2. Des ONG qui manipulent les populations : ici, Amnesty International (Entretien Bachar El Assad)

Entretien politique
accordé par Bachar El Assad,
pour TF1 (Michel Scott) – Europe 1 (Fabien Namias)
Diffusé à la radio, le Jeudi 16 Février 2017

Michel Scott : grand reporter international,
journaliste de terrain (Tchétchénie, Corée du Nord,
Afghanistan, Irak, Birmanie, Bosnie, Pakistan, Israël…),
grand expert de géopolitique ;
Fabien Namias : journaliste,
directeur de l’information (Europe 1)

Les commentaires en violet,
les mots barrés ou absents dans la traduction
et remplacés, parce que plus corrects, ou ajoutés entre crochets,
ainsi que les captures d’écran pour les images sont de
Françoise Petitdemange

2.
Des ONG qui manipulent les populations :
ici, Amnesty International
(Entretien Bachar El Assad)

 

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Des journalistes stupéfaits

Fabien Namias : « Monsieur. Bien sûr, nous sommes extrêmement choqués, et, en particulier en France, par les horreurs du terrorisme. Mais nous sommes aussi horrifiés par ce Rapport d’Amnesty International publié, il y a quelques jours, la semaine dernière. Il s’agit de la prison de Saidnaya ; ce n’est pas très loin d’ici, pas loin de Damas. 13.000 prisonniers exécutés ; des pendaisons massives ; des actes de torture. Amnesty parle – et, là, je lis le Rapport, hein – d’un lieu où l’État syrien massacre silencieusement son propre peuple. Monsieur le président, tout est-il permis pour gagner une guerre ? Pouvez-vous faire ce que vous voulez ? »

Président Bachar El Assad : « Non, tout est légal. Vous ne pouvez pas faire n’importe quoi. »

[Le Rapport d’Amnesty International est sans doute la raison principale qui a mené ces deux journalistes à se rendre en Syrie pour un entretien avec le président Bachar El Assad. Or, une lecture de ce Rapport, intitulé « Syrie. L’horrible prison de Saidnaya », et du rapport annexe « Prison de Saidnaya : ils témoignent », permet de constater que ces deux textes, d’une facture somme toute simplette, sont destinés à faire pression pour obtenir la comparution du président Bachar El Assad devant la Cour Pénale Internationale, ainsi qu’il y a eu pression pour faire passer Muammar Gaddhafi devant cette même Cour pour des crimes jamais prouvés.
Chacun(e) sait que les actes barbares, dont était accusé sans preuve Muammar Gaddhafi, ont été perpétrés sur la personne de Muammar Gaddhafi, sous l’œil de téléphones portables et dont les images, prises en direct, sont autant de preuves à l’appui des crimes que les exécutants ont commis, crimes qui n’ont pu être commandités que par le président Nicolas Sarkozy.]

Fabien Namias : « D’après le Rapport d’Amnesty, nous ne sommes pas dans la légalité. »

Président Bachar El Assad : « Non, il y a une différence entre les faits dont on parle, vous et moi : des faits en Syrie, ou au contraire, d’allégations. Si vous voulez évoquer des allégations, on peut passer énormément de temps à le faire car les allégations sont interminables. Tout le monde peut dire ce qu’il veut et peut en discuter, mais, dans ce cas précis, on ne parle pas de faits. Maintenant, si vous voulez parler d’Amnesty International, allons-y. Parce que c’est une organisation mondialement connue. Il est honteux qu’elle se mette à bâtir un Rapport sur la base de simples allégations. Si vous venez devant un tribunal, dans votre pays – et vous en avez des tribunaux –, vous avez un système judiciaire. Est-ce que ce tribunal prendrait une quelconque décision sur la base d’allégations ou est-ce qu’il exigerait des preuves ? Ce Rapport est bâti sur des allégations ; pas un seul document, pas une seule preuve. Ils n’ont même pas parlé de 13.000 morts ; ils ont dit entre 5.000 et 13.000 : on passe du simple au double. Cela veut dire qu’il n’y a pas de précisions. Aucun nom n’est mentionné parmi les victimes supposées. Sur ces milliers, il n’y en a que 36 et il y a plusieurs lacunes. Ils ont dit, par exemple, que le grand Moufti avalise les exécutions. Or, les personnalités religieuses, en Syrie, n’ont strictement rien à voir avec la procédure judiciaire. La peine de mort est légale en Syrie : cela fait partie du droit syrien depuis l’indépendance. Le gouvernement a donc le droit d’exécuter n’importe qui, conformément à la loi. Pourquoi le ferait-il alors de manière illégale ? »

