IV. 48 – Le dernier discours de Mr Propret à l’ONU, 20 septembre 2016

IV. 48 – Le dernier discours de Mr Propret à l’ONU,
20 septembre 2016

Ban Ki-moon, 20 septembre 2016

À l’Assemblée Générale qui devait se tenir du 20 au 26 septembre 2016, Mr Ban Ki-moon, alors qu’il est le pur produit états-unien de l’ONU, fait semblant de s’identifier aux « peuples » pour dresser le bilan de ses dix années passées au secrétariat général.
« Lorsque j’ai été investi de mon mandat, en décembre 2006, je m’étais engagé à travailler avec vous, pour nous, les peuples. Avec la Charte pour ligne d’orientation et avec le dévouement de notre personnel, nous avons eu de nombreuses réalisations ensemble. »
Cependant, cette Organisation des Nations Unies, qui est censée lutter contre la peine de mort, a laissé assassiner le Président de la République d’Irak, Saddam Hussein, après un procès bâclé, le 30 décembre 2006, au moment où lui, Ban Ki-moon, qui avait été élu le 13 octobre, allait prendre ses fonctions de secrétaire général, puis elle a laissé assassiner le Guide révolutionnaire, Muammar Gaddhafi, de la Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire Socialiste, le 20 octobre 2011, après que lui, Ban Ki-moon, ait été reconduit dans ses fonctions, quatre mois plus tôt, le 21 juin. Qu’en est-il de la vie des peuples irakien et libyen et de leurs pays plongés dans le chaos ?

Le monde est, schématiquement, divisé en deux camps. L’un, axé sur la dictature de la grande bourgeoisie, appuie l’économie et la politique fondées sur le capitalisme, l’impérialisme, le colonialisme, c’est-à-dire sur la propriété privée des moyens de production et d’échange et sur l’exploitation, par une minorité, du travail de la majorité humaine dont elle tire profit ; l’autre, non capitaliste et, même, socialiste, plus soucieux de la communauté des êtres humains, appuie son économie et sa politique sur la propriété collective des moyens de production et d’échange et sur la socialisation du travail.

Le secrétaire général, Mr Ban, qui regarde par le petit bout de la lorgnette, voit tout autre chose qui le chagrine :
« Mais je suis également ici, devant vous, plein de préoccupations : des écarts importants de méfiance divisent les citoyens de leurs dirigeants. Les extrémistes poussent les personnes en des camps distincts établissant la différence entre nous et eux. »
Ce ne sont pas « les extrémistes » qui divisent « les personnes » en camps. C’est une classe minoritaire propriétaire, que Mr Ban s’enorgueillit de servir, qui, en écrasant la majorité des individus sur une partie de la planète, par sa domination capitaliste-impérialiste-colonialiste et donc politico-économique qui ne se maintient pas sans des guerres à répétition, produit « les extrémistes ».
Autrefois, le bouc émissaire de tous les maux de la terre était juif ; depuis l’après seconde guerre mondiale et la colonisation de la Palestine par les Juifs, le bouc-émissaire est arabo-musulman.

Coréen du Sud, zélé serviteur des États-Unis, Mr Ban Ki-moon n’en épouse pas moins les idées et les croyances à la mode de quelques petits et moyens bourgeois occidentaux, abandonnés dans le no man’s land de la connaissance, qui se font peur tout en terrorisant les crédules…
« La terre nous attaque, chaque année, avec la montée des eaux, une chaleur sans pareille et de nombreuses catastrophes. Et les dangers définissent le quotidien d’un grand nombre de personnes :130 millions de personnes ont besoin d’assistance au quotidien ; des dizaines de millions d’entre eux sont des enfants et des jeunes. C’est la génération qui nous suivra et qui est déjà en danger.
Mais au bout de dix ans, en tant que Secrétaire général, je reste convaincu que nous avons, plus que jamais, le pouvoir de mettre un terme à la guerre, à la pauvreté et aux persécutions. Nous avons les moyens de prévenir les conflits. Nous avons le potentiel de combler l’écart entre les riches et les pauvres, et de transformer en réalité les droits des personnes. »
Ce n’est pas « la terre » qui « attaque » les êtres humains mais l’impérialisme… Bien sûr, il est plus commode d’aller vers les changements climatiques plutôt que de regarder la réalité en face qui révèle que des millions de personnes se trouvent en danger, non pas depuis l’avènement des « extrémistes », mais parce que les États capitalistes s’emparent, par l’implantation de leurs multinationales et par les guerres, des richesses d’autres pays qui se trouvent ainsi empêchés dans leur développement économique mais aussi politique, social, culturel.
La classe la plus fortunée, dans le monde, ne peut le rester et renforcer sa fortune qu’en relançant sans cesse un capitalisme qui tend à s’étouffer, et ce, en faisant des guerres impérialistes, en bafouant, au nom des « droits des personnes » les droits des peuples à choisir leur propre destin. Alors, quant à croire que, dans un tel contexte politico-économique, il est possible de demander à cette classe minoritaire qui détient, dans ses seules mains toutes les activités humaines, y compris celle de la guerre, « de mettre un terme à la guerre, à la pauvreté et aux persécutions », et « de combler l’écart entre les riches et les pauvres », il y a de quoi, pour cette classe, rire au nez de Mr Ban Ki-moon

