IV. 50 – L’eau comme arme de guerre ? « Monstrueux ! » …Selon Mme Power

IV. 50 – L’eau comme arme de guerre ? « Monstrueux ! »
…Selon Mme Power

 

Mme Samantha Power,
représentante des États-Unis à l’ONU,
25 septembre 2016

Depuis leur création le 4 juillet 1776, les États-Unis cherchent constamment des noises à tous les peuples du monde et déclenchent des guerres, ici et là, en clamant que ce sont les pays qu’ils attaquent qui ne veulent pas la paix et les pays obligés de défendre leur territoire, leur population et leur souveraineté qui sont belliqueux.

Fidèle à ces méthodes, la très contestée représentante des États-Unis aux Nations Unies, Mme Samantha Power (Irlandaise émigrée outre-Atlantique depuis 1979, mais plus états-unienne que les États-Unien(ne)s), paraît oublier, en prenant la parole le 25 septembre 2016 à l’ONU, le fait incontestable que la République Arabe Syrienne a été attaquée, en mars 2011, sur son sol et, surtout, de l’étranger par quelques groupes d’opposants armés, manœuvrés par les trois États occidentaux belliqueux du Conseil de sécurité (États-Unis, Grande-Bretagne, France) et par les monarchies du Golfe (Arabie saoudite, Qatar)… cinq États complètement assujettis à l’État sioniste.

Pas plus que la majeure partie de la population de la République d’Irak, en 2003, et que celle de la Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire Socialiste, en 2011, la majeure partie de la population de la République Arabe Syrienne n’a voulu de cette guerre qui dure depuis plus de cinq ans et qui détruit les individus, les familles, les clans, les tribus, le pays, parce que 5 chefs d’États, sur plus de 200 que compte le monde, ont voulu chasser Saddam Hussein de la présidence, détruire le Parti Baas en Irak, et anéantir le développement de ce pays arabe, arracher à Muammar Gaddhafi son rôle de Guide révolutionnaire que l’histoire et la population lui avait donné, chasser ce Fils de la Libye de son pays natal, et détruire la démocratie directe qu’ils détestent et appréhendent par-dessus tout, et anéantir le développement de ce pays arabo-africain, et que ces 5 chefs d’États veulent maintenant évincer Bachar El Assad de la présidence, détruire le Parti Baas en Syrie, et anéantir le développement de cet autre pays arabe. La majeure partie des populations de la Fédération de Russie, de l’Iran, et du Liban, dont les troupes armées apportent un soutien à la population syrienne, ne l’ont pas voulue davantage, cette guerre.

L’armée et la police syriennes, devaient-elles se laisser attaquer et laisser attaquer les superstructures de l’État, laisser détruire les infrastructures du pays, et laisser massacrer la population sans bouger ? Oui, d’après ce qui ressort des prises de position des représentant(e)s des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France. Quant aux civil(e)s, dont les représentant(e)s de ces trois États chicaneurs, querelleurs, agressifs, criminels font sembler de se soucier alors qu’ils s’en moquent comme d’une guigne, ils-elles préfèrent, à n’en pas douter une seconde, que ces trois États, flanqués des deux monarchies féodales, et aiguillonnés par l’État sioniste, les laissent en paix pour ne pas avoir à subir l’aide humanitaire, si humiliante, des ONG (Organisations Non Gouvernementales) complices des massacres occidentalo-golfico-sionistes.

Guerre pour protéger le peuple irakien,
Nadjaf (Irak, 2003)

Guerre pour protéger le peuple libyen,
Syrte, 13 octobre 2011, (Libye, mars-octobre 2011)

Guerre pour protéger le peuple syrien,
27 janvier 2014, (Syrie, 2011-2017)

Mme Samantha Power, comme certains de ses collègues, accuse, sans apporter l’ombre d’une preuve, « la Russie et Assad » , de tous les maux dûment répertoriés parmi les crimes de guerre dans le droit international. C’est qu’il s’agit, pour les États capitalistes, impérialistes et leurs suppôts du Golfe, de traîner le président syrien, Bachar El Assad, et, pourquoi pas aussi, le président russe, Vladimir Poutine, devant la CPI (Cour Pénale Internationale)…

À moins que ces États ne choisissent le crime plutôt que le procès en justice et ne règlent leur compte à ces dirigeants, en les assassinant, comme ils ont assassiné Saddam Hussein, le Guide révolutionnaire libyen, Muammar Gaddhafi, au mépris de la majeure partie des populations irakienne et libyenne. Les dirigeants des États capitalistes méprisent d’autant plus les populations qui soutiennent leurs dirigeants, qu’ils sont, eux, amenés… soit à ne plus pouvoir se représenter pour un nouveau mandat électif tant ils ont été compétents au cours de leur premier, voire de leur second mandat, soit à se faire chasser du pouvoir par les urnes. Quant au respect des États capitalistes pour les droits humains… il ne faut pas être naïf au point d’y croire.

