IV. 49 – Des armes de guerre qui tuent instantanément ou à petits feux…

IV. 49 – Des armes de guerre
qui tuent instantanément ou à petits feux…

Une réunion du Conseil de sécurité avait lieu le dimanche 25 septembre 2016, pour parler de la situation au Moyen-Orient.

Lors de son intervention, M. Staffan da Mistura, représentant de la Syrie à l’ONU (Organisation des Nations Unies), faisait le point sur deux événements survenus en Syrie pendant un cessez-le-feu et devait déplorer ceci :
« Au moment où se tenait la réunion du GISS [Groupe international de soutien pour la Syrie], que des informations faisaient état d’une offensive lancée par le Gouvernement syrien dans l’est de la ville d’Alep, qui est maintenant assiégée de facto. Elle faisait suite à deux événements tragiques sans rapport l’un avec l’autre, mais aggravants. L’un d’entre eux est l’incident survenu à Deir ez-Zor, et le second l’attaque d’un convoi humanitaire. » [Nations Unies, Conseil de sécurité, 71ème année, S/PV.7777è séance, Dimanche 25 septembre 2016, à 11 heures, New York, page 2/26. Note FP : J’ai barré le mot de trop.]

D’où il ressort que « 
le gouvernement syrien » ou plutôt l’armée syrienne ne lançait pas une « offensive » mais ripostait à deux violations du cessez-le-feu convenu entre la Fédération de Russie et les États-Unis : l’une commise, ainsi que déjà vu, par les bombardiers de la coalition dirigée par les États-Uniens sur des troupes de l’armée syrienne positionnées à proximité de Deir ez-Zor, l’autre commise par « l’attaque d’un convoi humanitaire », menée par qui ?

Se faisant en partie l’écho du secrétaire général Ban Ki-moon, M. Staffan da Mistura montre une différence dans le traitement des deux événements :
« Je ne peux que réitérer la préoccupation exprimée par le secrétaire général au sujet du premier incident, dont les États-Unis ont reconnu qu’il s’agissait d’une erreur tragique, et notre indignation commune profonde au sujet de l’attaque meurtrière commise contre le convoi humanitaire.
Mais aucun incident, qu’on puisse ou non en attribuer la paternité, ne justifie ce qui est en train de se passer sous nos yeux, à savoir la réduction à néant de l’accord de cessation des hostilités et le déchaînement simultané d’une violence militaire sans précédent, qui touche également des civils innocents. » [Idem.]

Le « premier incident » qui, selon M. da Mistura, cause « la préoccupation » du secrétaire général, Ban Ki-moon, n’est pas qu’un « incident » puisqu’il s’est agi… d’une attaque lancée contre l’armée syrienne, et particulièrement meurtrière puisqu’elle a fait une soixantaine de morts et une centaine de blessés. Quant à « l’attaque meurtrière » « contre le convoi humanitaire », elle provoque « notre indignation commune profonde ».

Après ces attaques durant le cessez-le-feu qui ont visé l’armée syrienne puis un convoi humanitaire dont il n’est guère possible qu’il ait été visé par la première, l’armée syrienne devait-elle laisser tuer ses soldats et les équipes de secours ?

L’ONU n’est pas une organisation indépendante. M. da Mistura le reconnaît lui-même :
« Combien de frappes aériennes ? À l’évidence, nous ne disposons pas de moyens indépendants de vérification de cet aspect. Les sources sur le terrain nous disent qu’elles ne sont plus en mesure de les compter précisément, en raison du chaos qui règne à Alep et du fait qu’elles se produisent souvent de nuit, et sont remarquablement intenses. Nous avons entendu utiliser le mot « sans précédent » pour décrire la quantité, l’échelle et le type des bombardements.
Nous avons vu des comptes-rendus, des vidéos et des images faisant état de l’utilisation alléguée de bombes incendiaires, qui créent des boules de feu d’une telle intensité qu’elles éclairent totalement la nuit profonde à l’est d’Alep, comme si l’on était en plein jour. On nous parle maintenant de l’utilisation de bombes pénétrantes capables de détruire des bunkers, et les images que nous recevons montrent dans le sol de vastes cratères bien plus larges que ceux provoqués par les bombardements aériens précédents. Si cela est confirmé, l’utilisation aveugle et systématique de ces armes dans des zones où se trouvent des civils et des infrastructures civiles pourrait constituer un crime de guerre. Les civils, dans toute la ville, doivent se demander où l’on peut bien se trouver en sûreté dans cette ville tourmentée. » [Idem.]
Ah ! Ce « on » indéfini qui « parle »…