[Ces deux journalistes français, vont-ils aux États-Unis pour interpeller les présidents, Bush père et fils, Clinton, Obama, etc., sur le camp de tortures de Guántanamo qui n’est toujours pas fermé contrairement aux promesses qu’Obama avait faites ? sur les centaines de milliers de mort(e)s que leurs guerres ont faits et font dans les populations civiles, en Afghanistan, en Irak, au Soudan, en Libye, en Syrie, en Ukraine, et partout dans le monde ? Vont-ils dans l’État sioniste pour demander des comptes à Netanyahou sur les milliers de mort(e)s dans la Palestine occupée ? C’est aussi sur leurs ragots de journaleux que se font les malheurs des populations.]

Fabien Namias : « Mais vous pouvez affirmer qu’on ne pratique pas la torture dans cette prison de Saidnaya comme Amnesty le dit ? »

Président Bachar El Assad : « La question est : pourquoi torturer ? Je veux dire : commettre des actes de torture. Pourquoi ? dans quel but ? qu’est-ce que nous y gagnons ? Juste par sadisme ? sommes-nous des sadiques ? Pourquoi le ferions-nous ? pour obtenir des informations ? Nous avons toutes les informations qu’il nous faut. Donc, nous ne recourons pas à la torture. Ça ne fait pas partie de notre politique. Pour une simple raison : si nous commettons de telles atrocités, cela sera dans l’intérêt des terroristes et fera leur jeu, et ils seront les gagnants. Or, il s’agit de gagner les cœurs dans la population syrienne. Si nous avions commis de telles atrocités, à n’importe quelle étape de ce conflit, nous n’aurions pas le soutien populaire que nous avons au bout de six ans. Mais si l’on revient à ce Rapport, il n’y a pas un seul fait précis. Il faut qu’ils apportent des preuves. Et ils ne peuvent pas le faire. »

[Bon nombre d’hommes et de femmes politiques, de journalistes et d’expert(e)s ès monde arabe qui prétendent lutter, en France, contre l’antisémitisme, sont antisémites d’être anti-arabes : ils-elles cherchent à faire passer les Arabes, dans les populations françaises en particulier, et occidentales en général, pour des tortionnaires, des tueurs, des sadiques. (Cf. Tout ce que les politiques, les journalistes et les universitaires ont dit contre Saddam Hussein, Muammar Gaddhafi pour se donner le droit de les assassiner et pour justifier ces assassinats, et tout ce qu’ils-elles disent contre Bachar El Assad pour tenter de le faire juger par la Cour Pénale Internationale.) Comme si la cruauté, le mal étaient forcément du côté arabe et la magnanimité, le bien du côté occidental.]

Michel Scott : « Mais Amnesty suggère d’envoyer des observateurs internationaux dans vos centres de détention, précisément pour collecter des preuves ou pour prouver que vous avez raison et qu’aucun crime n’y est commis. Que répondez-vous à cette proposition ? »

 

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« Je crois qu’il vaut mieux ouvrir une enquête
sur Amnesty elle-même »

Président Bachar El Assad : « Je crois qu’il vaut mieux ouvrir une enquête sur Amnesty elle-même lorsqu’elle adopte un Rapport fondé sur des allégations. C’est une honte. Honte à une telle organisation qui n’a jamais été impartiale mais qui est toujours parti pris. »

[Les ONG comme Amnesty International, la Fédération internationale des droits de l’homme, Human Rights Watch – et la liste n’est pas exhaustive – font, sous le mot à la fois pompeux et officiel de « Rapports », des “topos” idéologiques destinés à soutenir les guerres impérialistes. Une enquête sur ces ONG révélerait des pratiques bien étranges derrière leurs façades teintées de moralité, de solidarité, d’humanisme ; ici, Amnesty International produit quelques témoignages anonymes pour appuyer des allégations à caractère diffamatoire contre le Président de la République Arabe Syrienne… et, une fois, ces allégations colportées, « suggère d’envoyer des observateurs internationaux » « pour collecter des preuves ». Curieux procédé…]

