IV. 28 – Réunion du GIAS (Groupe International d’Appui à la Syrie), Vienne (Autriche), 14 novembre 2015

La Syrie des droits de l’homme (2011-2017…)

IV. 28 – Réunion du GIAS
(Groupe International d’Appui à la Syrie),
Vienne (Autriche), 14 novembre 2015

Le 30 juin 2012, ce qui s’appelait alors le « Groupe d’Action pour la Syrie » s’était réuni à l’Office des Nations Unies, à Genève (Suisse), et avait publié un « Communiqué » qui, tout en disant ceci : « Les membres du Groupe d’action sont attachés à la souveraineté, à l’indépendance, à l’unité nationale et à l’intégrité territoriale de la Syrie », disait aussi cela : « Ils sont résolus à travailler d’urgence, à intensifier [leur action] pour mettre fin à la violence et aux violations des droits de l’homme et [à lancer] un processus politique mené par la Syrie conduisant à une transition qui réponde aux aspirations du peuple syrien et [lui permette], de manière indépendante et démocratique, de déterminer [son] propre avenir. » [Groupe d’action pour la Syrie – Communiqué final 30 juin 2012, page 1. Note FP : Les mots entre crochets sont de moi. (Cf. IV. 22 – 2015 : la parlote de certains onusiens contre l’expression du peuple syrien.).] Justement ! Deux ans plus tard, le 3 juin 2014, le peuple syrien faisait connaître ses « aspirations », en réélisant Bachar El Assad à la présidence de la République.

Le GIAS (Groupe International d’Appui à la Syrie), qui se réunit, à Vienne (Autriche), le 14 novembre 2015, est composé de 19 membres fondateurs dont beaucoup n’ont pas fait preuve de fiabilité dans cette guerre de défense d’un pays souverain : la Syrie.

Trois des cinq membres permanents du CSNU (Conseil de Sécurité des Nations Unies) (États-Unis, Grande-Bretagne, France) luttent contre la République Arabe Syrienne via une ASL (Armée syrienne dite libre) faite de militaires déserteurs et de rebelles vite dépassés par les combattants de l’État Islamique : les dirigeants occidentaux apprécient les déserteurs des armées, les opposant(e)s politiques et les terroristes… quand ils-elles sont dans d’autres pays que les leurs. Quant aux Nations Unies, qui ne sont pas comprises dans les 19 membres du GIAS, elles pourraient être le 20ème tant elles penchent constamment du côté des trois pays membres occidentaux permanents du Conseil de Sécurité contre les deux autres : elles ne maintiennent rien de la paix et de la sécurité internationales, se contentant de répéter la leçon des « droits de l’homme » et de collecter les images de guerre sur leur site.

L’Italie, membre du GIAS, se débat dans des problèmes économiques chroniques pour tenter de subsister dans une Union Européenne qui n’est qu’un conglomérat tout ce qu’il y a de plus hétéroclite et qui n’a rien d’une « Union ». Restent l’Allemagne, et l’Union Européenne justement : l’Allemagne est le pays fort de l’Europe, gare à son réveil militaire !, et l’Union Européenne, après avoir été de toutes les guerres balkaniques, est de toutes les guerres contre les pays arabo-musulmans…

Quatre monarchies du Golfe (l’Arabie saoudite, les Émirats Arabes Unis, Oman, le Qatar) apportent, de façon notoire, un appui aux troupes de l’État Islamique. Une autre monarchie arabe (la Jordanie) ne peut guère apporter son soutien à une République, même arabe. La Turquie a laissé les groupes islamistes s’entraîner sur son territoire, à sa frontière commune avec la Syrie, depuis le début du conflit… en 2011. Quant à la LA (Ligue Arabe), qui, dans son histoire, avait eu une attitude très courageuse, qu’a-t-elle fait pour éviter que les bombes occidentales ne fassent un bain de sang en Libye ? Elle ne paraît pas soutenir davantage le peuple syrien qu’elle n’a soutenu le peuple irakien et le peuple libyen contre les guerres occidentales et qu’elle n’a empêché la déstabilisation des autres pays arabo-africains et du monde arabo-perse.

Les droits de l’homme imposés en Syrie…

Et puis les droits de la femme, bien sûr…

Enfin ! Les droits de l’enfant…

Parmi les 19 membres fondateurs du GIAS (Groupe International d’Appui à la Syrie), qui se réunit, à Vienne (Autriche), le 14 novembre 2015, se trouvent les deux autres des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (Chine, Russie) qui soutiennent la République Arabe Syrienne par le veto ou/et par les armes.

Deux pays, l’Iran et le Liban apportent leur soutien, par leurs groupes armés et aguerris, au gouvernement légal de la Syrie… Par ailleurs, ces deux autres pays, l’Irak, l’Égypte sont encore, l’un sous l’effet des guerres à répétition contre lui, et l’autre sous l’effet de sa déstabilisation…

Quant à l’Afrique, l’Amérique latine, l’Inde, etc., ces pays, qui sont à l’échelle de continents, ne sont apparemment en rien présents dans ce « Groupe » dit International…

Il s’agit, pour l’heure, de mettre fin au conflit “inter-Syriens” avec, comme but principal, celui occidental : une transition politique.

Faut-il voir, dans le bla-bla-bla du compte rendu de cette réunion, un rapport de forces qui serait encore en faveur des États occidentaux et des monarchies du Golfe ? Sans doute. C’est pourquoi la Russie et la Chine laissent parler ; ce qui ne les empêche pas d’agir, et elles agissent. (Cf. IV. 18 – Le double veto russe et chinois du 22 mai 2014 au Conseil de sécurité de l’ONU). (Cf. IV. 23 – L’Accord russo-syrien du 26 août 2015 qui fit jaser…). (Cf. IV. 24 – Discours de Vladimir Poutine à l’AG de l’ONU, 28 septembre 2015). Deux jours après ce discours du président russe, la coopération militaire et technique annoncée était effective sur le terrain des guerres en Irak, en Syrie et dans d’autres pays de la région..

Les représentants occidentalo-golfiques peuvent toujours bavasser et vouloir imposer ceci et cela. La Russie et la Chine préparent autre chose. Ces deux pays ont compris comment fonctionnent l’ONU et le trio belliqueux : États-Unis, Grande-Bretagne, France. Au début de la déstabilisation de l’État des masses libyen, en mars 2011, ces trois pays avaient paru se contenter d’imposer, au peuple libyen, une « zone d’exclusion aérienne » tout en préparant les bombes qu’ils allaient larguer sur tout le pays. Cette fois, la Russie et la Chine laissent les occidentaux parloter tout en préparant l’intervention russe en coopération avec la Syrie pour mettre – réellement – fin aux souffrances du peuple syrien.

Suite : IV. 29 – Compte rendu de la réunion du GIAS (Groupe International d’Appui à la Syrie, à Vienne, le 14 novembre 2015

Françoise Petitdemange
8 mars 2017

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