2. Alger au secours de la France

2.
Alger au secours de la France

Au nord de la Méditerranée, le royaume de France avait apporté son soutien aux treize colonies, qui s’étaient créées, du XVIème au XVIIIème siècle, sur le massacre de tribus qui vivaient depuis des millénaires sur les immenses territoires entre les deux mers (dorénavant appelées Océans Atlantique et Pacifique), et qui, vers la fin du XVIIIème siècle, s’étaient révoltées contre la métropole anglaise. Cette guerre d’indépendance américaine (1777-1783) avait contribué à l’assèchement des finances du royaume de France qui se trouva, à la fin des années 1780, au bord de la faillite.

Dans l’espoir de trouver une solution à cet état de fait, le roi Louis XVI avait fini par accepter l’idée d’une convocation des États généraux qui se réuniraient le 5 mai 1789 à Versailles. Celle-ci sera à l’origine de la révolution qui permettra à la grande bourgeoisie de prendre directement les commandes de la France.

Pour les paysans, cette époque de turbulences politiques s’accompagna de turbulences économiques. L’inclémence du temps fit des ravages… L’automne 1787, trop pluvieux, gâcha les semailles ; le printemps et l’été 1788 furent marqué(e) par de fortes variations de température, accompagnées de grêle, de fortes chaleurs, de pluie, et avec, comme conséquence, sous l’effet de la sécheresse, l’échaudage : stoppés dans leur développement, les grains étaient petits et malformés ; l’hiver 1788-1789 fut particulièrement rigoureux. Les mauvaises récoltes provoquèrent la cherté des denrées de première nécessité, la famine, les révoltes : les habitant(e)s des villes, parmi les plus pauvres, furent touché(e)s et des émeutes de la faim eurent lieu dans diverses villes dont Grenoble et Lyon…
Par ailleurs, la déstabilisation d’un régime produit des abus de toutes natures que Jean-Paul Marat a dénoncés, en son temps, dans son journal L’Ami du Peuple : certains individus, profitant de la situation, n’hésitèrent pas à se livrer à l’exportation/importation de grains avec des pays situés au nord de la France en vue d’une spéculation très fructueuse qui, elle-même, provoqua une hausse des prix du blé, et, même, à trafiquer sur les bons et les mauvais blés qui altéraient la farine, laquelle donnait un pain de mauvaise qualité qui rendait les gens malades. Les mauvaises récoltes, accentuées par la spéculation, produisirent le malheur et firent éclater la colère dans la classe la plus pauvre du royaume puis de la 1ère république (1792-1799).
Mais c’est surtout durant le directoire (octobre 1795-novembre 1799), lors des campagnes militaires menées par Bonaparte en Italie (mars 1796-avril 1797) puis en Égypte et au Levant (1798-1801), et sous le consulat (novembre 1799-décembre 1804), que la France eut besoin d’une quantité considérable de grains, destinés à ravitailler les armées françaises.

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Jean-Paul Marat à la tribune de la Convention, Paris 1792

Au sud de la Méditerranée, la régence d’Alger… « Les Bacri et les Busnach, juifs algériens qui avaient le monopole des grandes affaires dans la Régence, avaient fait à la Première République des fournitures de grains qui n’étaient pas encore réglées en 1815. Le gouvernement de la Restauration comprit cette créance dans la liquidation générale qu’il avait entreprise : un accord de 1819 en fixa le montant à 7 millions de francs. En 1827, la somme n’était pas encore recouvrée. Des créanciers de Bacri s’étaient révélés et mettaient opposition aux paiements. Les tribunaux étaient saisis, à charge d’examiner le bien-fondé de leurs réclamations. D’où la lenteur extrême. Mais, de son côté, le Dey d’Alger était aussi créancier de Bacri, et il insistait avec la plus grande véhémence pour que son débiteur fût enfin payé. C’était au Consul de France à Alger, Deval, à lui faire prendre patience. » [Cahiers du Centenaire de l’Algérie, I, J.-M. Bourget, L’Algérie jusqu’à la pénétration saharienne, Publications du Comité National Métropolitain du Centenaire de L’Algérie, pages 46-47.] L’affaire tourna mal.

Françoise Petitdemange
28 octobre 2016


Suite : 3. « Un coup d’éventail » ? « un coup de chasse-mouches » ? ou « un coup de légende » ? 


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