Michel Scott : « Il y a eu des témoignages d’anciens gardiens, de prisonniers. »

 

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« (L’armée française) a attaqué les Libyens et a tué
des dizaines et des centaines de milliers d’entre eux »

Président Bachar El Assad : « C’est une question de souveraineté. S’il y a des allégations chaque jour et des Rapports de ce type chaque jour, on peut passer tout son temps à recevoir des délégations étrangères. Est-ce que vous accepteriez, si vous le demandez à votre gouvernement, qu’une délégation syrienne soit convoyée chez vous pour enquêter sur les raisons pour lesquelles votre armée, sous Sarkozy puis sous Hollande, a attaqué les Libyens et tué des dizaines et des centaines de milliers d’entre eux ? Est-ce que nous pouvons aller enquêter sur l’argent que Sarkozy a reçu de Gaddhafi ? C’est une question de souveraineté. Nous, nous ne permettrons pas à Amnesty de venir, ici, sous aucun prétexte. Je ne parle pas de ce Rapport mais en tant que médias de grand public, vous devez faire votre enquête également. Sur quoi est-il basé ce Rapport si c’est juste des allégations ? Vous ne pouvez pas le prendre au sérieux. »

[Les deux journalistes sont remis à leur vraies places de… journaleux ragoteurs. Il est certain que la réciprocité du procédé, – ainsi que Bachar El Assad la propose – à savoir : envoyer une délégation syrienne en France, ne peut guère intéresser ces deux suppôts de la pensée et des pratiques néo-coloniales.]

Michel Scott : « Votre réponse est non à la visite d’observateurs internationaux. »

Président Bachar El Assad : « Non, [non, non], définitivement non. Nous n’avons que faire d’un tel Rapport infantile basé sur du néant. Rien que des allégations. Ils disent avoir interrogé quelques témoins qui sont des opposants et des déserteurs. C’est donc un Rapport partial. »

[Hélas pour les populations occidentales qui croient à tout ce qui leur est raconté par les ONG, les médias… et qui n’ont peut-être que ce qu’elles méritent : des chefs d’États immatures, mais qui n’en sont pas moins mafieux et criminels.]

Michel Scott : « Mais vous reconnaissez qu’il y a des exécutions officielles, légales, en Syrie ? »

Président Bachar El Assad : « Ça existe depuis l’indépendance. La peine de mort fait partie de la loi syrienne en cas de meurtre. Ça n’a rien à voir avec cette crise ni avec ce Rapport ou cette prison. Il y a une manière légale de procéder. Cela s’appelle la voie judiciaire. »

[Après ce rappel qu’il y a en Syrie une « voie judiciaire », la grimace du journaliste, Fabien Namias, est expressive : Eh oui ! Il lui faut accuser réception de son ignorance… Ces journalistes sont comme ceux et celles qui se piquaient de pouvoir parler de la Libye et qui clamaient qu’il n’y avait pas d’État parce qu’ils-elles ignoraient ou voulaient ignorer l’existence de l’État des masses, et qu’il n’y avait pas de Constitution, pas d’Institutions, parce qu’ils-elles ne savaient rien ou ne voulaient rien dire des structures politiques et économiques de la Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire Socialiste ; idem pour la Syrie et les autres pays arabes. Ils s’appuient sur des croyances post-coloniales : sur l’idée que ces pays seraient incapables de s’administrer eux-mêmes, qu’il ne peut y avoir d’États, dans ces pays, autres que ceux imposés par les États impérialistes, que leurs populations seraient incapables de prendre leur propre destin en mains, sur l’idée que ces « régimes » (comme disait Michel Scott ) sont forcément redevenus barbares après leur indépendance…]

Suite : 3. Les relations internationales de la Syrie : la France, les États-Unis. Heu… (Entretien Bachar El Assad)

Françoise Petitdemange
Lundi 20 février 2017

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