Quand Axel Poniatowski essorait la Libye

Selon ce que Françoise Petitdemange nous apprend dans « La Libye révolutionnaire dans le monde (1969-2011)« , la France a continué à vendre jusqu’au début de février 1986, en Irak et ailleurs, des poches de sang contaminé par le sida.

Ailleurs ?… En Libye, par exemple.

Avant d’aller plus loin, rappelons le bilan que dresse, pour la France, l’auteuse précédemment citée à la page 361 de son ouvrage :
« Entre 1981 et 1985, 280 personnes étaient décédées et plus de 1.500 sur 2.500 hémophiles – plus d’un(e) sur deux – étaient touché(e)s par le virus, sans compter les personnes transfusées dans les hôpitaux. »

Mais le rapport de la Commission d’enquête, tel que nous le délivre Axel Poniatowski, en 2008, ne nous souffle mot de ce passé plus que glorieux. Il préfère essorer la Libye avec tout le soin possible. Voilà ce que cela donne :
« Comme l’a souligné le représentant de l’Union européenne auprès de Tripoli, M. Marc Pierinila réponse des autorités libyennes à cette tragédie médicale a été, dans un premier temps, exclusivement financière. »

C’est-à-dire ?… Sans tendresse d’aucune sorte ?… Sans souci d’une éventuelle thérapie ?… Allez, voilà ton fric, et tu te barres ! (Ce qui se comprend parfaitement… dans une dictature arabo-musulmane…). C’est que nous sommes très délicat(e)s, nous.

D’ailleurs Axel est bien décidé à enfoncer le clou (non, mais !) :
« Les familles des victimes recevaient de l’argent pour envoyer les enfants contaminés en Europe pour y être soignés. »

C’est donc bien ça : Ici, on est des incapables… Pour votre confort comme pour le nôtre, vous feriez mieux d’aller vous faire voir ailleurs !… Voilà vos sous.

Mais des sous, il y en avait tellement, s’exclame le pauvre Alex, que c’en était tout bonnement écoeurant :
« Cette stratégie a entraîné des surenchères. Les enfants ont été l’objet de ségrégations sociales et les autorités ont alors financé des maisons pour éloigner ces victimes des lieux de vie collectifs. On empêchait ces enfants d’aller à l’école ou même de jouer dans la cour des immeubles. Les autorités libyennes ont aussi versé de quoi acheter des voitures à cause de l’éloignement. Ainsi M. Pierini a-t-il estimé entre 50 et 60 millions de dollars les sommes dépensées par les autorités pour apaiser la colère des familles. »

Rien que la colère… et pas les souffrances !… C’est assez logique dans un régime pareillement dictatorial. Mais voilà que cela devient criminel :
« Cette attitude peu responsable a eu des effets très négatifs sur la santé des enfants eux-mêmes si l’on en juge par les propos de M. Pierini  : «  Ce qui me tracassait… c’est que cette abondance d’argent… pouvait revêtir un aspect collatéral très dommageable, en ce sens qu’elle risquait de dispenser les familles de l’obligation de présenter les enfants à la consultation mensuelle. D’ailleurs, le taux de fréquentation est tombé à 20 ou 30 %, ce qui est un désastre…  ».« 

On aurait voulu tuer tous ces malheureux gosses qu’on ne s’y serait pas pris autrement…

Car, il était sans doute urgent de permettre à la maladie elle-même de se développer au triple galop. La preuve ? Le bon Poniatowski nous la livre en prime :
« Aucun effort financier n’était consenti en revanche pour remédier à la cause première de l’épidémie, à savoir la mauvaise qualité du système sanitaire et des conditions d’hygiène de l’hôpital El-Fateh. »

Puisque le sida est né de cela et rien que de cela… C’est la science occidentale qui vous le dit. Et la française s’y connaît tout particulièrement : elle les a déjà eus, elle, ses morts du sida par centaines et par suite de traitements tout ce qu’il y a de plus médicalisés.

Michel J. Cuny

Clic suivant : Nuit du 14 au 15 avril 1986 – Reagan faisait bombarder Benghazi Tripoli et la caserne de Bab al azizia

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