’Alep se termine, j’invite les autorités syriennes et leurs alliés, la Russie et l’Iran, à honorer leurs obligations en vertu du droit international humanitaire et à faire les choses suivantes : permettre aux civils restants de partir immédiatement et faciliter l’accès de tous les acteurs humanitaires et la fourniture d’une assistance d’une importance cruciale. » « Les lois de la guerre et les droits humains universels doivent être respectés. » [Idem.]

C’est tout de même étrange que les guerres contre les « nations » qui n’ont rien demandé, ni aux Occidentaux, ni aux financeurs du Golfe et de l’État sioniste, se fassent à la fois avec des bombes, des menaces, et des « droits humains universels » qui ne sont pas respectés par les « nations » qui les prônent…

Les dirigeants occidentaux, prendraient-ils encore les dirigeants arabes et africains pour des sauvages qu’il faut civiliser à coups de « droits de l’homme » ?

François Hollande, le monarque électif français,
et ses droits de l’homme exportés avec des bombes

Comme si rien ne se passait, depuis octobre 2011, en Libye et dans la Mer Méditerranée, trois jours plus tard… le 16 décembre, lors de sa dernière conférence de presse qu’il donnait au siège de l’ONU à New York, avant la cessation de son mandat, le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, voyait dans le « carnage », en Syrie, un « trou béant dans la conscience mondiale » (il voulait peut-être dire “conscience impérialiste”…) et disait de la ville où l’opposition armée perdait pied… « Alep est désormais synonyme d’enfer ». S’adressant principalement à des journalistes qu’il savait tout acquis aux guerres occidentalo-golfico-sionistes, il n’aspirait à la paix que pour juger les « responsables » :
« Comme je l’ai dit au Conseil de sécurité il y a trois jours, nous avons collectivement laissé tomber le peuple syrien. La paix ne prévaudra que si elle est accompagnée de compassion, de justice et si les responsables des crimes abominables que nous avons observés rendent des comptes. » [UN News Centre, Ban Ki-moon : “Nous avons collectivement laissé tomber le peuple syrien”, Conférence de presse à l’ONU, 16 décembre 2016.]

Lorsqu’il s’agit de faire l’addition des vies humaines anéanties, M. Ban Ki-moon utilise le « nous » collectif qu’il renforce par l’adverbe « collectivement », en oubliant que la Russie et la Chine, l’Iran, le Liban, et bien d’autres pays dans le monde, ne peuvent guère être considéré(e)s comme ayant « laissé tomber le peuple syrien ». À celui-ci, peu lui chaut la « compassion » très à la mode de nos jours, et la « justice » destinée à le punir, à travers celui qu’il a réélu et l’armée qui a défendu la souveraineté politique et économique de son pays, et en faisant porter la responsabilité de « crimes abominables », que le « nous » a observés depuis New York, sur les victimes d’opposants armés contre elles par des États agresseurs.

Barack Obama, un fervent partisan de la démocratie
importée avec des missiles

Après les coupes sombres de l’OTAN dans les populations, la CPI (Cour Pénale Internationale) s’offre comme l’accessoire indispensable à l’ONU pour faire passer devant une justice, plus ou moins expéditive, les dirigeants, dont les pays et les peuples ont été attaqués, et qui refusent, au péril de leur vie, les diktats politiques et économiques des rapaces Occidentaux et de leurs multinationales.

M. Ban Ki-moon se fait beaucoup d’illusions sur lui-même… mais, en tant que Secrétaire général de l’ONU, il a failli à sa tâche puisque… « L’un des rôles essentiels du Secrétaire général est d’user de ses « bons offices », c’est-à-dire de se prévaloir de son indépendance, de son impartialité et de son intégrité pour faire, publiquement et en privé, des démarches propres à empêcher l’apparition, l’aggravation ou l’extension des conflits internationaux. » [Nations Unies, Secrétaire général, Le rôle du Secrétaire général.]

Suite : IV. 54 – La reprise du contrôle de toute la ville d’Alep par l’armée syrienne 

Françoise Petitdemange
21 mai 2017

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s