Nuit du 14 au 15 avril 1986 : Reagan faisait bombarder Benghazi, Tripoli et la caserne de Bab Al Azizia

Résumons-nous. Selon le rapport établi par Axel Poniatowski après que les trente membres de la Commission d’enquête sur les conditions de libération des infirmières et du médecin bulgares détenus en Libye, se fussent abreuvés à l’audition de vingt-six témoins privilégiés du drame des enfants libyens, l’épidémie qui a éclaté à l’hôpital El-Fateh de Benghazi était manifestement due aux mauvaises conditions d’hygiène… Un point, c’est tout.

Ensuite, l’argent a coulé à flots sur les enfants comme sur leurs familles, sans qu’aucun remède ne soit apporté à la situation sanitaire…, et avec ce seul résultat de désorganiser le système de suivi des petits malades, tout en opérant une ségrégation ignoble à l’encontre d’eux, sous le prétexte qu’ils avaient été contaminés par une maladie plus ou moins honteuse, et sans doute éminemment contagieuse… selon des modalités encore à définir.

Arrivé ici, le cher Poniatowski, qui n’a rien dit du passé occidental en matière de contamination médicalisée par le sida, prend le parti de faire injure au passé… de la Libye, tandis que l’Europe reçoit un nouveau coup de brosse à reluire :
« Au cours des vingt dernières années, le système de santé libyen s’est profondément dégradé pour atteindre un état préoccupant, souffrant en particulier d’une pénurie de matériel médical. Les programmes européens pour l’hôpital de Benghazi engagés sous la forme de plans successifs, qui seront détaillés dans la suite de ce rapport, auront pour but d’aider à une remise à niveau des normes sanitaires et d’introduire de bonnes pratiques d’hygiène dans cet établissement. Mais à la fin des années quatre-vingt-dix, la situation est déplorable. »

Ici encore, pourquoi prendrait-il la peine, alors que nous sommes en 2007, de nous dire de quoi ont été faites, pour la Libye, les vingt dernières années ?…

Ouvrons « La Libye révolutionnaire dans le monde (1969-2011) » de Françoise Petitdemange au début du chapitre (page 203) : « Tentative des États-Unis d’imposer leur diktat contre la Libye aux États européens : échec, quoique… janvier 1986.« 

 Voici ce que nous y lisons :
« Le 7 janvier 1986, les États-Unis décident de rompre les relations économiques avec la Libye et le président, Ronald Reagan, demande aux États européens de le suivre sur cette voie. Mais le 27, les pays européens, qui sont réunis à Bruxelles, refusent de se soumettre au diktat états-unien et de s’associer à cette politique destinée à isoler la Libye. »

Glissons maintenant jusqu’à ce titre de la page 209 :
« « Opération El Dorado Canyon  » : bombardements de Benghazi, de Tripoli et de la caserne de Bab Al Azizia, nuit du 14 au 15 avril 1986. »

Les morts, les blessés, les destructions de biens en tout genre… Axel Poniatowski, lui, n’en parle pas. Ni du boycott européen, ni de l’embargo onusien qui s’étendra de 1992 à 2003…

Pour sa part, après avoir terminé la phrase qui se conclut sur la formule : « la situation est déplorable« , il ouvre immédiatement une nouvelle section :
« B/ Des négligences coupables en matière d’hygiène et de soins à l’origine de l’infection.« 

« À l’origine de l’infection« , et non plus seulement comme condition de sa propagation… Comme on le voit, la science occidentale avance à grands pas. Sans vouloir trop contrarier notre excellent metteur en scène, rappelons les propos tenus par le médecin palestinien, et soigneusement rapportés par le sieur Ponia :
« Le premier cas de contamination par le virus du sida a concerné un enfant de sept mois qui avait subi une intervention chirurgicale sur ses reins en Égypte. Je me souviens que c’était le premier enfant dont le lit portait la mention « Infecté par le virus du sida ». Il avait été admis à la fin du mois de juin […]. »

N’empêche, des centaines d’enfants contaminés à Benghazi en quelques semaines. Décidément, cet hôpital était complètement pourri ! La Commission d’enquête n’en aura donc pas douté un seul instant, et c’est pourquoi son rapporteur y revient comme sur la seule et unique pièce à conviction, elle-même étayée de façon totalement irréfutable :
« Les divers témoignages médicaux ou des personnels soignants recueillis par la commission d’enquête montrent de graves carences sanitaires à l’hôpital de Benghazi.« 

Quels témoignages médicaux (celui de ce saint homme de professeur Montagnier ?) et quels témoignages de quel personnel soignant trié sur le volet ?… Axel, tu nous soumets à la torture ! T’es pas sympa.

Michel J. Cuny

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