Mais, ici, M. da Mistura apporte d’autres précisions qui ne corroborent pas avec la plupart des informations diffusées en France qui voudraient faire accroire que seule “l’armée de Bachar El Assad” tue ! qu’elle massacre les civils et qu’elle vise les écoles, les hôpitaux, les convois humanitaires, etc.
« Nous avons eu également connaissance de rapports faisant état de tirs de roquettes « hellfire » par des groupes d’opposition armés. Les membres savent-ils ce que c’est ? Il s’agit foncièrement de bonbonnes de gaz remplies de clous, de pierres et de fer qui sont lancées par des moyens rudimentaires de l’autre côté de la ligne. Elles tuent effectivement des civils, comme l’une d’entre elles qui a atterri sur l’école Al-Maari dans le quartier de Hamidiya, le 22 septembre. Le 19 septembre, la zone située à proximité du centre général des Nations Unies dans l’ouest d’Alep a été touchée par deux obus de mortier provenant de l’opposition, qui ont tué un civil.
Nous recevons en permanence des informations selon lesquelles des centres médicaux sont ciblés ; selon l’une d’elles, une frappe aurait touché une ambulance et un centre de triage médical dans une zone détenue par des groupes d’opposition armés dans le sud-ouest d’Alep, et aurait fait également des victimes, une fois de plus, parmi le personnel médical.  » [Idem, page 3/26.]
Les troupes de l’armée syrienne auraient-elles un intérêt quelconque dans le fait de détruire des services de santé ?

De même, ces troupes de l’armée syrienne, auraient-elles intérêt à affamer la population et à la priver de tout ce qui est nécessaire à sa vie… Si tel était le cas, Bachar El Assad n’aurait pas été réélu ! Alors, quand M. da Mistura déclare…
« Les boulangeries sont l’objet de frappes et l’on ne trouve du pain que trois jours par semaine, fréquence qui pourrait encore baisser dans les prochains jours. On manque de fioul à usage public général, ce qui réduit l’accès aux services de transport et aux puits privés ainsi que les usages ménagers, notamment pour la cuisson des aliments. » [Idem, page 3/26.]
Cela renvoie aux méthodes utilisées par l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord) durant différentes guerres.

13 juillet 2016 – Alep (Syrie) – File d’attente devant une boulangerie.
Qui sont les responsables ?
Ceux qui défendent leur pays ? Ou ceux qui l’attaquent ?


Comme, lors de tout conflit qui dure, les denrées alimentaires, devenant rares, se trouvent à des prix inabordables et le carburant, dont les prix montent, pose des problèmes de déplacement et, donc, de ravitaillement.

Et, pourquoi ce que l’OTAN (essentiellement les États-Unis) a fait en Irak, contre la population irakienne, avec le cruel embargo « Pétrole contre nourriture », et ce que l’OTAN a fait en Libye, contre la population libyenne, sur ordre du commandant Charles Bouchard, durant les fortes chaleurs d’août 2011, à se rappeler : la destruction volontaire des réseaux électriques qui entraînait l’arrêt des réfrigérateurs et le gâchis de la nourriture stockée en pleine période du Ramadan, et que les familles ne pouvaient plus consommer – selon le rite – le soir, après le coucher du soleil, pourquoi ne le ferait-elle pas en Syrie, contre la population syrienne ? Comment ne pas penser qu’il s’agit d’affamer la population ? Et, donc, d’un crime de guerre ?

« Chapitre II. Compétence, recevabilité et droit applicable. Art. 8 Crimes de guerre b XXV) le fait d’affamer délibérément des civils comme méthode de guerre, en les privant de biens indispensables à leur survie, y compris en empêchant intentionnellement l’envoi des secours prévus par les Conventions de Genève ; » [Le Conseil fédéral, Le portail du Gouvernement suisse, 0.312.1, Texte original, Statut de Rome de la Cour pénale internationale, Conclu à Rome le 17 juillet 1998, Approuvé par l’Assemblée fédérale le 22 juin 2001.]

Suite : IV. 50 – L’eau comme arme de guerre ? « Monstrueux ! » …Selon Mme Power

Françoise Petitdemange
13 mai 2017

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