Alors qu’il n’a jamais élevé sa voix de secrétaire général de l’ONU contre les « conflits armés » provoqués par le trio du Conseil de sécurité (États-Unis, Grande-Bretagne, France) en Libye, en Syrie, en Ukraine…, le voici qui se rabat sur « les extrémistes » qui, décidément, le fascinent et sont, sans doute, les seuls à menacer la « cohésion sociale », « la sécurité » et la paix mondiales et à jeter une ombre sur le beau tableau des services rendus pendant dix ans qu’il s’emploie à dépeindre…
« Ces gains extraordinaires sont menacés [remis en cause] par des menaces à la sécurité qui sont gravissimes. Il y a de plus en plus de conflits armés qui durent et qui sont complexes. L’échec de la gouvernance a poussé nos sociétés au-delà du point de rupture. La radicalisation menace la cohésion sociale qui est précisément la réponse que recherchent les extrémistes violents, et dont ils se réjouissent. » [Note FP : Le mot barré et remplacé par l’expression entrre crochets est de moi.]

Quels États se trouvent à l’origine de la plupart des conflits dans le monde ? Mr Ban Ki-moon devrait se rappeler que, en tant que secrétaire général de l’ONU, il a laissé faire le trio guerrier du Conseil de sécurité (les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France) financé par les monarques du Golfe et au service de l’État sioniste. Mais, à l’heure de ce bilan, il ne va pas pointer du doigt les défaillances criminelles de l’ONU durant ses deux mandats ; il préfère montrer du doigt le pire ennemi du trio : la Syrie, pays arabo-musulman…
« Les conséquences tragiques sont visibles aux yeux de tous, du Yémen en Libye et en Irak, de l’Afghanistan au Sahel et au bassin du lac Tchad. [du Yémen en Libye, en passant par l’Irak, l’Afghanistan, le Sahel, et le bassin du Lac Tchad] Dans le monde actuel, le conflit en Syrie emporte le plus grand nombre de vies et sème l’instabilité la plus importante. Il n’y a pas de solution militaire : de nombreux groupes ont tué de nombreux innocents, et principalement le gouvernement de Syrie qui continue d’utiliser des barils d’explosifs dans des quartiers et de torturer systématiquement des milliers de prisonniers. » [Note FP : Entre crochets se trouve une autre possibilité de traduction.]
Étonnant, ce secrétaire général de l’ONU qui a laissé faire ces guerres qu’il cite, et qui accuse un État (la Syrie), qui ne fait que se défendre et défendre sa population contre les attaques impérialistes, « d’utiliser » des armes prohibées « et de torturer systématiquement », sans apporter, ici, la moindre preuve qu’il doit détenir si les enquêtes des inspecteurs de l’ONU ont été réellement menées sur le terrain et non dans les officines de la CIA…

Si ce n’était aussi tragique pour les « peuples » auxquels, depuis le début de son discours, Mr Ban prétend s’identifier, il faudrait faire remarquer qu’il ne voit pas assez rouge lorsqu’il dit…
« Les puissants qui alimentent cette machine de guerre ont également les mains souillées : se trouvant présents dans cette salle, aujourd’hui, se trouvent les représentants de gouvernements qui ont ignoré, facilité, financé, participé ou même planifié et réalisé des atrocités infligées par toutes les parties au conflit en Syrie contre les civils syriens. » [Note FP : Le mot barré l’est par moi.]
Et pourquoi donc, Mr Ban, qui ne se gêne pas pour citer la Syrie, ne cite-t-il pas ces « puissants » qui mettent des pays à feu et à sang, qui plongent les populations dans la misère et le désespoir, et qui les chassent hors de leurs propres pays, sur les routes de l’exil qui peut s’achever… dans le cimetière méditerranéen ?

Après cinq ans de guerre en Syrie, le secrétaire général de l’ONU, qui s’apprête à partir, demande à ceux qui allument les feux de devenir des pompiers, à seule fin de s’ingérer dans les affaires intérieures de ce pays :
« Je lance un appel à tous ceux qui ont une influence pour mettre un terme aux combats et lancer les pourparlers : une transition politique est attendue de longue date. Après tant de violences, l’avenir de la Syrie ne peut reposer sur le sort d’une seule personne. »
Mr Ban Ki-moon, qui s’identifie aux « peuples » n’a que faire du peuple irakien, du peuple libyen, comme il n’a que faire du peuple syrien qui a reconduit, le 3 juin 2014, le Président Bachar El Assad dans sa fonction présidentielle.

Suite : IV. 49 – Des armes de guerre qui tuent instantanément ou à petits feux…     

Françoise Petitdemange
7 mai 2017

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