Voici ce qu’affirme sans vergogne Mme Power :
« Au lieu de vouloir la paix, la Russie et Assad font la guerre. Au lieu d’aider à acheminer une aide vitale aux civils, la Russie et Assad bombardent les convois humanitaires, les hôpitaux et les secouristes, qui tentent désespérément de préserver la vie des habitants. La Russie va sans nul doute prétendre aujourd’hui que ces attaques visent à combattre le terrorisme et que les personnes tuées dans cette offensive sont des terroristes et des sympathisants. C’est absurde. » [Nations Unies, Conseil de sécurité, 71ème année, S/PV.7777è séance, Dimanche 25 septembre 2016, à 11 heures, New York, page 6/26.]
C’est Mme Power qui est absurde.

Juste avant l’intervention de cette dernière, M. Staffan de Mistura disait ceci : « Le 22 septembre, la station de pompage de Bab el-Nayrab, qui alimente en eau la partie est de la ville, aurait été touchée par des frappes aériennes. » [Idem, page 4/26.] À noter qu’il utilisait le conditionnel, qu’il n’indiquait pas de quel groupe armé provenaient les « frappes aériennes » et qu’il ne faisait pas mention d’une volonté délibérée de toucher « la station de pompage ».

Mme Power reprend à sa manière cette partie du discours…
« Nous l’avons entendu, une autre cible visée dès les premières heures de la récente offensive de la Russie et d’Assad est la station de pompage de Bab el Nayrab, qui approvisionne en eau potable la population de l’est d’Alep. Le résultat est que, deux mois après que le régime d’Assad a coupé la zone est d’Alep de toute fourniture d’aide alimentaire, médicale et humanitaire, les habitants risquent désormais d’attraper toutes sortes de maladies et d’infections parce qu’ils sont forcés de boire l’eau insalubre, non traitée qu’ils trouvent. » [Idem, page 6/26.]

M. Staffan de Mistura disait aussi cela : « En représailles, Jeïch el-Fatah a privé d’eau 1,5 million de personnes dans la partie ouest de la ville. Il n’ y a donc pas d’eau en raison de graves mesures de représailles. » [Idem, page 4/26.] Ici, il parlait de « représailles », donc d’une volonté délibérée du groupe armé, situé à l’est d’Alep, de priver d’eau la population qui se trouve à l’ouest de cette ville.

Mme Power reprend, toujours à sa manière, cette autre partie du discours :
« 
Je signale que non loin, un groupe d’opposition a lui aussi coupé une station de pompage alimentant plus d’1,5 million de personnes vivant dans la partie ouest d’Alep, acte que nous condamnons. L’eau ne doit jamais être utilisée comme arme de guerre, et il est impensable que les habitants d’Alep, peu importe le quartier où ils habitent, soient forcés de boire une eau qui les rend malades. C’est monstrueux. » [Idem, page 6/26.]

Autre chose… En parlant de « Assad », et non de M. Bachar El Assad, Mme Samantha Power, voudrait-elle laisser croire qu’il n’est qu’un individu isolé ? Or, M. Bachar El Assad, ne lui en déplaise, est le président réélu de la République Arabe Syrienne qui a un gouvernement légal soutenu par la majeure partie de la population. En parlant du « régime d’Assad » et non de l’État syrien, elle montre du doigt ce qui agace les États capitalistes au plus haut point : derrière le « régime d’Assad » qui est, en fait, syrien, c’est le Parti Baas dont est issu le Président élu qu’ils cherchent à détruire comme ils ont cherché à le faire en Irak en assassinant Saddam Hussein.

Mais là où les États-Unien(ne)s exultent, c’est lorsque, ayant plongé – à coups de clichés, de slogans, de clips… alimentant leur propagande d’autant plus répétitive qu’elle est mensongère – certains groupes de population, de par le monde, dans la croyance en une démocratie occidentale, qui n’est qu’un Eldorado imaginaire, jusqu’à semer la zizanie sur le sol de leur pays et depuis l’extérieur pour le déstabiliser, ils-elles parviennent à déclencher une guerre civile et, surtout, une guerre entre deux camps : ici, entre deux camps arabes. Ainsi, ils-elles peuvent jouer sur les deux camps, prenant les uns pour tuer les autres…

Et, les uns, qui pourraient croire qu’ils sont fondamentalement soutenus par les États-Unis contre les autres, ne sont pas épargnés pour autant par leurs fournisseurs d’armes…

Après avoir “débiné” l’armée syrienne, Mme Power “débine” le camp d’en face : renvoyant dos à dos l’armée syrienne et l’opposition armée, elle ne manque pas d’y ajouter, à chaque fois, un petit couplet moralisateur. Cependant, dénuée de toute éthique, cette représentante des États-Unis à l’ONU oublie de regarder d’où vient cette guerre… et d’analyser les méthodes de l’OTAN, “Organisation des Terroristes de l’Alantique Nord” dominée par les États-Unis, eux-mêmes de plus en plus dépendants du lobby sioniste.

Mais… puisque Mme Power veut parler de l’eau absolument nécessaire à la vie… il faut lui donner satisfaction.

En Libye, en avril 2011, Muammar Gaddhafi avait mis en garde les forces de l’OTAN contre leurs bombardements qui, s’ils touchaient la GRA (Grande Rivière Artificielle), provoqueraient un « désastre humain » ; le chef du projet de la GRA, Abdel Majid Gahoud, devait exprimer, lui aussi, ses craintes de bombardements qui, s’ils endommageaient les infrastructures, produiraient un « désastre humain et environnemental » : ceci, M. Gahoud le disait depuis la salle de contrôle, aux équipements ultramodernes, du site implanté dans la banlieue sud de la capitale Tripoli, lors d’une conférence de presse accordée à une cinquantaine de correspondants étrangers.

La construction de la GRA a donné l’occasion de grands travaux qui ont permis d’enfouir trois conduites sous terre devant acheminer l’eau, le pétrole et le gaz. Les mises en garde n’étaient pas de trop, vu les risques d’inondation, de pollution, d’explosion que provoqueraient des bombes larguées sur ces conduites…

Malgré les mises en garde de Muammar Gaddhafi, de M. Gahoud et d’autres personnes, destinées à protéger la population libyenne, l’OTAN, le 22 juillet 2011, s’était dépêchée de bombarder et de détruire l’une des deux usines les plus importantes pour la Libye : celle de Marsa am-Burajka, près de Brega, où étaient fabriqués les éléments de canalisation nécessaires à l’industrie pétrolière et gazière mais aussi à la Grande Rivière Artificielle comme les énormes tuyaux constituant son lit. Les menteurs de l’OTAN diront qu’il s’agissait de bâtiments à vocation militaire d’où étaient tirées des roquettes !…

Ces bombardements qui ont détruit l’usine et les infrastructures environnantes sont un crime de guerre : outre qu’ils ont entravé la maintenance absolument indispensable au bon fonctionnement du matériel impliqué dans les industries pétrolière et gazière et dans la GRA, ils ont mis en péril la survie en eau de la population libyenne. D’ailleurs, les habitant(e)s de Tripoli ont été privé(e)s d’eau pendant, au moins, une semaine : en plein été, il est aisé de comprendre les conséquences de ces bombardements notamment sur les personnes âgées et les enfants… mais aussi sur les personnes malades ou blessé(e)s et sur les équipes médicales qui leur prodiguent des soins nécessitant, de toute évidence, un respect de l’hygiène.

Les services chargés de l’entretien et de la maintenance de la GRA ont dû travailler dans l’urgence sous les bombardements de l’OTAN pour éviter une crise plus grave… Quant au coordinateur de l’aide humanitaire de l’ONU en Libye, M. Panos Moumtzis, il a eu beau minimiser les répercussions de ces dégâts sur la population, il n’empêche qu’il a fallu importer des millions de litres d’eau potable pour Tripoli. D’autres bombardements de l’OTAN devaient détruire directement des sections de la GRA.

Le lieutenant-général, commandant de l’OTAN, Charles Bouchard,
lors de la guerre en Libye, 2011
(Cette image est faite de deux images qui ont été accolées et que j’ai reprises
parce qu’elles incitent à la réflexion…)

Mais à propos de la Syrie et de la Russie, Mme Samantha Power a encore beaucoup de choses à dire…

Suite : IV. 51 – Le blocus privant les civils de l’électricité ? « Dévastateur ! » …Selon Mme Power

Françoise Petitdemange
16 mai 2017

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